LES INTERVENANTS

Philippe Meyer

Homme de plume et de radio, il anime et produit les émissions La prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter et L’Esprit public sur France Culture. Il a consacré plusieurs livres à la capitale, dont Paris la Grande (Flammarion, 1997) et Un Parisien à travers Paris (Robert Laffont, 2009).

 

Les brèves proposées par Philippe Meyer:

Notre-Drame de Paris

"Livre consacré à la gestion de la ville de Paris par son actuelle maire. Je n'aime pas le ton de ce livre, je ne comprends pas pourquoi lorsque l'on dispose d'autant de faits qui sont terribles pour l'actuelle municipalité (absence de prise en considération des problèmes les plus importants, relation avec les oligarques, arrogance avec laquelle la ville est gouvernée, ridicule), on utilise un ton aigrelet, quand il suffirait de dire les faits en sa possession. Néanmoins ce livre informe."


Petit paysan

"Ce film se tire formidablement d'une situation difficile. Il n'y avait rien de plus tentant que de chercher la larme à l’œil en exposant la situation parce que tout le monde se sent coupable face au monde agricole. Là pas du tout. C'est vraiment la situation d'un petit paysan face au drame de la vache folle, et à la dépossession de tout ce à quoi il a consacré par plaisir son existence. Pour faire partager cette situation, le cinéaste a construit son film presque comme un roman policier. Il y a une tension dans le récit. C'est un film tout à fait remarquable."


Continental films

"Je recommande la lecture d’un livre publié par une vaillante petite maison d’édition cinéphile, pas seulement cinéphile mais très cinéphile, ce sont les éditions de La Tour Verte. Le livre est signé de Christine Leteux et il s’intitule Continental films. C’est donc un livre d’histoire sur cette firme allemande installée à Paris dirigée par Alfred Greven installé à Paris et qui a eu un rôle déterminant dans la production cinématographique pendant l’occupation, et qui a entre autres fait travaillé des gens comme Jean-Paul Le Chanois, comme Richard Pottier, comme Henri George Clouzot, Maurice Tourneur, et un certain nombre d’autres. Et c’est autour de cette Continental films que Christine Leteux fait une enquête méthodique qui permet de savoir qui a vraiment fait quoi, et comment. A l’intérieur de cette firme allemande, il y a eu d’un côté une volonté hégémonique allemande, mais de l’autre côté énormément de petites initiatives, qui ont fait en sorte que cette endroit soit un endroit où on fasse essentiellement des films, et surtout pas de la propagande. Christine Leteux ne dissimule ni qu’il y avait des salauds, ni qu’il y avait des profiteurs, ni qu’il y avait des imbéciles, ni qu’il n’y avait peu de juifs (quoique, comme Le Chanois, et aussi la manière dont un certains nombre d’entre eux ont été protégés par ceux qui étaient employés par la Continental). Et aussi elle examine un certain nombre de dossiers qui ont été jugés sans qu’il y ait eu une instruction ni à charge ni à décharge, ou plus exactement seulement à charge, notamment l’histoire du fameux voyages des 8 à Berlin : ils étaient 7 comédiens et 1 journaliste et en réalité on s’aperçoit que par exemple, Danielle Darrieux n’y est allée, que parce qu’elle a obtenu en échange de pouvoir voir son fiancé qui était dans un camp d’internement, que tel autre n’y est allé que parce qu’on lui avait dit que s’il n’y allait pas, on allait ressortir le livre antinazis qu’il avait publié avant la guerre et qu’il allait faire autre chose que du cinéma, … bref le seul qui était un collaborateur enthousiaste, c’était le journaliste qui les accompagnait, et tous les autres y sont allés en marche arrière, et c’est très intéressant. Sauf peut-être Susie Delair, qui va avoir 100 ans bientôt, mais on se demande si ce n’est pas parce qu’elle avait quand même Ein Ziegel in seinem Kopf, un pois chiche à l’intérieur du crâne. Quelque soit ces qualités d’actrices que l’on vient de pouvoir admirer de nouveau dans la rediffusion de Quai des Orfèvres, dans la version restaurée par Arte qui était vraiment une splendeur. Voilà donc Christine Leteux, Continental films, aux éditions de La Tour Verte."


Le cardinal Lustiger

"Il y a dix ans disparaissait le cardinal Lustiger. Le dictionnaire du Vatican, qu’ont publié récemment les éditions Robert Laffont dans la collection Bouquins, mentionne une quantité considérable de cardinaux, des très anciens et des très récents, sauf le cardinal Lustiger. Je crois que cela donne la mesure de l’importance et du dérangement que ce personnage extrêmement énergique, quelque fois sans doute une énergie qui pouvait un peu heurter les autres, mais ce converti, qui avait aussi la vigueur et l’impatience des convertis, a pu apporter à l’Eglise de France, et comme il y a beaucoup de manifestations autour du souvenir du cardinal Lustiger je voulais simplement signaler qu’à mon avis, surtout compte tenu de l’étonnant silence de l’Eglise de France sur un certains nombre de questions, notamment celle des migrants, pourrait intéresser nos auditeurs."


La Guerre de Sécession par Ken Burns en DVD

"Arte, nous en parlions entre nous avant le début de cet enregistrement, a diffusé cette semaine les films de Ken Burns sur le Vietnam qui sont des films absolument remarquables que l’on peut revoir facilement sur internet. Cela me permet de rappeler un autre travail extraordinaire de Jen Burns que l’on peut obtenir en DVD facilement, c’est son travail sur la Guerre de Sécession, qui est un travail d’une documentation et d’une précision tout à fait remarquable. Je l’avais signalé en son temps mais je dois dire qu’en ce qui me concerne il ne se passe pas 18 mois sans que je ne revois la totalité de ce formidable travail qui ne remonte en effet pas le moral et qui ne donne pas de l’humanité une vision bien sympathique, but that’s the way it is comme disait le regretté Walter Cronkite. François Bujon de l’Estang me signale qu’il y a de Ken Burns un documentaire sur l’histoire du jazz qui demande lui aussi à être regardé. "


L’exposition des portraits princiers de Rubens

"Quand on va ensuite dans la grande salle des Rubens au Louvre, cela procure une grande délectation avec en plus comme on sait le fait que Rubens n’a pas tout peint lui-même : il a fini certains tableaux, en a confiés à d’autres de ses élèves comme Van Dyck. Il y a dans cette exposition plusieurs portraits, de Philippe IV d’Espagne mais aussi de Marie de Médicis et que c’est assez drôle que de voir selon la position du peintre, le portrait n’est pas tout à fait le même et que l’indulgence n’est pas aussi grande chez l’un que chez l’autre, et Rubens qui était à la fois un peintre, un diplomate et un homme de cour a su magnifiquement mettre en valeur Marie de Médicis, mais pour moi il reste au Louvre cet incroyable tableau qui est Henri IV convaincu par l’amour quand on lui montre le portrait de Marie de Médicis qu’il va devoir épouser et cela donne tout à fait envie d’aller le revoir."


Edmond Maire

"Juste un mot pour souligner le rôle, l’importance, la qualité de cet homme qu’était Edmond Maire, nous l’avions reçu dans une autre circonstance et dans un autre endroit. C’était un homme qui avait entre ses propos et ses actes une cohérence qui n’était en plus pas ennuyeuse Il y a des gens qui sont cohérents et qui vous donne l’impression qu’ils vous donnent une leçon, lui non. Il faisait ce qu’il avait à faire, et il l’a fait. C’était un homme de parole."




LES FOURBERIES DE SCAPIN de Molière à la Comédie Française

"Je voudrais recommander les représentations à la Comédie Française des Fourberies de Scapin. Les Fourberies de Scapin sont une pièce énormément jouée, ce n’est pas la pièce la plus chargée d’un message de Molière mais c’est une pièce d’acteurs, tout particulièrement pour Scapin. C’est donc une pièce difficile à jouer puisqu’il faut faire oublier les Scapins qui vous ont précédé et Dieu sait si à la Comédie Française il y en a eu au moins deux, Robert Hirsch pour les plus anciens qui était une espèce de Scapin bondissant et puis Philippe Torreton qui était lui plutôt côté chat de gouttière, chat sauvage, chat écorché. Et là c’est Benjamin Lavernhe, et Benjamin Lavernhe a trouvé quelque chose qui pour moi est un mélange du comédien italien d’Otto glorieux notamment à travers le pigeon, du brave soldat Chvéïk c’est-à-dire quelqu’un qui sait parfaitement ce qu’il fait mais qui fait l’imbécile avec énormément de succès, et aussi du Grand Duduche, ajoutez à cela un peu de Charlie Chaplin et cela donne un Scapin que j’ai trouvé particulièrement remarquable. Petite remarque latérale, il montre son derrière. La Comédie Française devient une sorte de pépinière de derrières, on se demande si bientôt cela va faire partie du règlement de la Comédie Français que tous les comédiens et peut-être aussi l’administrateur, et au guichet quand on ira acheter son billet, il y aura un vendeur ou une vendeuse sur deux qui sera… "


Le Débat, La sociologie au risque d'un dévoiement

"A titre de brève je voudrais signaler la parution du numéro de novembre/décembre de la revue Le Débat, dans laquelle un ensemble d’articles est consacré à la sociologie et au risque d’un dévoiement. Gérarld de Bronner et Etienne Géhin, Olivier Galland, Nathalie Heinich, Dominique Schnapper et Pierre-Michel Menger s’interrogent sur la manière dont s’est cléricalisée la sociologie et sur la manière dont elle a essayé, elle est en train, elle s’occupe pour une partie d’entre elle, sous un certain nombre de slogans assez faciles - notamment celui qui dit que la sociologie est un sport de combat - de prendre la place du journalisme, non pas pour nous renseigner sur la société comme elle est, mais pour être, pour devenir ce qui dise ce qui est juste et bon sans avoir à prendre la moindre responsabilité, ni le moindre risque. C’est évidemment plus détaillé, plus fin que ce que je viens de résumer brièvement, mais je trouve que c’est un excellent ensemble d’excellents articles, qui mérite d’être signalé."


Time to Philo

"Je recommande un livre de Gaspard Koenig, publié chez Larousse, Time to Philo, sous-titré Notre monde vu par la philosophie. Pourquoi est-ce que la lecture de Tocqueville est intéressante pour comprendre le Front National, pourquoi est-ce que la question de la corruption peut être de manière intéressante traitée à la fois en lisant la Fable des abeilles de Mandeville et en même temps Kant, comment à partir de l’histoire d’Erostrate qui laissa un nom dans l’histoire comme incendiaire et profanateur, comment nous pouvons réfléchir à la manière dont nous parlons du terrorisme, et comment nous gardons le nom de celui qui a assassiné ces enfants juifs à Toulouse, que je ne prononce pas exprès, et non pas le nom des martyrs c’est à dire ces enfants et ces parents juifs. Tout cela est très brièvement, rapidement, de manière extrêmement vive illustré par le livre de Gaspard Koenig qui navigue d’un philosophe à l’autre et qui à mon avis donne le goût de la lecture en même temps qu’il alimente la réflexion."



Dîtes-leur que je suis un homme

"En ce qui me concerne je recommande un roman qui est paru chez Liana Levi, qui est même dans l’édition de poche de Liana Lévi, roman d’Ernest Gaines, écrivain noir américain qui s’intitule Dîtes-leur que je suis un homme, qui est un concentré de description de la situation d’une communauté noire dans les années 60 au moment où les droits sont acquis mais où ils ne sont en aucun cas et en très peu de lieux respectés, et où un noir condamné à mort simplement parce qu’il était au mauvais endroit, au mauvais moment, se trouve face à un défi qui peut paraître étrange qui est simplement le défi de mourir comme un homme. Toute cette communauté autour de lui le soutient dans cette entreprise. C’est un livre d’une retenue, qui provoque une émotion extrêmement forte, sans doute parce qu’il est fondé sur une description et sur un sens du détail très remarquables."


Mélancolie(s)

"J’avais déjà dit ici tout le bien que je pensais du travail de Julie Deliquet qui dans le monde de la mise en scène est quelqu’un qui a une personnalité extrêmement forte et qui réussit me semble-t-il remarquablement. Elle avait avec beaucoup de succès monté au théâtre du Vieux Colombiers de la Comédie Française, Vania, et elle vient de monter un spectacle qu’on peut voir jusqu’au 12 janvier au théâtre de la Bastille qui s’appelle Mélancolie(s) et qui est la fusion des Trois Soeurs et d’Ivanov. Donc on est en plein dans Tchekhov, il y a davantage d’Ivanov que des Trois Sœurs mais c’est un travail très étrange parce qu’il s’agit d’improviser, à partir du texte de Tchekhov, les comédiens n’ajoutent pratiquement rien sauf quelques petites chevilles pour que les choses tiennent ensemble et ils montent - avec cette excellente idée de marier ces deux pièces - un spectacle qui est extrêmement fort et extrêmement naturel. On parle beaucoup de revisite, ce n’est pas la revisite, c’est d’avoir pris ce texte de Tchekhov et de lui permettre d’avoir tout son naturel, et je trouve que Julie Deliquet est quelqu’un de tout à fait remarquable. "




MÉMOIRES, Édition intégrale

"J’ouvre cette séquence des brèves en vous signalant avec une joie toute particulière, la reparution des mémoires de Jean-François Revel, dans la collection de poche Bouquins, aux éditions Robert Laffont. Ce sont les mémoires de Jean-François telles qu’ils avaient été publiés sous le titre, « Le Voleur dans la maison vide », augmentés d’un certain nombre de textes, dont le « bada » qu’il préparait, le bada étant comme le savent tous les Marseillais le petit supplément que le marchand de glace ajoute sur les glaces que vous avez commandées. Ce bada est tout aussi étonnant, traduit une vie tout aussi extraordinaire que celle de Jean-François Revel. Je pense que les gens qui disent que personne n’est irremplaçable n’ont jamais connu Jean-François Revel. C’était un personnage tout à fait extraordinaire, qui était polyglotte, qui lisait les journaux dans six langues, ce qui explique la qualité de ces éditoriaux toujours fondés sur des informations Il avait un goût qui allait de la cuisine à la peinture, à la musique, et je ne parle même pas de la littérature et de la philosophie (son Histoire de la philosophie est, de tous ses ouvrages, celui qui a la vie la plus longue dans les librairies). C’était un homme d’une exigence absolument constante, c’est lui qui m’a attiré vers le journalisme, qui m’a fait quitter mon métier. Travailler avec lui était exceptionnel : quand vous lui envoyiez un article, il vous le renvoyait non pas pour essayer de vous faire changer d’avis mais pour le corriger en vous disant « Mais non, là je comprends ce que tu veux dire, avec quoi je ne suis pas d’accord, mais tu ne le dis pas bien, il manque quelque chose, il y a une cheville qui manque, il y a un paragraphe, une explication, ce n’est pas clair. » Sans compter le temps qu’on pouvait passer avec lui à disputer des mérites respectifs de l’œuf mayonnaise et du hareng pommes à l’huile, sa capacité à connaître les endroits les plus étonnants pour y partager des repas. Je n’ai de ma vie rencontré quelqu’un qui ait une pareille largeur d’humanité, et une pareille largeur d’intelligence mais c’est aussi un écrivain. C’est un écrivain qui manie l’humour, l’ironie et quelque fois la férocité, avec une efficacité redoutable, Je pense à son portrait en six lignes d’Alain Minc. Si on faisait mon portrait dans cette tonalité là, j’irais directement chez l’armurier pour acheter comme dirait l’autre, une corde pour me pendre."


L'infini va bientôt finir

"Je recommanderai le livre les poèmes que Jean Pérol a rassemblés sous le titre L’Infini va bientôt finir (Editions La Rumeur libre). De la poésie de Pérol, Alain Jouffroy a écrit « elle atteinte plein fouet la cible ratée par tant de narcissiques du langage-pour-le-langage ».
Je vous en propose « Autres amours » :
ça mâchait du micron-ondake
le soir devant la télé
et pensait dur micro-pensable
sur le canapé des coeurs affalés
tapotait du micro-tweetable
pour des tweets sur des écrans bleus
ça broyait du micro-vivable
dans le lit sans pouvoir dormir
ça baisait du micro-baisable
En suivant les cours du comment jouir "


Phantom et Quobuz

"Il se trouve que pour Noël j’ai reçu un Phantom, le Phantom c’est quelque chose qui est fabriqué par la maison Devialet, qui est une enceinte qui se branche sur des ordinateurs ou des smartphones et dont la qualité sonore est absolument extraordinaire, le tout sur un tout petit volume. Grosso modo je ne comprends pas grand chose à la technique mais c’est la puissance du numérique avec la qualité, la finesse de l’analogique. Ce Phantom, que j’ai transporté dans ma maison dans le Massif central, a été la joie de mes vacances de Noël.
Il a été deux fois, la joie de mes vacances de Noël parce que j’ai découvert un site de musique de streaming qui s’appelle Quobuz et je l’ai trouvé infiniment meilleur que tout les autres que j’avais essayé parce que la qualité sonore, parce que la diversité de l’offre est considérable parce qu’en plus la plupart des enregistrements qu’on peut entendre est accompagnée de livrets qui vont avec et que donc on trouve des tas de renseignements. On est pas voué à une consommation passive et un peu bêtasse. Ces deux outils sont pour moi source d’une volupté considérable. Ca n’est pas donné ni dans un cas ni dans l’autre mais enfin le jour où on décide de casser sa tirelire soit pour soi-même soit pour faire un cadeau, on en est absolument récompensé."


Zone de Mort

"J’ouvrirai cette séquence des brèves en recommandant un ouvrage de feu Paul Yonnet, le regretté Paul Yonnet. Livre qui s’intitule Zone de mort et qui est préfacé par Jean-Pierre Le Goff. Cela fait 7 ans maintenant que Paul Yonnet, spécialiste des pratiques populaires, du jeu par exemple et du sport, est mort. Un sociologue tout à fait atypique très original, non pas par goût de l’originalité mais par capacité à penser par lui-même. Il y a donc 7 ans que Paul Yonnet est mort et c’est sur la période dans laquelle il a su qu’il allait devoir l’affronter pour la seconde fois de sa vie mais cette fois-ci la bonne ou la mauvaise comme on voudra, cette issue finale que, comme l’écrit Jean-Pierre Le Goff : « Paul Yonnet l’expérience limite d’un individu avec sa propre histoire et son rapport au monde ». Mais par delà ce parcours unique et tragique, il dévoile une vérité abrupte qui s’adresse à tous, celle de l’individu confronté à la souffrance et à la mort et d’une société qui fait tout pour les mettre à distance. Ce texte, l’écrit Jean-Pierre Le Goff, est un coup de poing contre ce monde aseptisé, l’envers du décor de l’optimise enjoué des bien-pensants de la postmodernité et des partisans doucereux du suicide assisté. Et c’est édité aux éditions Stock dans la collection Les Essais."


Jean-Claude Lattès

"Jean-Claude Lattès était un grand éditeur, je veux dire par là que c’était d’abord quelqu’un qui avait le courage de créer. Il avait créé sa propre maison d’édition et avait eu le courage d’avoir du succès ce qui lui a été constamment reproché d’avoir publié des best-sellers. Chacun sait que les grands éditeurs, ceux qui sont des éditeurs historiques répugnent à l’idée de vendre leurs livres et sont absolument dégoutés dès qu’un livre dépasse les 300 exemplaires dans les librairies. Jean-Claude Lattès était aussi un éditeur exigent, d’abord parce qu’il ne publiait pas n’importe quelle littérature populaire et puis aussi parce que c’est ce qui l’avait fait connaître. Il avait publié nombre de livres érudits et savants et il était devenu lui-même un érudit et un savant en plus d’être un homme extrêmement simple, attentif et chaleureux. "