LES INTERVENANTS

Philippe Meyer

Homme de plume et de radio, il anime et produit les émissions La prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter et L’Esprit public sur France Culture. Il a consacré plusieurs livres à la capitale, dont Paris la Grande (Flammarion, 1997) et Un Parisien à travers Paris (Robert Laffont, 2009).

 

Les brèves proposées par Philippe Meyer:

Notre-Drame de Paris

"Livre consacré à la gestion de la ville de Paris par son actuelle maire. Je n'aime pas le ton de ce livre, je ne comprends pas pourquoi lorsque l'on dispose d'autant de faits qui sont terribles pour l'actuelle municipalité (absence de prise en considération des problèmes les plus importants, relation avec les oligarques, arrogance avec laquelle la ville est gouvernée, ridicule), on utilise un ton aigrelet, quand il suffirait de dire les faits en sa possession. Néanmoins ce livre informe."


Petit paysan

"Ce film se tire formidablement d'une situation difficile. Il n'y avait rien de plus tentant que de chercher la larme à l’œil en exposant la situation parce que tout le monde se sent coupable face au monde agricole. Là pas du tout. C'est vraiment la situation d'un petit paysan face au drame de la vache folle, et à la dépossession de tout ce à quoi il a consacré par plaisir son existence. Pour faire partager cette situation, le cinéaste a construit son film presque comme un roman policier. Il y a une tension dans le récit. C'est un film tout à fait remarquable."


Le cardinal Lustiger

"Il y a dix ans disparaissait le cardinal Lustiger. Le dictionnaire du Vatican, qu’ont publié récemment les éditions Robert Laffont dans la collection Bouquins, mentionne une quantité considérable de cardinaux, des très anciens et des très récents, sauf le cardinal Lustiger. Je crois que cela donne la mesure de l’importance et du dérangement que ce personnage extrêmement énergique, quelque fois sans doute une énergie qui pouvait un peu heurter les autres, mais ce converti, qui avait aussi la vigueur et l’impatience des convertis, a pu apporter à l’Eglise de France, et comme il y a beaucoup de manifestations autour du souvenir du cardinal Lustiger je voulais simplement signaler qu’à mon avis, surtout compte tenu de l’étonnant silence de l’Eglise de France sur un certains nombre de questions, notamment celle des migrants, pourrait intéresser nos auditeurs."


L’exposition des portraits princiers de Rubens

"Quand on va ensuite dans la grande salle des Rubens au Louvre, cela procure une grande délectation avec en plus comme on sait le fait que Rubens n’a pas tout peint lui-même : il a fini certains tableaux, en a confiés à d’autres de ses élèves comme Van Dyck. Il y a dans cette exposition plusieurs portraits, de Philippe IV d’Espagne mais aussi de Marie de Médicis et que c’est assez drôle que de voir selon la position du peintre, le portrait n’est pas tout à fait le même et que l’indulgence n’est pas aussi grande chez l’un que chez l’autre, et Rubens qui était à la fois un peintre, un diplomate et un homme de cour a su magnifiquement mettre en valeur Marie de Médicis, mais pour moi il reste au Louvre cet incroyable tableau qui est Henri IV convaincu par l’amour quand on lui montre le portrait de Marie de Médicis qu’il va devoir épouser et cela donne tout à fait envie d’aller le revoir."


Edmond Maire

"Juste un mot pour souligner le rôle, l’importance, la qualité de cet homme qu’était Edmond Maire, nous l’avions reçu dans une autre circonstance et dans un autre endroit. C’était un homme qui avait entre ses propos et ses actes une cohérence qui n’était en plus pas ennuyeuse Il y a des gens qui sont cohérents et qui vous donne l’impression qu’ils vous donnent une leçon, lui non. Il faisait ce qu’il avait à faire, et il l’a fait. C’était un homme de parole."




LES FOURBERIES DE SCAPIN de Molière à la Comédie Française

"Je voudrais recommander les représentations à la Comédie Française des Fourberies de Scapin. Les Fourberies de Scapin sont une pièce énormément jouée, ce n’est pas la pièce la plus chargée d’un message de Molière mais c’est une pièce d’acteurs, tout particulièrement pour Scapin. C’est donc une pièce difficile à jouer puisqu’il faut faire oublier les Scapins qui vous ont précédé et Dieu sait si à la Comédie Française il y en a eu au moins deux, Robert Hirsch pour les plus anciens qui était une espèce de Scapin bondissant et puis Philippe Torreton qui était lui plutôt côté chat de gouttière, chat sauvage, chat écorché. Et là c’est Benjamin Lavernhe, et Benjamin Lavernhe a trouvé quelque chose qui pour moi est un mélange du comédien italien d’Otto glorieux notamment à travers le pigeon, du brave soldat Chvéïk c’est-à-dire quelqu’un qui sait parfaitement ce qu’il fait mais qui fait l’imbécile avec énormément de succès, et aussi du Grand Duduche, ajoutez à cela un peu de Charlie Chaplin et cela donne un Scapin que j’ai trouvé particulièrement remarquable. Petite remarque latérale, il montre son derrière. La Comédie Française devient une sorte de pépinière de derrières, on se demande si bientôt cela va faire partie du règlement de la Comédie Français que tous les comédiens et peut-être aussi l’administrateur, et au guichet quand on ira acheter son billet, il y aura un vendeur ou une vendeuse sur deux qui sera… "


Le Débat, La sociologie au risque d'un dévoiement

"A titre de brève je voudrais signaler la parution du numéro de novembre/décembre de la revue Le Débat, dans laquelle un ensemble d’articles est consacré à la sociologie et au risque d’un dévoiement. Gérarld de Bronner et Etienne Géhin, Olivier Galland, Nathalie Heinich, Dominique Schnapper et Pierre-Michel Menger s’interrogent sur la manière dont s’est cléricalisée la sociologie et sur la manière dont elle a essayé, elle est en train, elle s’occupe pour une partie d’entre elle, sous un certain nombre de slogans assez faciles - notamment celui qui dit que la sociologie est un sport de combat - de prendre la place du journalisme, non pas pour nous renseigner sur la société comme elle est, mais pour être, pour devenir ce qui dise ce qui est juste et bon sans avoir à prendre la moindre responsabilité, ni le moindre risque. C’est évidemment plus détaillé, plus fin que ce que je viens de résumer brièvement, mais je trouve que c’est un excellent ensemble d’excellents articles, qui mérite d’être signalé."


Time to Philo

"Je recommande un livre de Gaspard Koenig, publié chez Larousse, Time to Philo, sous-titré Notre monde vu par la philosophie. Pourquoi est-ce que la lecture de Tocqueville est intéressante pour comprendre le Front National, pourquoi est-ce que la question de la corruption peut être de manière intéressante traitée à la fois en lisant la Fable des abeilles de Mandeville et en même temps Kant, comment à partir de l’histoire d’Erostrate qui laissa un nom dans l’histoire comme incendiaire et profanateur, comment nous pouvons réfléchir à la manière dont nous parlons du terrorisme, et comment nous gardons le nom de celui qui a assassiné ces enfants juifs à Toulouse, que je ne prononce pas exprès, et non pas le nom des martyrs c’est à dire ces enfants et ces parents juifs. Tout cela est très brièvement, rapidement, de manière extrêmement vive illustré par le livre de Gaspard Koenig qui navigue d’un philosophe à l’autre et qui à mon avis donne le goût de la lecture en même temps qu’il alimente la réflexion."



Dîtes-leur que je suis un homme

"En ce qui me concerne je recommande un roman qui est paru chez Liana Levi, qui est même dans l’édition de poche de Liana Lévi, roman d’Ernest Gaines, écrivain noir américain qui s’intitule Dîtes-leur que je suis un homme, qui est un concentré de description de la situation d’une communauté noire dans les années 60 au moment où les droits sont acquis mais où ils ne sont en aucun cas et en très peu de lieux respectés, et où un noir condamné à mort simplement parce qu’il était au mauvais endroit, au mauvais moment, se trouve face à un défi qui peut paraître étrange qui est simplement le défi de mourir comme un homme. Toute cette communauté autour de lui le soutient dans cette entreprise. C’est un livre d’une retenue, qui provoque une émotion extrêmement forte, sans doute parce qu’il est fondé sur une description et sur un sens du détail très remarquables."


Mélancolie(s)

"J’avais déjà dit ici tout le bien que je pensais du travail de Julie Deliquet qui dans le monde de la mise en scène est quelqu’un qui a une personnalité extrêmement forte et qui réussit me semble-t-il remarquablement. Elle avait avec beaucoup de succès monté au théâtre du Vieux Colombiers de la Comédie Française, Vania, et elle vient de monter un spectacle qu’on peut voir jusqu’au 12 janvier au théâtre de la Bastille qui s’appelle Mélancolie(s) et qui est la fusion des Trois Soeurs et d’Ivanov. Donc on est en plein dans Tchekhov, il y a davantage d’Ivanov que des Trois Sœurs mais c’est un travail très étrange parce qu’il s’agit d’improviser, à partir du texte de Tchekhov, les comédiens n’ajoutent pratiquement rien sauf quelques petites chevilles pour que les choses tiennent ensemble et ils montent - avec cette excellente idée de marier ces deux pièces - un spectacle qui est extrêmement fort et extrêmement naturel. On parle beaucoup de revisite, ce n’est pas la revisite, c’est d’avoir pris ce texte de Tchekhov et de lui permettre d’avoir tout son naturel, et je trouve que Julie Deliquet est quelqu’un de tout à fait remarquable. "




MÉMOIRES, Édition intégrale

"J’ouvre cette séquence des brèves en vous signalant avec une joie toute particulière, la reparution des mémoires de Jean-François Revel, dans la collection de poche Bouquins, aux éditions Robert Laffont. Ce sont les mémoires de Jean-François telles qu’ils avaient été publiés sous le titre, « Le Voleur dans la maison vide », augmentés d’un certain nombre de textes, dont le « bada » qu’il préparait, le bada étant comme le savent tous les Marseillais le petit supplément que le marchand de glace ajoute sur les glaces que vous avez commandées. Ce bada est tout aussi étonnant, traduit une vie tout aussi extraordinaire que celle de Jean-François Revel. Je pense que les gens qui disent que personne n’est irremplaçable n’ont jamais connu Jean-François Revel. C’était un personnage tout à fait extraordinaire, qui était polyglotte, qui lisait les journaux dans six langues, ce qui explique la qualité de ces éditoriaux toujours fondés sur des informations Il avait un goût qui allait de la cuisine à la peinture, à la musique, et je ne parle même pas de la littérature et de la philosophie (son Histoire de la philosophie est, de tous ses ouvrages, celui qui a la vie la plus longue dans les librairies). C’était un homme d’une exigence absolument constante, c’est lui qui m’a attiré vers le journalisme, qui m’a fait quitter mon métier. Travailler avec lui était exceptionnel : quand vous lui envoyiez un article, il vous le renvoyait non pas pour essayer de vous faire changer d’avis mais pour le corriger en vous disant « Mais non, là je comprends ce que tu veux dire, avec quoi je ne suis pas d’accord, mais tu ne le dis pas bien, il manque quelque chose, il y a une cheville qui manque, il y a un paragraphe, une explication, ce n’est pas clair. » Sans compter le temps qu’on pouvait passer avec lui à disputer des mérites respectifs de l’œuf mayonnaise et du hareng pommes à l’huile, sa capacité à connaître les endroits les plus étonnants pour y partager des repas. Je n’ai de ma vie rencontré quelqu’un qui ait une pareille largeur d’humanité, et une pareille largeur d’intelligence mais c’est aussi un écrivain. C’est un écrivain qui manie l’humour, l’ironie et quelque fois la férocité, avec une efficacité redoutable, Je pense à son portrait en six lignes d’Alain Minc. Si on faisait mon portrait dans cette tonalité là, j’irais directement chez l’armurier pour acheter comme dirait l’autre, une corde pour me pendre."


L'infini va bientôt finir

"Je recommanderai le livre les poèmes que Jean Pérol a rassemblés sous le titre L’Infini va bientôt finir (Editions La Rumeur libre). De la poésie de Pérol, Alain Jouffroy a écrit « elle atteinte plein fouet la cible ratée par tant de narcissiques du langage-pour-le-langage ».
Je vous en propose « Autres amours » :
ça mâchait du micron-ondake
le soir devant la télé
et pensait dur micro-pensable
sur le canapé des coeurs affalés
tapotait du micro-tweetable
pour des tweets sur des écrans bleus
ça broyait du micro-vivable
dans le lit sans pouvoir dormir
ça baisait du micro-baisable
En suivant les cours du comment jouir "


Phantom et Quobuz

"Il se trouve que pour Noël j’ai reçu un Phantom, le Phantom c’est quelque chose qui est fabriqué par la maison Devialet, qui est une enceinte qui se branche sur des ordinateurs ou des smartphones et dont la qualité sonore est absolument extraordinaire, le tout sur un tout petit volume. Grosso modo je ne comprends pas grand chose à la technique mais c’est la puissance du numérique avec la qualité, la finesse de l’analogique. Ce Phantom, que j’ai transporté dans ma maison dans le Massif central, a été la joie de mes vacances de Noël.
Il a été deux fois, la joie de mes vacances de Noël parce que j’ai découvert un site de musique de streaming qui s’appelle Quobuz et je l’ai trouvé infiniment meilleur que tout les autres que j’avais essayé parce que la qualité sonore, parce que la diversité de l’offre est considérable parce qu’en plus la plupart des enregistrements qu’on peut entendre est accompagnée de livrets qui vont avec et que donc on trouve des tas de renseignements. On est pas voué à une consommation passive et un peu bêtasse. Ces deux outils sont pour moi source d’une volupté considérable. Ca n’est pas donné ni dans un cas ni dans l’autre mais enfin le jour où on décide de casser sa tirelire soit pour soi-même soit pour faire un cadeau, on en est absolument récompensé."



Jean-Claude Lattès

"Jean-Claude Lattès était un grand éditeur, je veux dire par là que c’était d’abord quelqu’un qui avait le courage de créer. Il avait créé sa propre maison d’édition et avait eu le courage d’avoir du succès ce qui lui a été constamment reproché d’avoir publié des best-sellers. Chacun sait que les grands éditeurs, ceux qui sont des éditeurs historiques répugnent à l’idée de vendre leurs livres et sont absolument dégoutés dès qu’un livre dépasse les 300 exemplaires dans les librairies. Jean-Claude Lattès était aussi un éditeur exigent, d’abord parce qu’il ne publiait pas n’importe quelle littérature populaire et puis aussi parce que c’est ce qui l’avait fait connaître. Il avait publié nombre de livres érudits et savants et il était devenu lui-même un érudit et un savant en plus d’être un homme extrêmement simple, attentif et chaleureux. "


L'insulte

"Je recommande « L’insulte » un film du réalisateur libanais Ziad Doueiri. A Beyrouth, un conflit d’abord tout ce qu’il y a de plus limité, entre un Libanais chrétien et un Palestinien musulman gonfle jusqu’à prendre des proportions nationales. Ziad Doueiri effectue avec une grande maitrise une sorte d’aller-retour permanent entre un conflit privé et un conflit politique. Cet aller-retour est mené de manière extrêmement habile, je dirais presque policière, avec un sens du suspense qui ne l’éloigne jamais de l’importance de son contenu jusqu’à un moment d’explosion extrêmement impressionnant. J’ajoute qu’il y a sans doute aussi dans ce film un portrait de l’homme, du mâle, en tant que réservoir inépuisable de testostérone."



Les Temps Modernes: Venezuela, le pays des fractures

"Le tribunal administratif a annulé l'arrêté de Madame Hidalgo, qui a fermé la circulation automobile aux berges, cet arrêté est extrêmement intéressant d'abord parce qu'il donne une extrêmement bonne mesure du peu d'intérêt qu'Anne Hidalgo éprouve pour les lois en général. Par ailleurs, il ne faut pas tomber dans le piège de savoir si on est pour ou contre cette fermeture des voies sur berge c’est qu’on est pour ou contre la bagnole pour parler comme les adversaires de l’automobile. C’est pas la question, on est pour ou contre l’ouverture de Paris à sa banlieue et à sa grande banlieue c’est la fonction principale des voies sur berge, c’est de permettre aux banlieusards de venir à Paris, de traverser Paris et de ne pas être obligé de le contourner pour aller de l’Est à l’Ouest ou du Nord au sud. Et par ailleurs, il y a une possibilité de piétonniser ou de donner aux quais la circulation lente, ce qui mérite d’être discuté. Sauf qu’Anne Hidalgo n’a aucune espèce de goût pour la discussion, a empêché que l’on discute.
Et par ailleurs, je voudrais signaler la parution des Temps modernes consacré au Venezuela par des vénézuéliens dont beaucoup de Chavistes repentis, peut-être pas tous repentis au point de se rendre compte des erreurs qu’ils avaient pu commettre. Il est quand même cependant très intéressant de voir décrite la situation économique, politique, sociale du Venezuela à travers le regard de gens qui ont été pour ou contre Chavez et pour ou contre son successeur. "


Zone de Mort

"J’ouvrirai cette séquence des brèves en recommandant un ouvrage de feu Paul Yonnet, le regretté Paul Yonnet. Livre qui s’intitule Zone de mort et qui est préfacé par Jean-Pierre Le Goff. Cela fait 7 ans maintenant que Paul Yonnet, spécialiste des pratiques populaires, du jeu par exemple et du sport, est mort. Un sociologue tout à fait atypique très original, non pas par goût de l’originalité mais par capacité à penser par lui-même. Il y a donc 7 ans que Paul Yonnet est mort et c’est sur la période dans laquelle il a su qu’il allait devoir affronter la mort pour la seconde fois de sa vie mais cette fois-ci la bonne ou la mauvaise comme on voudra que comme l’écrit Jean-Pierre Le Goff : « Paul Yonnet l’expérience limite d’un individu avec sa propre histoire et son rapport au monde ». Mais par delà ce parcours unique et tragique, il dévoile une vérité abrupte qui s’adresse à tous, celle de l’individu confronté à la souffrance et à la mort et d’une société qui fait tout pour les mettre à distance. Ce texte, l’écrit Jean-Pierre Le Goff, est un coup de poing contre ce monde aseptisé, l’envers du décor de l’optimise enjoué des bien-pensants de la postmodernité et des partisans doucereux du suicide assisté. Et c’est édité aux éditions Stock dans la collection Les Essais."


La Déposition de Pascale Robert-Diard

"De mon côté je voudrais recommander la publication en Folio du livre de Pascale Robert-Diard La déposition qui porte sur l’affaire Leroux ou Agnelet comme on voudra mais qui porte ici sur l’un des fils Agnelet : Guillaume, qui à un moment donnée a désiré soulager sa conscience en cessant de taire ce qu’il savait et de raconter ce qu’on lui avait demandé de raconter. Il y a une atmosphère extrêmement dramatique comme dans les comptes rendus de Pascale Robert-Diard pour ceux qui la connaissent dans le Monde, reconnus pour leur sobriété et leur qualité. On est emporté par une énigme quand on a affaire à des gens comme Maurice Agnelet qui sont d’un seul bloc et que ce bloc semble tellement exsuder le mal et le goût du mal qu’on cherche à se demander ce qui, en eux, nous fait appartenir à la même humanité. C’est donc la réédition de Pascale Robert-Diard que je vous conseille cette semaine !"


L'Égypte en révolutions de Stéphane Lacroix et Bernard Rougier

"Où va l’Égypte ? Le peuple a-t-il « fait tomber le régime », comme le proclamaient les milliers de mani-festants de la place Tahrir en janvier 2011 ? Que s’est-il passé depuis la chute de Moubarak le mois suivant ? Pourquoi l’islam politique, porté par les urnes lors des premières élections libres jamais organisées, a-t-il fait l’objet d’un rejet massif lors de la deuxième révolution de juin 2013 ? Assiste-t-on au rétablissement définitif d’un ordre autoritaire après la répression sanglante des Frères musulmans, l’accession à la présidence du maréchal al-Sissi et l’arrestation de militants révolutionnaires ? Le pays est-il le poste avancé d’une contre-révolution régionale soutenue par les monarchies du Golfe ? Plus active que jamais, la violence jihadiste peut-elle contaminer l’ensemble du spectre islamiste – à commencer par la base militante des Frères musulmans, qui s’interroge sur l’action à conduire et dont les dirigeants, condamnés par la justice, croupissent en prison ? Cet ouvrage est le premier à rendre compte des dynamiques en cours dans le pays depuis l’irruption révolutionnaire. Rédigé par des spécialistes égyptiens, américains et français qui ont vécu au rythme des bouleversements de l’actualité égyptienne, il éclaire l’avenir d’un géant démographique, politique et culturel dont les élans et les crises affectent l’ensemble du monde arabe et musulman."


Les islamistes saoudiens. Une insurrection manquée de Stéphane Lacroix

"Les événements du 11 septembre 2001 ont projeté au cœur de l'actualité les islamistes saoudiens, dont Oussama Ben Laden se veut le plus éminent représentant. Du fait de la très grande opacité du royaume saoudien, cette mouvance reste néanmoins largement méconnue. Qui sont ces activistes qui défient au nom de l'islam un pouvoir ayant fait de la religion la ressource principale de sa légitimité ? Et comment sont-ils parvenus à étendre leur emprise et à mobiliser en profondeur dans la société saoudienne ? Enfin, pourquoi leur " insurrection " s'est- elle in fine heurtée à la résilience du pouvoir des Al Sa'ud' ? C'est à ces questions que répond le présent ouvrage, en s'appuyant essentiellement sur des sources écrites et orales de première main, recueillies notamment lors d'enquêtes de terrain en Arabie Saoudite."


Le Lambeau de Philippe Lançon

"Je voudrais recommander le livre de Philippe Lançon, journaliste à Libération et journaliste à Charlie Hebdo. Il était à Charlie le jour où sont rentrés les terroristes, il en est sorti vivant, extrêmement blessé et qui a réussi à transformer une situation, un moment de sa vie qui ne peut être que très difficilement partagé. Lui a réussi à le partager et ainsi montrer ce dont est capable la littérature. C’est aux éditions Gallimard et ça s’appelle le Lambeau"


Le Lambeau

"Je voudrais ouvrir cette séquence des brèves en répétant ce que j’ai dit la semaine dernière. On dit souvent que lire c’est vivre la vie des autres ou du moins la vie que l’on a pas. Quand il s’agit des Mousquetaires on s’imagine vivre des aventures exaltantes et des exploits formidables dans un contexte d’amitié étonnant. Quand il s’agit de lire le livre de Philippe Lançon Le Lambeau, on est d’abord impressionné par sa capacité à faire de la littérature. C’est à dire ne pas faire du stylé ou des manières mais arriver à retransmettre quelque chose qui semble intransmissible, je rappel que Philippe Lançon était ce journaliste qui travaillait à Libération et Charlie Hebdo et qui se trouvait à Charlie au moment de l’attentat, c’est d’ailleurs un rescapé. Sur le fait d’être un rescapé il écrit des choses très fortes. Mais c’est un rescapé terrible, il a passé deux ans à suivre des opérations chirurgicales d’une difficulté étonnante. Ca n’est pas ça l’important puisqu’il suffirait de faire la liste de ses malheurs si on voulait attirer la sympathie. Il ne cherche pas à attirer la sympathie, c’est peut-être même pas le partage puisque je pense que c’est quelque chose qui n’est pas partageable. Mais peut-être une façon d’alléger le fardeau qu’il porte et pour ça il faut être un écrivain et Philippe Lançon l’est, son livre s’appelle le Lambeau et il est publié aux éditions Gallimard."


Mister Everywhere

"Je vais recommander un livre coédité par Acte Sud et l’institut Lumière qui a deux préfaces l’une de Clint Eastwood et l’autre de Bertrand Tavernier. Le livre s’intitule Mister Everywhere et ce sont des entretiens de Pierre Rissient avec Samuel Blumenfeld, journaliste du Monde. Pierre Rissient est un personnage tout à fait étonnant, atypique, je n’en connais aucun autre, c’est l’homme le plus anticlérical que je connaisse, non pas au sens d’être contre les prêtres d’une religion quelconque mais contre les clercs en général, contre la façon de penser en bande, en groupe, en banc comme les poissons. C’est un homme qui se fait ses opinions lui-même et qui est tout à fait capable d’avoir des opinions qui varient avec les années ou en voyant un film ou en revoyant un autre. Vous aurez compris que c’est un cinéphile majeur, tout à fait reconnu à travers le monde et notamment aux Etats-Unis et ce parcours de cinéphile qu’il raconte dans ses entretiens est extrêmement intéressant. D’autant plus intéressant qu’il ne mâche pas ses mots et qu’il exprime ses opinions avec une très nette fermeté. "


Revue Commentaire: article de Georges Walden

"Je citerai un article de la revue Commentaire celui de Georges Walden. Il a été diplomate et député conservateur de la circonscription de Buckingham. Il a été secrétaire d’état à l’enseignement supérieur du gouvernement de Mme Thatcher puis ensuite de celui de Major. Il écrit à propos de son parti un article d’une sévérité et d’une cruauté remarquable qui n’a d’égal que la cruauté et la sévérité qu’il eut à l’égard du parti travailliste et plus précisément à propos de Jeremy Corbyn. Voilà donc un très bon article pour les 40 ans de la revue Commentaire."


Histoire du Portugal contemporain, de 1890 à nos jours par Yves Léonard

"L’histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s’y installer l’heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d’avoir la vie dure, du « bon émigré portugais » à la trilogie des trois F – Fado, Fátima et Football. Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années. Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l’histoire européenne, du renversement de la monarchie et de l’implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux, ponctués par le rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des œillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l’heure européenne, non sans tourment. Yves Léonard propose ici une synthèse – la première de ce type en France –, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques, mettant en lumière la complexité et la richesse d’une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues."


Ch. Maurras, L'Avenir de l'intelligence et autres textes (coll. Bouquins)

"Vous êtes beaucoup à vous inquiéter de l’absence de notre amie Michaela Wiegel. Soyez rassurés, Michaela Wiegel va bien et elle est fortement occupée. J’en ai eu la preuve directement avec la sortie de son livre Emmanuel Macron : Ein Visionär für Europa – eine Herausforderung für Deutschland qui doit vouloir dire en français Un visionnaire pour l’Europe, un défi pour l’Allemagne. Ensuite, récemment une éditrice devenue ministre, Françoise Nyssen, a décidé que la biographie de Charles Maurras serait retirée du volume annuel des commémorations nationales ce qui a d’ailleurs provoqué la démission de Jean-Noël Jeanneney. C’est inquiétant qu’une éditrice puisse faire une chose pareille et ensuite, c’est très inquiétant que la rumeur suffise à imposer ou à renverser des décisions de cette nature. La réponse est venue des éditions Bouquins de Robert Laffont puisqu’elles publient un volume qui a été préfacé par Charles Maurras, un volume de Jean-Christophe Buisson et qui a été annoté par Martin Motte. Ce livre a donné lieu à un article dans le Monde qui discute les choix qui ont été faits. Il y a d’ailleurs un peu de la poésie de Maurras qui ne devrait pas porter à beaucoup de contestations ou à quelconque bagarre. En tout cas, ce qui est extrêmement positif à ce volume c’est qu’on peut enfin discuter. On peut lire, on peut contester l’édition, aucune des horreurs de Maurras ne sont absentes de ce livre."


La Guerre de Sécession par Ken Burns en DVD

"Arte, nous en parlions entre nous avant le début de cet enregistrement, a diffusé cette semaine les films de Ken Burns sur le Vietnam qui sont des films absolument remarquables que l’on peut revoir facilement sur internet. Cela me permet de rappeler un autre travail extraordinaire de Ken Burns que l’on peut obtenir en DVD facilement, c’est son travail sur la Guerre de Sécession, qui est un travail d’une documentation et d’une précision tout à fait remarquable. Je l’avais signalé en son temps mais je dois dire qu’en ce qui me concerne il ne se passe pas 18 mois sans que je ne revois la totalité de ce formidable travail qui ne remonte en effet pas le moral et qui ne donne pas de l’humanité une vision bien sympathique, but that’s the way it is comme disait le regretté Walter Cronkite. François Bujon de l’Estang me signale qu’il y a de Ken Burns un documentaire sur l’histoire du jazz qui demande lui aussi à être regardé."


Continental films

"Je recommande la lecture d’un livre publié par une vaillante petite maison d’édition cinéphile, pas seulement cinéphile mais très cinéphile, ce sont les éditions de La Tour Verte. Le livre est signé de Christine Leteux et il s’intitule Continental films. C’est donc un livre d’histoire sur cette firme allemande installée à Paris dirigée par Alfred Greven et qui a eu un rôle déterminant dans la production cinématographique pendant l’occupation, et qui a entre autres fait travaillée avec des gens comme Jean-Paul Le Chanois, comme Richard Pottier, comme Henri George Clouzot, Maurice Tourneur, et un certain nombre d’autres. Et c’est autour de cette Continental films que Christine Leteux fait une enquête méthodique qui permet de savoir qui a vraiment fait quoi, et comment. A l’intérieur de cette firme allemande, il y a eu d’un côté une volonté hégémonique allemande, mais de l’autre côté énormément de petites initiatives, qui ont fait en sorte que cette endroit soit un endroit où on fasse essentiellement des films, et surtout pas de la propagande. Christine Leteux ne dissimule ni qu’il y avait des salauds, ni qu’il y avait des profiteurs, ni qu’il y avait des imbéciles, ni qu’il n’y avait peu de juifs (quoique, comme Le Chanois, et aussi la manière dont un certains nombre d’entre eux ont été protégés par ceux qui étaient employés par la Continental). Et aussi elle examine un certain nombre de dossiers qui ont été jugés sans qu’il y ait eu une instruction ni à charge ni à décharge, ou plus exactement seulement à charge, notamment l’histoire du fameux voyages des 8 à Berlin : ils étaient 7 comédiens et 1 journaliste et en réalité on s’aperçoit que par exemple, Danielle Darrieux n’y est allée, que parce qu’elle a obtenu en échange de pouvoir voir son fiancé qui était dans un camp d’internement, que tel autre n’y est allé que parce qu’on lui avait dit que s’il n’y allait pas, on allait ressortir le livre antinazis qu’il avait publié avant la guerre et qu’il allait faire autre chose que du cinéma, … bref le seul qui était un collaborateur enthousiaste, c’était le journaliste qui les accompagnait, et tous les autres y sont allés en marche arrière, et c’est très intéressant. Sauf peut-être Susie Delair, qui va avoir 100 ans bientôt, mais on se demande si ce n’est pas parce qu’elle avait quand même Ein Ziegel in seinem Kopf, un pois chiche à l’intérieur du crâne. Quelque soit ces qualités d’actrices que l’on vient de pouvoir admirer de nouveau dans la rediffusion de Quai des Orfèvres, dans la version restaurée par Arte qui était vraiment une splendeur. Voilà donc Christine Leteux, Continental films, aux éditions de La Tour Verte."


Le Monde vu d'Asie au fil des cartes

"Actuellement au musée Guimet : une exposition qui s’appelle le « Monde vu d’Asie ». C’est une exposition qui montre comment les cartes géographiques les japonaises, les chinoises, les indiennes ou les coréennes, se sont représentées le monde au fil des siècles. Sur le plan de l’esthétique ce sont des cartes absolument magnifiques et sur le plan de l’analyse géographique ou géopolitique, il y a là de quoi méditer et de quoi se renseigner. Et donc j’invite vivement ceux de nos auditeurs qui sont parisiens, banlieusards ou qui viendraient à venir à Paris à aller voir cette exposition « le Monde vu d’Asie au fil des cartes »."


J'ai épousé un communiste - Philip Roth

"J’inaugure notre dernière séquence des brèves en faisant remarquer que vous avez parlé les uns et les autres de la manière condescendante dont on regarde trop souvent l’Italie. Je tiens à préciser que dans notre précédent avatar nous avons consacré beaucoup d’émissions à l’Italie et que dans cet avatar-ci nous en consacrerons une autre avec Marc Lazar qui sera l’une des 6 thématiques consacrées à des pays et qui sera diffusé cet été, j’y reviendrai. Cette semaine le Un avait pour principal sujet Philip Roth récemment disparu. Peut-être, chacun selon son inclinaison du moment, si on veut se remettre à cet auteur, relire ou lire J’ai épousé un communiste qu’on trouve en collection de Poche et pour ceux qui devrait le découvrir car après tout pourquoi tout le monde le connaîtrait. Je trouve que la manière dont ce roman tourne autour du Maccarthysme, la manière dont on ressent cette pression dont elle vous détruit progressivement est admirablement décrite par Philip Roth. Tout ça avec un allant tout à fait étonnant."


Cause toujours Philippe Muray

"Je rangeais des livres et j’ai retrouvé celui-là. Ce sont des chroniques que Philippe Muray, le regretté Philippe Muray, donnait à la Montagne. Il les a données pendant cinq ans, elles ont été sélectionnées et regroupées sous le titre Cause toujours aux éditions Descartes et Cie en collaboration avec la Montagne. D’abord, retrouver Philippe Muray est chaque fois quelque chose d’important. On est vraiment secoué, on s’arrête parfois et on est frappé par l’intelligence, la qualité du regard, la façon de voir les choses et évidemment aussi par la façon de les écrire. J’ajoute quand même qu’on pouvait reprocher à Philippe Muray d’être long et c’est arrivé dans un certain nombre de ses publications. Mais en même temps, il y a l’obligation, dans un journal, de format qui le sert formidablement. Je pense que Muray était d’accord avec la phrase de Gide « l’Art nait de lutte, vit de contrainte et meurt de liberté ». La contrainte du journalisme, cette contrainte de distance, à mon avis, potentialisait le talent de Philippe Muray et donc ça s’appelle Cause toujours et les références seront sur notre site."


Le Un - Faut-il trier les étudiants?

"L’hebdomadaire Le 1 se demande cette semaine s’il faut trier les étudiants et donc se penche sur Parcoursup. Je ferais remarquer en particulier un article sur la violence symbolique de l’attente et Annabelle Allouch souligne qu’être en attente revient à faire l’expérience à 17 ou 18 ans d’une position où même les bonnes notes n’assurent qu’une prise limitée sur l’avenir, lequel est laissé au fonctionnement d’un système qui impose son rythme propre. C’est un article sur lequel, je crois, il y a lieu de méditer."


Loi Paris-Lyon-Marseille

"- Je vais ouvrir la séquence des brèves en rappelant qu’on commence à évoquer telle ou telle candidature pour les élections municipales de 2020 ici ou là à Paris, à Lyon ou à Marseille. Mais personne ne parle de la loi scélérate qui fait que les habitants de ces trois villes ne votent pas pour leur maire mais pour un collège d’électeur. C’est la loi Paris-Lyon-Marseille qui a été fabriquée dans les cuisines de François Mitterrand pour sauver la peau de Gaston Deferre, ce qu’elle a d’ailleurs fait à Marseille, elle avait été dénoncée avec indignation par la droite et Jacques Chirac qui s’en est servi après avoir ajouté deux secteurs nouveaux à Marseille pour sauver la peau de Monsieur Gaudin qu’elle a d’ailleurs sauvé. C’est une loi qui permet qu’on soit élu avec une minorité. Pourquoi est-ce que les parisiens, les marseillais, les lyonnais n’ont pas le droit d’élire directement leur maire ? Pourquoi est-ce qu’il faut qu’on en arrive à des combinaisons de cette nature ? Pourquoi est-ce qu’un système qui nous a si profondément indigné quand aux Etats-Unis il a permis l’élection de Georges Bush Junior contre celle d’Al Gore alors que Bush était minoritaire en voix tout comme Trump ? Pourquoi faut-il qu’il y ait indignation de ce côté-ci de l’Atlantique et résignation de l’autre côté ? Personnellement, je suis pour certaines initiatives, et je crois que je vais contribuer à l’une d’entre elles, pour que ces lois scélérates soient abolies."


La loi PLM

" Je vais ouvrir la séquence des brèves en rappelant qu’on commence à évoquer telle ou telle candidature pour les élections municipales de 2020 ici ou là à Paris, à Lyon ou à Marseille. Mais personne ne parle de la loi scélérate qui fait que les habitants de ces trois villes ne votent pas pour leur maire mais pour un collège d’électeur. C’est la loi Paris-Lyon-Marseille qui a été fabriquée dans les cuisines de François Mitterrand pour sauver la peau de Gaston Deferre, ce qu’elle a d’ailleurs fait à Marseille, elle avait été dénoncée avec indignation par la droite et Jacques Chirac qui s’en est servi après avoir ajouté deux secteurs nouveaux à Marseille pour sauver la peau de Monsieur Gaudin qu’elle a d’ailleurs sauvé. C’est une loi qui permet qu’on soit élu avec une minorité. Pourquoi est-ce que les parisiens, les marseillais, les lyonnais n’ont pas le droit d’élire directement leur maire ? Pourquoi est-ce qu’il faut qu’on en arrive à des combinaisons de cette nature ? Pourquoi est-ce qu’un système qui nous a si profondément indigné quand aux Etats-Unis il a permis l’élection de Georges Bush Junior contre celle d’Al Gore alors que Bush était minoritaire en voix tout comme Trump ? Pourquoi faut-il qu’il y ait indignation de ce côté-ci de l’Atlantique et résignation de l’autre côté ? Personnellement, je suis pour certaines initiatives, et je crois que je vais contribuer à l’une d’entre elles, pour que ces lois scélérates soient abolies."


Pierre de Panafieu et Éric Chol, Cas d'écoles

"J’ai eu l’occasion de me rapprocher ces derniers temps de l’École Alsacienne et de découvrir son fonctionnement que je résumerais en disant que faute d’avoir pu être son élève quand j’en avais l’âge, j’aimerai bien devenir son élève honoris causa. Cette discussion sera sans doute tenue prochainement au sein du conseil d’administration, en tout cas ce qui est certain c’est que ce que j’ai découvert est exposé dans un livre du directeur de cette école, Pierre de Panafieu, livre qui s’intitule Cas d’écoles (Fayard) zet qu’il a écrit en collaboration avec un ancien de l’école qui est aujourd’hui directeur de Courrier International, Éric Chol. Dans une période où l’on est en train d’essayer de reprendre en main l’Éducation nationale, il est très recommandable de lire cet ouvrage. "


Thomas Lilti, Première année

"Je voudrais recommander le film d’un médecin-cinéaste, de plus en plus cinéaste et de moins en moins médecin – mais toujours considérablement préoccupé par la médecine – c’est Thomas Lilti. On se souvient je pense de son film Hippocrate qui avait beaucoup marqué sur ce que c’est que la vie dans les hôpitaux entre autres choses. On se souvient aussi de Médecin de campagne, œuvre de fiction qui marche sur un sujet de société pourtant ingrat. Là il a tout à fait réussi ce film qui s’appel Première année avec deux comédiens tout à fait choisis : Vincent Lacoste et William Lebghil. En sortant je me suis demander s’il ne fallait pas créer une ONG pour venir en aide aux étudiants de première année : c’est abominable. Il paraît que l’on va s’occuper de réformer tout cela mais je n’avais aucune idée de ce que c’était et je ne comprends pas qu’il y ait des médecins, des professeurs, des universitaires qui aient pu accepter de voir cette formation en première année devenir d’une telle brutalité. Comme œuvre de fiction, ce Première année est une réussite très remarquable avec un rythme remarquable. "


Voyage à travers le cinéma français. Mes cinéastes de chevet.

"Il y a quelques temps Bertrand Tavernier a sorti au cinéma Voyage à travers le cinéma français, un film qui dure 3 heures 10 et qui a eu un très grand succès d’estime et un véritable succès commercial. Bertrand Tavernier, c’était prévu de longue date, a dans la foulée réalisé une série de documentaires sur le même principe qu’il a sous-titré : Mes cinéastes de chevet. Ces documentaires sont diffusés par France 5, le premier l’a été il y a une dizaine de jours. France 5, qui a suivi de près l’enthousiasme des spectateurs de Bertrand Tavernier et de Bertrand Tavernier lui-même, diffuse ces documentaires à 23h35. De plus il n’y a pas de dossier de presse disponible numériquement. Il n’y a que quelques petites phrases dans lesquelles on apprend que parmi les premiers cinéastes auxquels Bertrand Tavernier s’est intéressé pour faire son documentaire il y a Jean Grémillon et c’est un plaisir de nous faire découvrir quelqu’un dont on connaissait parfois à peine le nom mais dont on ne savait pas à quel point il possédait les talents les plus divers y compris des talents de musicien. À toutes les personnes qui dorment à 23h35, je signale qu’elle peuvent voir en replay ces documentaires de Bertrand Tavernier. "


Le loup dans la bergerie

"Je voudrais inaugurer la séquence des brèves en évoquant la mémoire d’Abel Michéa. Abel Michéa était la seule personne à pouvoir faire acheter L’Humanité à un abonné du Figaro dans les années 50, 60 et 70. Pourquoi ? Parce qu’il en écrivait la rubrique de sport. Personne n’a jamais écrit aussi bien sur le football qu’Abel Michéa. Le fils d’Abel Michéa, Jean-Claude Michéa est capable de faire lire Marx à n’importe quel abonné des Échos et il vient de publier aux éditions Climats un livre qui s’appel Le loup dans la bergerie et qui analyse la situation actuelle à partir d’une phrase du Capital que je cite : « Dans sa pulsion aveugle et démesurée, dans sa fringale de surtravail digne d’un loup-garou, le capital ne doit pas seulement transgressé toutes les limites morales, mais également les limites naturelles les plus extrêmes. » "


Gilles Vigneault

"Hier, Gilles Vigneault a eu 90 ans. C’est l’occasion d’appeler l’attention sur ce chanteur, poète, compositeur, homme de scène absolument exceptionnel. C’est sans doute l’un des rares, peut être même le seul chanteur qui ait été capable d’exprimer toute une collectivité nationale, culturelle, sans aucun esprit de chauvinisme, mais qui ait accompagné, traduit une société qui a profondément changé, qu’il a connu quand elle était encore entièrement congelée, et sauvegardée, et en même temps sous la botte de l’Église qui lui a sauvé la vie et qui en même temps l’a fait vivre dans des conditions extraordinairement disciplinaires. C’est un homme de scène tout à fait remarquable, cela se sent dans ses disques dont beaucoup ont été enregistrés en direct et dont on tire une grande satisfaction. "


Suzanne

"Suzanne est un livre signé Frédéric Pommier sur sa grand-mère. Le livre fait des va-et-vient entre la vie de cette femme, les rêves de cette femme, les amours de cette femme, les engagements de cette femme et sa vie d’aujourd’hui où elle est dans un EHPAD (établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes) dans lequel elle est traitée sans affection, ce qui serait beaucoup demandée, mais sans même de respect et ce pour beaucoup de raisons dont certaines tiennent à l’absence des moyens nécessaire et d’autres au fait qu’il y a des gens d’une moins bonne composition que d’autre. C’est un livre composé avec beaucoup d’intelligence par Frédéric Pommier qui avait écrit une belle pièce de théâtre donnée au Bouffes du Nord. "



Écoliers en guerre : 1914-1918

"Je voudrais signaler une exposition et un livre qui en est le catalogue : Écoliers en guerre 1914-1918. L’exposition rassemble la collection graphique de l’École alsacienne c’est-à-dire les dessins faits par les enfants parmi lesquels certains étaient appelés à devenir illustre comme Théodore Monod ou Jean Bruller qui est devenu par la suite l’écrivain Vercors et le fondateur des éditions de Minuit. L’exposition a lieu à la mairie du 6ème arrondissement et le catalogue, fait en partie par les élèves d’aujourd’hui et par Florence Lacombe, Emmanuelle Crosnier et Emmanuel Larroche, reprend les dessins et les remet dans la perspective historique de l’époque. Les dessins sont étonnement beaux et notamment chez certains dessinateurs de 8 ans qui maîtrisent le dessin et les couleurs d’une manière étonnante. En même temps ils permettent de suivre comment la guerre est vécue de l’intérieur par des enfants qui croient d’abord comme tout le monde que c’est une affaire de quelques semaines et qui vont d’apercevoir que c’est loin d’être le cas. "


Leurs enfants après eux

"L’attribution du prix Goncourt au livre de Nicolas Mathieu Leurs enfants après eux montre qu’il y a eu d’une certaine façon une anticipation du mouvement social parce qu’après des années de mise en avant de livres consacrés à l’introspection la plus intime de leurs auteurs et de leur auteur-es, voilà un livre qui décrit dans la Lorraine la fin d’une civilisation ouvrière sûre d’elle-même extrêmement organisée. À travers quatre adolescents dont l’évolution est racontée dans ce livre, le livre raconte cette France qui a cessé d’appartenir à la communauté nationale ou qui lui appartient de moins en moins et je me demande si cette attribution du Goncourt à ce roman social n’est pas le signe que nous commençons à nous intéresser à nous-même plutôt que chacun à lui-même. "


Raboliot

"Je commencerai par rappeler que va entrer au Panthéon l’auteur de Raboliot, Maurice Genevoix, tant mieux si cela permet d’attirer vers son œuvre de nouveaux lecteurs, Raboliot est un livre magnifique qui était interdit au collège où j’étais quoiqu’il eût reçu le prix Nobel car ce braconnier qui n’aimait que le désordre et qui avait l’amour du jeu contre les autorités aurait pu nous donner de mauvaises idées. D’ailleurs à propos de collège Maurice Genevoix a écrit un roman de jeunesse qui s’appel L’aventure est en nous dans lequel il décrit de manière impitoyable et précise comme il le fit après dans Ceux de 14 les conditions de vie. "


Carnets de Louis Barthas

"Je regrette que le Président de la République ait une nouvelle fois regardé exclusivement vers le haut c’est-à-dire vers quelqu’un qui a été reconnu et secrétaire perpétuel de l’Académie française et qu’il n’ait pas pensé à Louis Barthas, le fameux auteur des carnets. Louis Barthas est ce tonnelier qui a fait toute la guerre de septembre 1914 à avril 1918 et dont un professeur de Toulouse a retrouvé tardivement 1 800 pages de carnet écrites à l’encre violette avec une encre de certificat d’étude et qui non seulement donne un aperçu de ce qui a été la vie des poilus et qui est d’une grande sévérité, mais d’une sévérité précise et documentée sur les méthodes de commandement. "


Le général de Castelnau

"Je pense que l’on aurait pu aussi honorer le général de Castelnau qui aurait du selon Lyautey et selon Gallieni être le responsable suprême des armées françaises mais qui ne l’a pas été car il était catholique et très engagé dans l’Église catholique et parce que les radicaux socialistes ne lui ont pas pardonné d’avoir soutenu la loi des trois ans et que Clémenceau ne lui a pas pardonné son catholicisme affiché. Le général de Castelnau était quelqu’un qui allait au feu, qui était extrêmement soucieux des conditions de vie de ses soldats, il était sur ce plan l’anti Joffre. Le général de Castelnau était donc souvent célébré par ses anciens soldats qui lui prêtaient la formule : « Je vais aux obus ». Alors qu’il était le numéro 2 de l’armée française, trois de ses fils sont morts au front. Aujourd’hui où beaucoup de gens confient à des proches des emplois fictifs peut être il était utile de donner en exemple quelqu’un qui ne se servait pas mais servait. Une autre chose m’enchante chez le général de Castelnau est qu’il a planqué des armes pour la Résistance en 40, il a été immédiatement hostile à l’armistice et ne s’est pas gêné pour l’exprimer. Quand le cardinal Gerlier, d’horrible mémoire, lui a envoyé un émissaire pour lui dire qu’il devrait parler moins en mal du maréchal, le général de Castelnau, du haut de ses 90 ans lui a répondu : « Ah il a une langue votre cardinal, je croyait qu’il l’avait usé à lécher le cul de Pétain ». Pour toutes ces raisons je pense que nous pourrions faire du général de Castelnau un maréchal de France à titre posthume. "


Voyages à travers le cinéma français. La série

"Bertrand Tavernier a réalisé, c’est sorti dans les salles il y a un peu plus d’un an maintenant, un Voyage à travers le cinéma français qui a eu un accueil extrêmement favorable et viennent de sortir en DVD les 8 épisodes supplémentaires qu’il a réalisés sous la forme de 8 émission diffusées tardivement, et fort mal annoncées, par le service public en l’occurrence France 5. Ces 8 prolongements, ces 8 développements, ces 8 jubilations partagées d’un cinéphile au combien connaisseur sont désormais disponibles en DVD ce qui, pour les gens qui sont à court d’imagination pour les cadeaux de Noël et même pour ceux qui ne sont pas à court d’imagination, est une excellente nouvelle. "


Pupille

"Je voudrais juste conseiller d’aller voir le film de Jeanne Herry qui s’appel Pupille qui est l’histoire d’une adoption. C’est un film à voir pour les acteurs quand on aime les acteurs : il y a une telle flopée d’acteurs y compris pour les rôles minuscules. Par ailleurs, chose qui n’est pas fréquente et dont j’ai fait l’expérience comme d’autres à qui j’ai posé la question, certains acteurs que l’on aime pas du tout et qui sont dans ce film sont aimables dans ce film. "


La Nouvelle revue française

"En faisant tomber quelque chose de ma bibliothèque tout l’étage dédié aux numéros de la NRF est tombé et du coup je me suis assis et j’ai commencé à les feuilleter à nouveau. Toutes les revues sont intéressantes et si nous passions à lire les revues le quart du temps que nous passons à regarder les télévisions d’information directe nous serions beaucoup moins bêtes et peut être même plus intelligent. Je dois dire que la NRF qui a été réformée récemment par Michel Crépu est vraiment une revue formidable. La littérature y est prise par tous les bouts pour raconter le monde d’aujourd’hui, le monde d’avant et le monde d’après. La NRF est une revue particulièrement recommandable. "


Ingo Kramer

"Je voudrais juste informer nos auditeurs qui ne le sauraient pas que le président de la fédération patronale allemande monsieur Ingo Kramer s’est dit étonné de la rapidité de l’intégration des réfugiés sur le marché du travail allemand. Sur 1 million de personnes arrivées en 2015 près de 400 000 ont soit une formation soit pour la grande majorité un emploi soumis à cotisation sociale et monsieur Ingo Kramer a dit que finalement Angela Merkel avait raison avec sa phrase « Wir schaffen das » : « On va y arriver ». "



Glissez mortels

"Je souhaiterais recommander un livre de Charlotte Hellman, Glissez mortels édité chez Philippe Rey. Charlotte Hellman a cinq arrières grand-mère. Deux du côté paternel et trois du côté maternel. Il y a son arrière grand-mère naturelle, Jeanne, son arrière grand-mère adoptive, Berthe, ainsi que son arrière grand-père qui s’appelait Paul Signac. Cet arrière grand-père a épousé Berthe, il l’a aimé et a été aimé d’elle puis il a vécu avec Jeanne suite à ses 25 années de mariage avec Berthe. Il a eu avec Jeanne un enfant, ce qu’il n’avait jamais pu avoir avec Berthe. Jeanne et Berthe se sont détestées et combattues puis rapprochées et finalement entendues au point que Berthe a adopté l’enfant de Jeanne afin que ce dernier puisse hériter de son père. Charlotte Hellman s’est plongée, à la manière d’un détective et d’une descendante à la recherche de la vérité sur sa famille, dans l’histoire compliquée mais belle de ces deux femmes et de cet homme. Elle réussit à écrire ce roman d’une manière extrêmement remarquable dans un livre tout à fait fluide. Peu importe que cet arrière grand père s’appela Paul Signac; il aurait pu s’appeler Paul Dupont, l’histoire aurait été tout aussi intéressante. "


Zadig

"Je recommande la revue trimestrielle que Le 1 vient de faire paraitre : « Zadig » qui raconte la France. L’entretient avec Mona Ozouf est remarquable. Je citerais notamment le passage suivant « l’ensauvagement des mots précède l’ensauvagement des actes». Il y a également de nombreux textes sur des villes de France tel que celui de Maylis de Kerangal sur Le Havre ou cette excellente idée d’aller demander au rappeur Orelsan d’expliquer le lien entre la ville de Caen et sa chanson. En vente dans tous les bons endroits ! "


Comme une rage de justice

"Je voudrais recommander le livre d’entretien de Sabine Rousseau, paru aux éditions du Cerf, avec le frère Burin des Rosiers qui a quitté la France après s’être établi en usine après mai 68. Il a quitté la France et a vécu pendant très longtemps en Amazonie où il s’est battu pour les droits des paysans jusqu’à ce que l’âge et la fatigue ne le fasse revenir en France mais ça été un long combat de trente ans si je ne me trompe. Ce livre décrit cette condition de l’esclavage qui est celle de beaucoup de paysans brésiliens."


L'Incroyable histoire du facteur Cheval

"Sur une tonalité plus gaie je voudrais recommander d’aller voir le film sur le facteur Cheval. D’abord parce que le facteur Cheval est une bénédiction mais la manière dont Jacques Gamblin - Laetitia Casta est très bien par ailleurs - incarne le facteur Cheval fait que si ce dernier était américain il ferait la une de magasines « en veux tu en voilà ». C’est un film de Nils Tavernier qui est excellent et le jeu de Jacques Gamblin est magnifique. "



La comédie presque française 

"Je vais ouvrir cette séquence des brèves en parlant d’un programme radio. Pendant très longtemps et jusqu’à une date récente, la radio de service public a été épargnée par les considérations d’audience et elle s’est surtout concentrée sur l’idée que ses successifs présidents se faisaient de leur mission. Ça donne un trésor considérable d’archives. Ces archives sont régulièrement sélectionnées et diffusées par les Nuits de France Culture. On peut actuellement y télécharger une émission qui s’appelle « La comédie presque française ». C’est une émission qui avait été enregistrée à Hollywood pour une fin d’année dans laquelle des acteurs d’Hollywood - et pas n’importe lesquels -jouent en français des grandes scènes que l’on identifie au répertoire de la Comédie française. On peut notamment entendre Edward G.Robinson qui joue Monsieur Jourdain ainsi qu’Audrey Hepburn qui joue la fameuse scène d’Agnès dans l’Ecole des femmes. C’est charmant, très touchant et en même temps cela pousse à une réflexion sur la comédie française dans un endroit où l’on attend pas qu’elle soit célébrée; c’est à dire Hollywood. "


La comédie des Halles : intrigue et mise en scène

" Je voudrais chaudement recommander un livre de Françoise Fromonot qui est architecte et professeure d’architecture paru aux éditions La Fabrique intitulé « La comédie des Halles ». Il porte sur l’aménagement des anciennes halles à Paris. Françoise Fromonot enquête sur les causes de ces dérapages et en fait voir les conséquences : une gare souterraine transformée en vestibule d’un centre commercial, des équipements publics relégués aux étages d’un forum qui n’a jamais si mal porté son nom, un jardin où l’on ne s’arrête plus planqué de caméras de surveillance et parsemé de grilles d’aération. Ce sont les stigmates d’une opération qui s’est soldée par la privatisation et la normalisation accrues de l’espace public dans la capitale pour le plus grand profit d’une firme qui s’appelle Unibail. Unibail est à l’urbanisme ce que Monsanto est à l’agriculture. "


La ligue du LOL

"Je voudrais ouvrir la séquence des brèves avec un fait d’actualité. Les participants à la ligue du LOL; ceux qui à la naissance des réseaux sociaux les ont utilisés pour harceler hommes et femmes, s’en prendre à leur physique, ridiculiser leur travail en substituant l’injure à l’argument. Ceux qui les calomniaient, ceux qui arrivaient à truquer des photos pour les mettre dans des situations qui n’étaient pas extrêmement sexuellement flatteuses et tout autre chose du même genre que cela ont été à leur tour dénoncé, mis à pieds, licenciés et vilipendés sur Twitter et sur Facebook. Celui qui blessera par le réseau social sera blessé par le réseau social. Je crois qu’il n’y a rien à dire là-dessus et que peu de comportements sont aussi antipathiques que ceux de ces meutes. Les uns après les autres, les harceleurs se frappent la poitrine mais leurs employeurs - et je pense notamment à ces deux confrères que sont Libé et les Inrocks - ont été très rapides, très prompts à les licencier mais je me demande aussi si ces derniers n’auraient pas à réfléchir eux-mêmes à ce qui dans leur propre comportement institutionnel d’entreprise ne relevait pas de l’arrogance et de l’absence de respect d’autrui. J’ai en mémoire quelques articles : un article sur une actrice italienne, Ornella Muti qui était traitée de loukoum, un article sur Alain Resnais qui était traité de crétin… C’est peut être en se remémorant et parcourant leurs propres archives que, à leur tour, les employeurs de ces harceleurs pourraient peut être se rendre compte de ce qu’a été et de ce qu’est encore leur comportement. "


Le traître (Il traditore)

"Ce qui me permet d’évoquer le film de Marco Bellocchio, qui à 80 ans, nous raconte dans « le Traître », l’histoire de Tommaso Buschetta, mafieux repenti, qui refuse d’ailleurs de se faire appeler « repenti », car il dit s’être conduit en fonction du code d’honneur de la mafia. Il reste un homme d’honneur, même en ayant fait tomber Totò Riina, (qui lui, est à proprement parler un monstre) et même si ses dénonciations ont abouti à cet extraordinaire procès (pour lequel il a fallu construire une salle) qui a fini par aboutir à une condamnation, grâce à l’habileté et l’entêtement de quelques juges. Tommaso Buschetta est admirablement joué par Pierfrancesco Favino, absolument méconnaissable."


Corentine

"Je voudrais recommander le dernier livre de Roselyne Bachelot, Corentine, qui est le portrait d’une femme sortie de la Bretagne la plus misérable. L’intérêt du livre provient de la précision des différentes situations, décors, ainsi que des différents personnages. Corentine sort de la Bretagne arriérée pour vivre à Paris la vie d’une domestique la plus esclavagisée pour avoir la chance de rencontrer quelqu’un qui la sortira de sa condition. Elle même devient ouvrière durant la guerre de 14 et ce livre nous offre alors une description de la condition des ouvrières. Il y a là quelque chose qui donne un portrait absolument remarquable et très admirable. "





 50 ans après De Gaulle

"J’inaugure la séquence des brèves en signalant un numéro de la revue trimestrielle « Books » intitulé « 50 ans après De Gaulle » avec deux articles très intéressants. L’un de Julian Jackson qui fera paraitre en septembre une biographie de De Gaulle qui a beaucoup fait parler dans le monde anglo-saxon, « une certaine idée de la France » et la controverse est avec Ferdinand Mount qui fait une critique tout à fait féroce du général alors que celle de de Jackson est plus nuancée. "


La Chute de l’Empire américain

"Je voudrais aussi recommander le film de Denys Arcand - celui là même qui avait écrit Les Invasions barbares et Le Déclin de l’Empire américain - « La chute de l’empire américain ». Le titre est, à mon avis, une ruse de producteur car ce n’est pas la suite de l’Empire américain mais bien autre chose. Ça m’a fait penser à l’Arnaque sauf qu’avec Denys Arcand il y a toujours un côté critique sociale et politique. C’est en effet une arnaque montée par un innocent qui finit par devenir assez bon en ce domaine. "


Fanny et Alexandre

"Et enfin ne manquez pas Fanny et Alexandre à la Comédie française dans la mise en scène de Julie Deliquet. C’est un travail - moi qui vais au théâtre un grand nombre de fois - où il m’y est arrivé quelque chose qu’on attend d’un spectacle : c’est d’être surpris. Il y a une intelligence de la mise en scène, du découpage non seulement du film mais aussi du feuilleton télévision. Une distribution à la Comédie français qui, quand elle est à son meilleur, elle vous cloue à votre fauteuil. "


Les Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne - Philippe Brunet

"Le CRAN qui est le groupe d’influence qui prétend parler au nom de la population noire a réussi à empêcher la représentation des Suppliantes d’Eschyle à la Sorbonne mis en scène par Philippe Brunet. Je souhaiterais donc vous lire son texte : « Le théâtre est le lieu de la métamorphose, pas le refuge des identités. Le grotesque n’a pas de couleur. Les conflits n’empêchent pas l’amour. On y accueille l’Autre, on devient l’Autre parfois le temps d’une représentation. Dans Antigone, je fais jouer les rôles des filles par des hommes, à l’Antique. Je chante Homère et ne suis pas aveugle. J’ai fait jouer les Perses à Niamey par des Nigériens. Ma dernière Reine perse était noire de peau et portait un masque blanc.» "




Confessions d’un enfant de La Chapelle

"Je suis en train de déplacer une bibliothèque et il me tombe à ce titre bon nombre de livres sur les pieds. J’ai redécouvert les Confessions d’un enfant de la Chapelle d’Albert Simonin. Pour tous les gens qui aiment Paris, c’est une description savoureuse, d’une époque avant les Trente Glorieuses où l’on a beaucoup de mal à atteindre le nécessaire. Il y a un passage du roman qui souligne que la famille se retrouve sur la paille après avoir pris l’option de l’enterrement septième classe soit celui qui coute le moins cher. Tout cela est plein de renseignements sur les conditions de l’époque et sa vie artistique; avec notamment une description du théâtre des Bouffes du Nord. C’est une lecture délectable et dont je suis sorti avec beaucoup d’images dans la tête. "


Ce que le numérique fait aux livres

" Je souhaiterais signaler un livre de Bertrand Legendre publié aux presses universitaires de Grenoble et intitulé « Ce que le numérique fait aux livres ». On nous avait d’abord annoncé que le livre allait disparaitre puis que le numérique avait échoué, Bertrand Legendre a fait une étude extrêmement sérieuse sur ces points là. Une étude qui d’ailleurs qu’il ne conclut pas absolument : il montre là où le numérique a emporté le livre, la « métamorphose des mécanismes de notoriété », le changement de la relation entre écrivains et éditeurs. Bref pour tout ceux qui s’intéressent à cette chose qui en France a grâce à Dieu une importance aussi réelle et symbolique. "


James McCearney

"Je prends les pas d’un sentier ouvert par Jean-Louis Bourlanges il y a quelques semaines qui avait cité la biographie de David Lloyd George par James McCearney aux éditions Guillaume De Roux. James Mc Carney a également écrit deux autres biographies : celle de Gladstone et celle de Disraeli. Je fais partie de ceux qui n’arrivent ni à comprendre ni à se consoler de ce qui arrive actuellement en Grande-Bretagne aussi bien à l’intérieur du pays que vis à vis du continent européen et je pense que l’Histoire est un des moyens d’y voir un peu plus clair surtout quand elle est si intelligemment racontée. Ce sont des biographies qui sont aussi des portraits de l’époque, de tout ce qu’il peut y avoir de conflits internes et l’empreinte religieuse de l’Histoire de la Grande Bretagne. "




Les marches

"Je souhaiterais signaler un livre tout à fait étrange de quelqu’un qui a été secrétaire d’état aux prisons en Grande-Bretagne, député conservateur de l’Ecosse et qui est maintenant candidat à la succession de Madame May avec autant de chance que moi d’être président de la banque européenne. Ce député européen, Rory Stewart et son père qui est un écossais ayant travaillé dans les services secrets de sa majesté marchent le long du mur d’Hadrien. C’est un grand marcheur et son livre a eu un grand succès dans les pays anglophones et vient d’être traduit par Gallimard. C’est un ouvrage curieux fait de bric et de broc avec des partages de points de vue différents entre le père et le fils. C’est un des moyens d’un peu mieux comprendre la Grande-Bretagne."


" Le 6 juin1944, le visage en sueur de Bill Millin était d’un vert sensiblement plus pâle que celui de son kilt aux couleurs du clan Fraser, et quant à détailler les soubresauts, les spasmes et les nœuds de ses tripes et de ses boyaux, la décence m’en empêche absolument. Vous savez ce que c’est que le mal de mer : d’abord on pense en mourir, mais, très vite, on se sent tellement mal que l’on espère en mourir. Aussi, lorsque Bill Millin vit qu’il pouvait sauter de sa fichue péniche de débarquement, il ne se soucia pas un instant de ce qui l’attendait sur la rive de cette plage de Ouistreham rebaptisée Sword, Il sauta, et tandis que son kilt flottait en corolle autour de ses reins, il attrapa sa cornemuse et entama Hieland Laddie, une vieille chanson jacobite au 18ème siècle qui servit d’hymne aux partisans de Charles Edward Stuart, le fameux Bonnie prince Charlie. Elle dit : Où étais-tu tout ce temps ?  Fier garçon de nos montagnes J’étais à Culloden 
  Affronter William Duc de Cumberland et ses hommes 
  
   Là nos ennemis après avoir occis et brûlé 
  
   Ont enfin eut ce qu’ils méritaient 
   Fier garçon de nos montagnes. Arrivé sur la plage, Bill Millin, debout, continua la chanson. Quand sa cornemuse eut achevé Hieland Laddie, Millin reconnut la voix qui lui criait « une autre ! ». C’était celle de Simon Fraser, 24ème chef du clan Fraser, 15ème Lord Lovat, commandant des Lovat scouts et de la première brigade du spécial service dans laquelle combattaient 177 fusiliers marins français aux ordres du commandant Kieffer. Bill Millin entama The Road to the Isles, chanson populaire, pastorale et mélancolique où l’on célèbre la beauté des paysages de l’ouest des Hautes Terres que traversent les hommes qui se rendent aux Iles. « C’était comme si on nous rappelait pourquoi nous nous battions », devait se souvenir Tom Duncan, des Lovat’s scouts. L’un des Français des commandos, Maurice Chauvet, jurait, des années plus tard, qu’en entendant The Road to the Isles, les Allemands s’étaient arrêté de tirer pendant quelques instants. Quelques éléments avancés de la brigade s ‘emparent du pont de Bénouville, rebaptisé Pegasus Bridge. Vers 1 h de l’après-midi, Lord Lovat vient à la tête de ses troupes faire jonction avec la poignée d’hommes qui tiennent le pont sous le feu allemand. Devant lui marche Bill Millin, au pas, soufflant dans sa cornemuse All the Blue Bonnets are over the border, autre chanson jacobite incitant les Ecossais à se saisir de n’importe quoi qui puisse servir d’arme et à voler au secours de leur cause. Lord Lovat suggère à Bill Millin que, vu le nombre de snipers allemands qui leur tirent dessus, il aurait meilleur temps à presser le pas pour traverser le pont, et même à courir. Bill Millin n’en fait rien et conserve la même allure. J’ai rencontré Bill Millin une trentaine d’années après ces événements. Il avait nettement meilleure mine qu’au matin du 6 juin 1944 : son teint était même plutôt de brique. Je me suis enhardi à lui demander à quoi il pensait en soufflant Blue Bonnets sur le pont de Bénouville tandis qu’on lui tirait dessus. « A ne pas jouer faux », me répondit-il. La sagesse populaire britannique prétend qu’un gentleman est un homme qui sait jouer de la cornemuse et qui s’en abstient. La sagesse populaire va avoir à se débrouiller avec la mémoire de Bill Millin. Souhaitons-lui bonne chance."


De la science et de la démocratie

"Je souhaiterais recommander le livre du professeur Philippe Kourilsky qui a enseigné jusqu’il y a quelques années la biologie au Collège de France paru chez Odile Jacob : « De la science et de la démocratie ». Il applique à la réflexion politiques des concepts qui viennent de sa discipline : celui de robustesse et celui de complexité pour en étudier les facteurs qui tirent dans un sens et dans l’autre. Il étudie également le renouvellement des mécanismes démocratiques, au même titre que le renouvellement de nos cellules. "


Vulgarité et modernité

"Je voudrais signaler un livre de Bertrand Buffon qui s’intitule Vulgarité et modernité. Flaubert disait que nous sommes entrés dans l’âge du mufflisme. C’est ce mufflisme que dissèque Bertrand Buffon. Il donne aussi des directions qui permettraient de lutter contre l’avènement et le triomphe de ce mufflisme. Il oppose la vulgarité de personages de la Bruyère à des personnages comme Monsieur Jourdain dans le Bourgeois Gentilhomme ou ceux de Turcaret qui sont vilains en pesant devenir quelque chose ou plutôt quelqu’un. Il y a dans ce livre et une analyse assez fine et drôle de notre société et peut être les moyens de s’y comporter différemment."







Ceux que je suis

"Un premier roman, signé par Olivier Dorchamps, qui s’intitule « ceux que je suis ». Auguste Comte disait que l’humanité se compose de davantage de morts que de vivants, je pense que c’est vrai aussi pour chacun d’entre nous. L’auteur, qui est un Français qui vit à Londres, ayant pris l’identité d’un Franco-Marocain, développe le roman de la découverte de ceux à qui nous devons d’être nous-mêmes. C’est en même temps une sorte de reconnaissance, dans tous les sens du mot. "


Journal d’un indigné

"Je voudrais recommander aussi un livre qui m’a fait beaucoup rire, d’André Perrin qui avait autrefois publié « les scènes de la vie intellectuelle en France » également chez l’Artilleur. Il s’agit ici du « journal d’un indigné ; magnitude 7 sur l’échelle de Hessel » précise-t-il dans le sous-titre, avec une admirable préface de Pierre Manent. André Perrin, philosophe, a écouté la radio et regardé la télévision, et puis de temps en temps, il a noté quelque chose qui l’a frappé, et il est allé voir ce qu’il en était vraiment. Et il n’en est vraiment rien, ou tout à fait autre chose, plus exactement. Il faut prendre son parti du fait que le cléricalisme est maintenant dans les médias, et notamment dans les médias audiovisuels, et que par conséquent le meilleur moyen de le supporter c’est de pouvoir en rire, c’est pourquoi il faut être reconnaissant à André Perrin. "


Commentaire n°167

"Je recommande le dernier numéro de la revue commentaire, et plus particulièrement sur un article remarquable de Jérôme Jaffré sur les rapports entre Rocard et Mitterrand. Il ne s’agit d’ailleurs pas tant des rapports personnels entre les deux hommes que de la manière dont l’ouverture a échoué, et des raisons pour lesquelles elle a échoué. C’est une analyse politique que je trouve extrêmement juste, fine, et pondérée. Il y a aussi, à propos de l’affaire Lambert, un article de Jean-Eric Schoettl, intitulé : « affaire Lambert : la guerre des juges n’a pas eu lieu », qui met l’accent sur la dernière décision de la cour d’appel, et qui éclaire également le comportement d’un certain nombre d’instances judiciaires."


Georges Bernanos : histoire d’un homme libre

"Lundi 30 septembre à 22h35, France 3 Hauts-de-France diffusera un documentaire sur Georges Bernanos, réalisé par son petit-fils Yves Bernanos et son petit-neveu Jean-Pascal Hattu. On peut se demander si un tel sujet ne méritait pas une diffusion nationale, à moins de considérer Georges Bernanos comme un écrivain régional ou régionaliste. Ce documentaire montre la région natale de Georges Bernanos, l’Artois, d’une manière très impressionnante, qui donne envie de sauter dans la première voiture pour aller voir ce pays magnifique. Mais surtout, tout Bernanos est dans ce documentaire, sans aucune espèce de complaisance ni de cachotterie. Le film parvient à être à la fois profondément affectueux et d’une probité remarquable."


De Gaulle : une certaine idée de la France

"Je voudrais recommander le livre de Julian Jackson sur De Gaulle. Hitchcock disait : « ce qui fait le suspense, c’est qu’on connaît la fin ». C’est le cas à propos de De Gaulle, et il y a dans ce livre un suspense remarquable, en ce sens qu’on se demande toujours comment Julian Jackson a trouvé que la fin est venue. C’est magnifiquement documenté, et écrit (et traduit) avec une fluidité remarquable. Certaines constantes demeurent : l’anglophobie, absolument consubstantielle à la pensée du général, une méthode qui consiste à foncer dans le lard agressivement puis à revenir plus tard en paraissant avoir fait des concessions (mais en ayant simplement changé de ton), et une idée : ce qui divise la société, ce ne sont pas les différences entres républicains et monarchistes, mais entre ceux qui servent l’état et ceux qui le desservent. Enfin, une vision quasi mystique de la France et des méthodes extrêmement pragmatiques. "





Nos vies contre l’oubli

"Ce sont des entretiens avec Laurent Greilsamer. Je m’arrête simplement sur la question du traitement en France des Juifs pendant la guerre. Les Klarsfeld, qui ne sont pas seulement activistes mais aussi historiens, établissent que contrairement à la légende, il y a eu très peu de dénonciations. Elles ont lieu jusqu’en 1942, et viennent de gens précis qui travaillent avec les gens qu’ils dénoncent, souvent pour obtenir, d’une manière commode bien qu’infecte, une meilleure position professionnelle. Pour les Klarsfeld, c’est essentiellement le recensement qui a permis les arrestations, c’est à dire la confiance que les Juifs de France et d’Europe centrale réfugiés en France ont placé dans le système français. Autre chose qui va à l’encontre des « vérités » fabriquées par les paresseux ou les réseaux sociaux : l’importance du rôle des Églises, catholiques et protestantes. Pour les Klarsfeld, ce sont les églises et la population qui ont permis de sauver 75% des Juifs, une population marquée par la charité chrétienne et les valeurs républicaines inculquées par le curé et l’instituteur."



Scoop

"En ces temps de « Dupont de Ligonnèsseries », j’ai relu un livre qui m’avait enchanté en son temps, il s’agit de Scoop, d’Evelyn Waugh, le célèbre écrivain et humoriste britannique. C’est une description du milieu de la presse, absolument impitoyable et d’une drôlerie effrayante. Grosse modo, de quoi s’agit-il ? Un journal est la propriété d’un milliardaire, Lord Copper, qui ne tolère que deux types de réponses : « definitely, my Lord », et « up to a point, my Lord ». A la suite d’un dîner mondain au cours duquel une dame lui tourne la tête, Lord Copper désire envoyer un correspondant dans un pays au bord de la guerre civile, appelé Ismaël. Mais il se trompe de nom et au lieu d’envoyer le correspondant que la dame lui a recommandé, il envoie un homonyme, spécialiste des jardins et des animaux domestiques. Ce dernier va donc découvrir le monde des correspondants à l’étranger, mais aussi comment de nombreux évènements qui n’existent pas peuvent se produire grâce au concours des journalistes. Ce spécialiste du jardin va finir par déclencher la guerre civile qu’il est venu couvrir."


Patrimòni

"On ne peut pas toujours partir en voyage, mais l’on peut trouver dans la littérature ou ce qui se publie quelques moyens d’évasion. Et notamment dans un journal du patrimoine, qui concerne l’Aveyron et ses voisins, intitulé Patrimòni, dans lequel vous trouverez un excellent article sur le nourrissage hivernal des oiseaux, sur le viaduc du Viaur, ainsi qu’un article en occitan sur le chemin des dames, le vrai, celui du général Nivelle, l’ancêtre de la technocratie mal informée et malfaisante. "



Guerres de business

"J’ai le plaisir de vous dire que nous sommes soutenus aujourd’hui par un autre podcast, ou plus précisément par un producteur étasunien de podcasts, Wondery, qui lance la version française de l’une de ses séries à succès : Business Wars. Sous le titre « guerres de business », Wondery propose un premier épisode consacré à la rivalité sans fin et quinquagénaire entre Adidas et Nike. Cela ressemble à Capital en mode Game of Thrones, on nous y raconte les compétitions de l’hypermarketing, les opérations des influenceurs, les défis des bureaux de tendance, l’investissement des marchés de niche, la course aux stars (pour en faire les égéries des marques), les risques de l’innovation et les ruses de la communication. On y découvre aussi comment organiser la rareté pour faire exploser les ventes. Comme cette guerre est incessante, les rebondissements succèdent aux rebondissements, il y aura un nouvel épisode chaque lundi, et vous pouvez vous rendre sur le site de Wondery, où vous trouverez le premier en français. "