LES INTERVENANTS

Lionel Zinsou

Lionel Zinsou, né Zinsou-Derlin le 23 octobre 1954 à Paris, est un économiste franco-béninois, ayant fait carrière notamment comme banquier d'affaires puis comme PDG du fonds d'investissement Européen PAI Partners. Il a été Premier ministre du Bénin de juin 2015 à avril 2016.

 

Les brèves proposées par Lionel Zinsou:

Les Napoléons

"Je voudrais faire écho à une réunion qui a eu lieu à Val d’Isère ces deux derniers jours, et qui est celle des Napoléons. Napoléons c’est un réseau social réfléchissant sur l’innovation, qui fait interagir des artistes, des sportifs, des intellectuels, quelques patrons, quelques décideurs politiques, qui n’est pas du tout une organisation fermée et qui prend un thème, un thème d’hiver et un thème d’été. Ils se sont rendus un petit peu célèbre en invitant monsieur Barack Obama, début décembre, à être le premier orateur à Paris sur leur thème qui était celui des journées de Val d’Isère : la peur. La peur dans les décisions individuelles, la peur de l’entrepreneur, la peur de la disruption, la peur du changement du travail. Ils tiendront session à Arles à partir du 18 juillet sur un thème plus dangereux. : la vérité."


La ruée vers l'Europe

"Je vais recommander un livre que je n’aime pas mais je pense qu’il est important de lire les points de vue qui s’expriment. Un livre de Stephen Smith qui est un journaliste américain de culture francophone, après avoir écrit un livre qui était très dépréciatif sur la situation de l’Afrique et qui accusait les amis de l’Afrique d’être ceux qui l’enterrait qui s’appelait ‘Negrologie’, il refait un livre qui s’appelle ‘Ruée vers l’Europe’ et qui est un peu l’expression quintessenciée de cette espèce de nouveau péril jaune, qui serait la ruée possible à cause de problèmes démographiques insurmontés de toute la misère de l’Afrique vers l’Europe demain. Une analyse démographique dont on sent qu’elle n’est pas faite par un démographe mais un homme qui connaît bien l’Afrique qui l’a beaucoup parcouru et qui donc est un maître des apparences sur l’Afrique. La ruée sur l’Europe pour le caractère sain du débat public voir peut-être ce qu’il y a de plus ignorant de l’Afrique de demain mais qui est en même temps une très très bonne quintessence des préjugés sur ce continent."



L’occident (s’)est-il perdu ?

"Pour déplacer légèrement le regard sur le monde d’un point de vue parfois trop euro-centré, je recommande la lecture de L’occident (s)’est-il perdu ? de Kishore Mahbubani, un des plus grands géo politiciens singapouriens qui a été ambassadeur de Singapour auprès des Nations Unies. La bonne traduction du titre de l’ouvrage eut été : L’occident a t-il perdu la partie ? La réponse est plutôt oui. C’est assez provocateur mais c’est intéressant car c’est un point de vue singapourien qui regarde le déclin de l’occident. "


Merci l’Europe

"Je souhaitais évoquer les élections européennes puisque 34 listes françaises s’y présentent cette année ce qui est parfois l’objet de dérision mais me parait assez sain. Lorsque vous vous rendez dans les librairies il y a désormais bon nombre de livres sur l’Europe. Il y a un petit livre de Bernard Spitz qui s’intitule « Merci l’Europe. Réponse aux 7 mensonges du populisme » publié aux éditions Grasset. J’ai trouvé que c’était pratique et clair. "


Démocraties sous tension

" Je voudrais montrer combien les think tank sont importants dans la réflexion et signaler que Fondapol a sorti un document intitulé : « Démocraties sous tension » qui étudie les opinions publiques et la démocratie dans 42 pays. C’est très intéressant de voir cette mondialisation des idées démocratiques. C’est assez positif au sens où l’on voit que la démocratie représentative est plébiscitée sur tous les continents. On y voit aussi des tendances conservatrices universelles ainsi qu’une idée de la mondialisation qui y est plutôt positive. "


Intervention d’Emmanuel Fabère à l’ONU

"On a pensé que dernier sommet sur le climat n’avait pas apporté grand chose, il y a pourtant eu un moment très fort où est monté à la tribune un chef d’entreprise français, Emmanuel Faber, patron de Danone, qui a parlé au nom d’une nouvelle initiative des grandes multinationales, qui ont pris une série d’engagements qui à eux seuls compenseraient le retrait de l’état fédéral américain du traité de Paris s’ils sont tenus. C’est la première fois qu’on voyait à la tribune de marbre vert des Nations-Unies un homme d’affaires français s’adresser au monde pour déclarer : « nous syndiquons l’effort des grandes multinationales pour pallier les défaillances des états. » On s’aperçoit ainsi du pouvoir qu’ont ces entreprises sur le climat et la transition énergétique, plus significatif que celui de plusieurs grandes puissances. (L’intervention d’Emmanuel Fabère est à 2h50 environ) "



Réconciliations

"Je vous recommande la lecture d’un livre d’un haut fonctionnaire, Rémi Rioux, le patron de l’agence française de développement, qui a dirigé le cabinet du ministre des finances. C’est un homme de grande valeur, et qui a écrit un livre très récent appelé « réconciliations », et est assez ambitieux, on y décèle la volonté de théoriser du normalien. Il étudie en historien et en praticien du développement comment on réconcilie des adversaires irréconciliables, et en fait la théorie dans le nouvel ordre mondial, et dans son métier qui consiste à tenter de réparer les fractures de l’économie mondiale. C’est très recommandable."


Décret paru au Journal Officiel

"Je vous suggère de lire le Journal Officiel de mardi dernier, qui publie le décret de la reconnaissance d’utilité publique pour la fondation pour la mémoire de l’esclavage. C’était une idée de Jacques Chirac, abandonnée entre 2007 et 2012, que François Hollande avait relancée, appuyé par tous les intellectuels des départements d’Outre-mer, ainsi qu’un rapport important d’un grand écrivain Edouard Glissant, etc. On a mis deux ou trois ans à collecter les fonds nécessaires, mais il y aura désormais un monument reconnaissant la résistance à l’esclavage aux Tuileries, il y aura dans l’Hôtel de la Marine et des colonies, siège de cette fondation, de nombreuses manifestations culturelles. C’est une façon, de Jacques Chirac à Emmanuel Macron, de reconnaître cette réalité fondamentale, reconnue comme un crime contre l’humanité depuis la loi Taubira, de ce qu’a été pendant trois siècles l’esclavage, et de rendre aux Afro-descendants de la République une partie de leur mémoire. "