LES INTERVENANTS

Philippe Meyer

Homme de plume et de radio, il anime et produit les émissions La prochaine fois je vous le chanterai sur France Inter et L’Esprit public sur France Culture. Il a consacré plusieurs livres à la capitale, dont Paris la Grande (Flammarion, 1997) et Un Parisien à travers Paris (Robert Laffont, 2009).

 

Les brèves proposées par Philippe Meyer:

Notre-Drame de Paris

"Livre consacré à la gestion de la ville de Paris par son actuelle maire. Je n'aime pas le ton de ce livre, je ne comprends pas pourquoi lorsque l'on dispose d'autant de faits qui sont terribles pour l'actuelle municipalité (absence de prise en considération des problèmes les plus importants, relation avec les oligarques, arrogance avec laquelle la ville est gouvernée, ridicule), on utilise un ton aigrelet, quand il suffirait de dire les faits en sa possession. Néanmoins ce livre informe."


Petit paysan

"Ce film se tire formidablement d'une situation difficile. Il n'y avait rien de plus tentant que de chercher la larme à l’œil en exposant la situation parce que tout le monde se sent coupable face au monde agricole. Là pas du tout. C'est vraiment la situation d'un petit paysan face au drame de la vache folle, et à la dépossession de tout ce à quoi il a consacré par plaisir son existence. Pour faire partager cette situation, le cinéaste a construit son film presque comme un roman policier. Il y a une tension dans le récit. C'est un film tout à fait remarquable."


Le cardinal Lustiger

"Il y a dix ans disparaissait le cardinal Lustiger. Le dictionnaire du Vatican, qu’ont publié récemment les éditions Robert Laffont dans la collection Bouquins, mentionne une quantité considérable de cardinaux, des très anciens et des très récents, sauf le cardinal Lustiger. Je crois que cela donne la mesure de l’importance et du dérangement que ce personnage extrêmement énergique, quelque fois sans doute une énergie qui pouvait un peu heurter les autres, mais ce converti, qui avait aussi la vigueur et l’impatience des convertis, a pu apporter à l’Eglise de France, et comme il y a beaucoup de manifestations autour du souvenir du cardinal Lustiger je voulais simplement signaler qu’à mon avis, surtout compte tenu de l’étonnant silence de l’Eglise de France sur un certains nombre de questions, notamment celle des migrants, pourrait intéresser nos auditeurs."


L’exposition des portraits princiers de Rubens

"Quand on va ensuite dans la grande salle des Rubens au Louvre, cela procure une grande délectation avec en plus comme on sait le fait que Rubens n’a pas tout peint lui-même : il a fini certains tableaux, en a confiés à d’autres de ses élèves comme Van Dyck. Il y a dans cette exposition plusieurs portraits, de Philippe IV d’Espagne mais aussi de Marie de Médicis et que c’est assez drôle que de voir selon la position du peintre, le portrait n’est pas tout à fait le même et que l’indulgence n’est pas aussi grande chez l’un que chez l’autre, et Rubens qui était à la fois un peintre, un diplomate et un homme de cour a su magnifiquement mettre en valeur Marie de Médicis, mais pour moi il reste au Louvre cet incroyable tableau qui est Henri IV convaincu par l’amour quand on lui montre le portrait de Marie de Médicis qu’il va devoir épouser et cela donne tout à fait envie d’aller le revoir."


Edmond Maire

"Juste un mot pour souligner le rôle, l’importance, la qualité de cet homme qu’était Edmond Maire, nous l’avions reçu dans une autre circonstance et dans un autre endroit. C’était un homme qui avait entre ses propos et ses actes une cohérence qui n’était en plus pas ennuyeuse Il y a des gens qui sont cohérents et qui vous donne l’impression qu’ils vous donnent une leçon, lui non. Il faisait ce qu’il avait à faire, et il l’a fait. C’était un homme de parole."




LES FOURBERIES DE SCAPIN de Molière à la Comédie Française

"Je voudrais recommander les représentations à la Comédie Française des Fourberies de Scapin. Les Fourberies de Scapin sont une pièce énormément jouée, ce n’est pas la pièce la plus chargée d’un message de Molière mais c’est une pièce d’acteurs, tout particulièrement pour Scapin. C’est donc une pièce difficile à jouer puisqu’il faut faire oublier les Scapins qui vous ont précédé et Dieu sait si à la Comédie Française il y en a eu au moins deux, Robert Hirsch pour les plus anciens qui était une espèce de Scapin bondissant et puis Philippe Torreton qui était lui plutôt côté chat de gouttière, chat sauvage, chat écorché. Et là c’est Benjamin Lavernhe, et Benjamin Lavernhe a trouvé quelque chose qui pour moi est un mélange du comédien italien d’Otto glorieux notamment à travers le pigeon, du brave soldat Chvéïk c’est-à-dire quelqu’un qui sait parfaitement ce qu’il fait mais qui fait l’imbécile avec énormément de succès, et aussi du Grand Duduche, ajoutez à cela un peu de Charlie Chaplin et cela donne un Scapin que j’ai trouvé particulièrement remarquable. Petite remarque latérale, il montre son derrière. La Comédie Française devient une sorte de pépinière de derrières, on se demande si bientôt cela va faire partie du règlement de la Comédie Français que tous les comédiens et peut-être aussi l’administrateur, et au guichet quand on ira acheter son billet, il y aura un vendeur ou une vendeuse sur deux qui sera… "


Le Débat, La sociologie au risque d'un dévoiement

"A titre de brève je voudrais signaler la parution du numéro de novembre/décembre de la revue Le Débat, dans laquelle un ensemble d’articles est consacré à la sociologie et au risque d’un dévoiement. Gérarld de Bronner et Etienne Géhin, Olivier Galland, Nathalie Heinich, Dominique Schnapper et Pierre-Michel Menger s’interrogent sur la manière dont s’est cléricalisée la sociologie et sur la manière dont elle a essayé, elle est en train, elle s’occupe pour une partie d’entre elle, sous un certain nombre de slogans assez faciles - notamment celui qui dit que la sociologie est un sport de combat - de prendre la place du journalisme, non pas pour nous renseigner sur la société comme elle est, mais pour être, pour devenir ce qui dise ce qui est juste et bon sans avoir à prendre la moindre responsabilité, ni le moindre risque. C’est évidemment plus détaillé, plus fin que ce que je viens de résumer brièvement, mais je trouve que c’est un excellent ensemble d’excellents articles, qui mérite d’être signalé."


Time to Philo

"Je recommande un livre de Gaspard Koenig, publié chez Larousse, Time to Philo, sous-titré Notre monde vu par la philosophie. Pourquoi est-ce que la lecture de Tocqueville est intéressante pour comprendre le Front National, pourquoi est-ce que la question de la corruption peut être de manière intéressante traitée à la fois en lisant la Fable des abeilles de Mandeville et en même temps Kant, comment à partir de l’histoire d’Erostrate qui laissa un nom dans l’histoire comme incendiaire et profanateur, comment nous pouvons réfléchir à la manière dont nous parlons du terrorisme, et comment nous gardons le nom de celui qui a assassiné ces enfants juifs à Toulouse, que je ne prononce pas exprès, et non pas le nom des martyrs c’est à dire ces enfants et ces parents juifs. Tout cela est très brièvement, rapidement, de manière extrêmement vive illustré par le livre de Gaspard Koenig qui navigue d’un philosophe à l’autre et qui à mon avis donne le goût de la lecture en même temps qu’il alimente la réflexion."



Dîtes-leur que je suis un homme

"En ce qui me concerne je recommande un roman qui est paru chez Liana Levi, qui est même dans l’édition de poche de Liana Lévi, roman d’Ernest Gaines, écrivain noir américain qui s’intitule Dîtes-leur que je suis un homme, qui est un concentré de description de la situation d’une communauté noire dans les années 60 au moment où les droits sont acquis mais où ils ne sont en aucun cas et en très peu de lieux respectés, et où un noir condamné à mort simplement parce qu’il était au mauvais endroit, au mauvais moment, se trouve face à un défi qui peut paraître étrange qui est simplement le défi de mourir comme un homme. Toute cette communauté autour de lui le soutient dans cette entreprise. C’est un livre d’une retenue, qui provoque une émotion extrêmement forte, sans doute parce qu’il est fondé sur une description et sur un sens du détail très remarquables."


Mélancolie(s)

"J’avais déjà dit ici tout le bien que je pensais du travail de Julie Deliquet qui dans le monde de la mise en scène est quelqu’un qui a une personnalité extrêmement forte et qui réussit me semble-t-il remarquablement. Elle avait avec beaucoup de succès monté au théâtre du Vieux Colombiers de la Comédie Française, Vania, et elle vient de monter un spectacle qu’on peut voir jusqu’au 12 janvier au théâtre de la Bastille qui s’appelle Mélancolie(s) et qui est la fusion des Trois Soeurs et d’Ivanov. Donc on est en plein dans Tchekhov, il y a davantage d’Ivanov que des Trois Sœurs mais c’est un travail très étrange parce qu’il s’agit d’improviser, à partir du texte de Tchekhov, les comédiens n’ajoutent pratiquement rien sauf quelques petites chevilles pour que les choses tiennent ensemble et ils montent - avec cette excellente idée de marier ces deux pièces - un spectacle qui est extrêmement fort et extrêmement naturel. On parle beaucoup de revisite, ce n’est pas la revisite, c’est d’avoir pris ce texte de Tchekhov et de lui permettre d’avoir tout son naturel, et je trouve que Julie Deliquet est quelqu’un de tout à fait remarquable. "




MÉMOIRES, Édition intégrale

"J’ouvre cette séquence des brèves en vous signalant avec une joie toute particulière, la reparution des mémoires de Jean-François Revel, dans la collection de poche Bouquins, aux éditions Robert Laffont. Ce sont les mémoires de Jean-François telles qu’ils avaient été publiés sous le titre, « Le Voleur dans la maison vide », augmentés d’un certain nombre de textes, dont le « bada » qu’il préparait, le bada étant comme le savent tous les Marseillais le petit supplément que le marchand de glace ajoute sur les glaces que vous avez commandées. Ce bada est tout aussi étonnant, traduit une vie tout aussi extraordinaire que celle de Jean-François Revel. Je pense que les gens qui disent que personne n’est irremplaçable n’ont jamais connu Jean-François Revel. C’était un personnage tout à fait extraordinaire, qui était polyglotte, qui lisait les journaux dans six langues, ce qui explique la qualité de ces éditoriaux toujours fondés sur des informations Il avait un goût qui allait de la cuisine à la peinture, à la musique, et je ne parle même pas de la littérature et de la philosophie (son Histoire de la philosophie est, de tous ses ouvrages, celui qui a la vie la plus longue dans les librairies). C’était un homme d’une exigence absolument constante, c’est lui qui m’a attiré vers le journalisme, qui m’a fait quitter mon métier. Travailler avec lui était exceptionnel : quand vous lui envoyiez un article, il vous le renvoyait non pas pour essayer de vous faire changer d’avis mais pour le corriger en vous disant « Mais non, là je comprends ce que tu veux dire, avec quoi je ne suis pas d’accord, mais tu ne le dis pas bien, il manque quelque chose, il y a une cheville qui manque, il y a un paragraphe, une explication, ce n’est pas clair. » Sans compter le temps qu’on pouvait passer avec lui à disputer des mérites respectifs de l’œuf mayonnaise et du hareng pommes à l’huile, sa capacité à connaître les endroits les plus étonnants pour y partager des repas. Je n’ai de ma vie rencontré quelqu’un qui ait une pareille largeur d’humanité, et une pareille largeur d’intelligence mais c’est aussi un écrivain. C’est un écrivain qui manie l’humour, l’ironie et quelque fois la férocité, avec une efficacité redoutable, Je pense à son portrait en six lignes d’Alain Minc. Si on faisait mon portrait dans cette tonalité là, j’irais directement chez l’armurier pour acheter comme dirait l’autre, une corde pour me pendre."


L'infini va bientôt finir

"Je recommanderai le livre les poèmes que Jean Pérol a rassemblés sous le titre L’Infini va bientôt finir (Editions La Rumeur libre). De la poésie de Pérol, Alain Jouffroy a écrit « elle atteinte plein fouet la cible ratée par tant de narcissiques du langage-pour-le-langage ».
Je vous en propose « Autres amours » :
ça mâchait du micron-ondake
le soir devant la télé
et pensait dur micro-pensable
sur le canapé des coeurs affalés
tapotait du micro-tweetable
pour des tweets sur des écrans bleus
ça broyait du micro-vivable
dans le lit sans pouvoir dormir
ça baisait du micro-baisable
En suivant les cours du comment jouir "


Phantom et Quobuz

"Il se trouve que pour Noël j’ai reçu un Phantom, le Phantom c’est quelque chose qui est fabriqué par la maison Devialet, qui est une enceinte qui se branche sur des ordinateurs ou des smartphones et dont la qualité sonore est absolument extraordinaire, le tout sur un tout petit volume. Grosso modo je ne comprends pas grand chose à la technique mais c’est la puissance du numérique avec la qualité, la finesse de l’analogique. Ce Phantom, que j’ai transporté dans ma maison dans le Massif central, a été la joie de mes vacances de Noël.
Il a été deux fois, la joie de mes vacances de Noël parce que j’ai découvert un site de musique de streaming qui s’appelle Quobuz et je l’ai trouvé infiniment meilleur que tout les autres que j’avais essayé parce que la qualité sonore, parce que la diversité de l’offre est considérable parce qu’en plus la plupart des enregistrements qu’on peut entendre est accompagnée de livrets qui vont avec et que donc on trouve des tas de renseignements. On est pas voué à une consommation passive et un peu bêtasse. Ces deux outils sont pour moi source d’une volupté considérable. Ca n’est pas donné ni dans un cas ni dans l’autre mais enfin le jour où on décide de casser sa tirelire soit pour soi-même soit pour faire un cadeau, on en est absolument récompensé."


Jean-Claude Lattès

"Jean-Claude Lattès était un grand éditeur, je veux dire par là que c’était d’abord quelqu’un qui avait le courage de créer. Il avait créé sa propre maison d’édition et avait eu le courage d’avoir du succès ce qui lui a été constamment reproché d’avoir publié des best-sellers. Chacun sait que les grands éditeurs, ceux qui sont des éditeurs historiques répugnent à l’idée de vendre leurs livres et sont absolument dégoutés dès qu’un livre dépasse les 300 exemplaires dans les librairies. Jean-Claude Lattès était aussi un éditeur exigent, d’abord parce qu’il ne publiait pas n’importe quelle littérature populaire et puis aussi parce que c’est ce qui l’avait fait connaître. Il avait publié nombre de livres érudits et savants et il était devenu lui-même un érudit et un savant en plus d’être un homme extrêmement simple, attentif et chaleureux. "


L'insulte

"Je recommande « L’insulte » un film du réalisateur libanais Ziad Doueiri. A Beyrouth, un conflit d’abord tout ce qu’il y a de plus limité, entre un Libanais chrétien et un Palestinien musulman gonfle jusqu’à prendre des proportions nationales. Ziad Doueiri effectue avec une grande maitrise une sorte d’aller-retour permanent entre un conflit privé et un conflit politique. Cet aller-retour est mené de manière extrêmement habile, je dirais presque policière, avec un sens du suspense qui ne l’éloigne jamais de l’importance de son contenu jusqu’à un moment d’explosion extrêmement impressionnant. J’ajoute qu’il y a sans doute aussi dans ce film un portrait de l’homme, du mâle, en tant que réservoir inépuisable de testostérone."


Les Temps Modernes: Venezuela, le pays des fractures

"Le tribunal administratif a annulé l'arrêté de Madame Hidalgo, qui a fermé la circulation automobile aux berges, cet arrêté est extrêmement intéressant d'abord parce qu'il donne une extrêmement bonne mesure du peu d'intérêt qu'Anne Hidalgo éprouve pour les lois en général. Par ailleurs, il ne faut pas tomber dans le piège de savoir si on est pour ou contre cette fermeture des voies sur berge c’est qu’on est pour ou contre la bagnole pour parler comme les adversaires de l’automobile. C’est pas la question, on est pour ou contre l’ouverture de Paris à sa banlieue et à sa grande banlieue c’est la fonction principale des voies sur berge, c’est de permettre aux banlieusards de venir à Paris, de traverser Paris et de ne pas être obligé de le contourner pour aller de l’Est à l’Ouest ou du Nord au sud. Et par ailleurs, il y a une possibilité de piétonniser ou de donner aux quais la circulation lente, ce qui mérite d’être discuté. Sauf qu’Anne Hidalgo n’a aucune espèce de goût pour la discussion, a empêché que l’on discute.
Et par ailleurs, je voudrais signaler la parution des Temps modernes consacré au Venezuela par des vénézuéliens dont beaucoup de Chavistes repentis, peut-être pas tous repentis au point de se rendre compte des erreurs qu’ils avaient pu commettre. Il est quand même cependant très intéressant de voir décrite la situation économique, politique, sociale du Venezuela à travers le regard de gens qui ont été pour ou contre Chavez et pour ou contre son successeur. "


Zone de Mort

"J’ouvrirai cette séquence des brèves en recommandant un ouvrage de feu Paul Yonnet, le regretté Paul Yonnet. Livre qui s’intitule Zone de mort et qui est préfacé par Jean-Pierre Le Goff. Cela fait 7 ans maintenant que Paul Yonnet, spécialiste des pratiques populaires, du jeu par exemple et du sport, est mort. Un sociologue tout à fait atypique très original, non pas par goût de l’originalité mais par capacité à penser par lui-même. Il y a donc 7 ans que Paul Yonnet est mort et c’est sur la période dans laquelle il a su qu’il allait devoir affronter la mort pour la seconde fois de sa vie mais cette fois-ci la bonne ou la mauvaise comme on voudra que comme l’écrit Jean-Pierre Le Goff : « Paul Yonnet l’expérience limite d’un individu avec sa propre histoire et son rapport au monde ». Mais par delà ce parcours unique et tragique, il dévoile une vérité abrupte qui s’adresse à tous, celle de l’individu confronté à la souffrance et à la mort et d’une société qui fait tout pour les mettre à distance. Ce texte, l’écrit Jean-Pierre Le Goff, est un coup de poing contre ce monde aseptisé, l’envers du décor de l’optimise enjoué des bien-pensants de la postmodernité et des partisans doucereux du suicide assisté. Et c’est édité aux éditions Stock dans la collection Les Essais."


La Déposition de Pascale Robert-Diard

"De mon côté je voudrais recommander la publication en Folio du livre de Pascale Robert-Diard La déposition qui porte sur l’affaire Leroux ou Agnelet comme on voudra mais qui porte ici sur l’un des fils Agnelet : Guillaume, qui à un moment donnée a désiré soulager sa conscience en cessant de taire ce qu’il savait et de raconter ce qu’on lui avait demandé de raconter. Il y a une atmosphère extrêmement dramatique comme dans les comptes rendus de Pascale Robert-Diard pour ceux qui la connaissent dans le Monde, reconnus pour leur sobriété et leur qualité. On est emporté par une énigme quand on a affaire à des gens comme Maurice Agnelet qui sont d’un seul bloc et que ce bloc semble tellement exsuder le mal et le goût du mal qu’on cherche à se demander ce qui, en eux, nous fait appartenir à la même humanité. C’est donc la réédition de Pascale Robert-Diard que je vous conseille cette semaine !"


L'Égypte en révolutions de Stéphane Lacroix et Bernard Rougier

"Où va l’Égypte ? Le peuple a-t-il « fait tomber le régime », comme le proclamaient les milliers de mani-festants de la place Tahrir en janvier 2011 ? Que s’est-il passé depuis la chute de Moubarak le mois suivant ? Pourquoi l’islam politique, porté par les urnes lors des premières élections libres jamais organisées, a-t-il fait l’objet d’un rejet massif lors de la deuxième révolution de juin 2013 ? Assiste-t-on au rétablissement définitif d’un ordre autoritaire après la répression sanglante des Frères musulmans, l’accession à la présidence du maréchal al-Sissi et l’arrestation de militants révolutionnaires ? Le pays est-il le poste avancé d’une contre-révolution régionale soutenue par les monarchies du Golfe ? Plus active que jamais, la violence jihadiste peut-elle contaminer l’ensemble du spectre islamiste – à commencer par la base militante des Frères musulmans, qui s’interroge sur l’action à conduire et dont les dirigeants, condamnés par la justice, croupissent en prison ? Cet ouvrage est le premier à rendre compte des dynamiques en cours dans le pays depuis l’irruption révolutionnaire. Rédigé par des spécialistes égyptiens, américains et français qui ont vécu au rythme des bouleversements de l’actualité égyptienne, il éclaire l’avenir d’un géant démographique, politique et culturel dont les élans et les crises affectent l’ensemble du monde arabe et musulman."


Les islamistes saoudiens. Une insurrection manquée de Stéphane Lacroix

"Les événements du 11 septembre 2001 ont projeté au cœur de l'actualité les islamistes saoudiens, dont Oussama Ben Laden se veut le plus éminent représentant. Du fait de la très grande opacité du royaume saoudien, cette mouvance reste néanmoins largement méconnue. Qui sont ces activistes qui défient au nom de l'islam un pouvoir ayant fait de la religion la ressource principale de sa légitimité ? Et comment sont-ils parvenus à étendre leur emprise et à mobiliser en profondeur dans la société saoudienne ? Enfin, pourquoi leur " insurrection " s'est- elle in fine heurtée à la résilience du pouvoir des Al Sa'ud' ? C'est à ces questions que répond le présent ouvrage, en s'appuyant essentiellement sur des sources écrites et orales de première main, recueillies notamment lors d'enquêtes de terrain en Arabie Saoudite."


Le Lambeau de Philippe Lançon

"Je voudrais recommander le livre de Philippe Lançon, journaliste à Libération et journaliste à Charlie Hebdo. Il était à Charlie le jour où sont rentrés les terroristes, il en est sorti vivant, extrêmement blessé et qui a réussi à transformer une situation, un moment de sa vie qui ne peut être que très difficilement partagé. Lui a réussi à le partager et ainsi montrer ce dont est capable la littérature. C’est aux éditions Gallimard et ça s’appelle le Lambeau"


Le Lambeau

"Je voudrais ouvrir cette séquence des brèves en répétant ce que j’ai dit la semaine dernière. On dit souvent que lire c’est vivre la vie des autres ou du moins la vie que l’on a pas. Quand il s’agit des Mousquetaires on s’imagine vivre des aventures exaltantes et des exploits formidables dans un contexte d’amitié étonnant. Quand il s’agit de lire le livre de Philippe Lançon Le Lambeau, on est d’abord impressionné par sa capacité à faire de la littérature. C’est à dire ne pas faire du stylé ou des manières mais arriver à retransmettre quelque chose qui semble intransmissible, je rappel que Philippe Lançon était ce journaliste qui travaillait à Libération et Charlie Hebdo et qui se trouvait à Charlie au moment de l’attentat, c’est d’ailleurs un rescapé. Sur le fait d’être un rescapé il écrit des choses très fortes. Mais c’est un rescapé terrible, il a passé deux ans à suivre des opérations chirurgicales d’une difficulté étonnante. Ca n’est pas ça l’important puisqu’il suffirait de faire la liste de ses malheurs si on voulait attirer la sympathie. Il ne cherche pas à attirer la sympathie, c’est peut-être même pas le partage puisque je pense que c’est quelque chose qui n’est pas partageable. Mais peut-être une façon d’alléger le fardeau qu’il porte et pour ça il faut être un écrivain et Philippe Lançon l’est, son livre s’appelle le Lambeau et il est publié aux éditions Gallimard."


Mister Everywhere

"Je vais recommander un livre coédité par Acte Sud et l’institut Lumière qui a deux préfaces l’une de Clint Eastwood et l’autre de Bertrand Tavernier. Le livre s’intitule Mister Everywhere et ce sont des entretiens de Pierre Rissient avec Samuel Blumenfeld, journaliste du Monde. Pierre Rissient est un personnage tout à fait étonnant, atypique, je n’en connais aucun autre, c’est l’homme le plus anticlérical que je connaisse, non pas au sens d’être contre les prêtres d’une religion quelconque mais contre les clercs en général, contre la façon de penser en bande, en groupe, en banc comme les poissons. C’est un homme qui se fait ses opinions lui-même et qui est tout à fait capable d’avoir des opinions qui varient avec les années ou en voyant un film ou en revoyant un autre. Vous aurez compris que c’est un cinéphile majeur, tout à fait reconnu à travers le monde et notamment aux Etats-Unis et ce parcours de cinéphile qu’il raconte dans ses entretiens est extrêmement intéressant. D’autant plus intéressant qu’il ne mâche pas ses mots et qu’il exprime ses opinions avec une très nette fermeté. "


Revue Commentaire: article de Georges Walden

"Je citerai un article de la revue Commentaire celui de Georges Walden. Il a été diplomate et député conservateur de la circonscription de Buckingham. Il a été secrétaire d’état à l’enseignement supérieur du gouvernement de Mme Thatcher puis ensuite de celui de Major. Il écrit à propos de son parti un article d’une sévérité et d’une cruauté remarquable qui n’a d’égal que la cruauté et la sévérité qu’il eut à l’égard du parti travailliste et plus précisément à propos de Jeremy Corbyn. Voilà donc un très bon article pour les 40 ans de la revue Commentaire."


Histoire du Portugal contemporain, de 1890 à nos jours par Yves Léonard

"L’histoire contemporaine du Portugal reste encore trop méconnue en France, alors que des flux croissants de touristes français découvrent le pays, parfois pour s’y installer l’heure de la retraite venue. Mais clichés et préjugés continuent d’avoir la vie dure, du « bon émigré portugais » à la trilogie des trois F – Fado, Fátima et Football. Sans compter le prisme réducteur des agences de notation, si prégnant ces dernières années. Pourtant, le Portugal a le plus souvent reflété, voire précédé, l’histoire européenne, du renversement de la monarchie et de l’implantation précoce de la République en octobre 1910, à la longue dictature salazariste et aux tourments coloniaux, ponctués par le rétablissement de la démocratie avec la singulière Révolution des œillets, le 25 avril 1974, avant de vivre pleinement à l’heure européenne, non sans tourment. Yves Léonard propose ici une synthèse – la première de ce type en France –, nourrie des apports récents de la recherche et des débats historiographiques, mettant en lumière la complexité et la richesse d’une histoire du Portugal contemporain loin des idées reçues."


Ch. Maurras, L'Avenir de l'intelligence et autres textes (coll. Bouquins)

"Vous êtes beaucoup à vous inquiéter de l’absence de notre amie Michaela Wiegel. Soyez rassurés, Michaela Wiegel va bien et elle est fortement occupée. J’en ai eu la preuve directement avec la sortie de son livre Emmanuel Macron : Ein Visionär für Europa – eine Herausforderung für Deutschland qui doit vouloir dire en français Un visionnaire pour l’Europe, un défi pour l’Allemagne. Ensuite, récemment une éditrice devenue ministre, Françoise Nyssen, a décidé que la biographie de Charles Maurras serait retirée du volume annuel des commémorations nationales ce qui a d’ailleurs provoqué la démission de Jean-Noël Jeanneney. C’est inquiétant qu’une éditrice puisse faire une chose pareille et ensuite, c’est très inquiétant que la rumeur suffise à imposer ou à renverser des décisions de cette nature. La réponse est venue des éditions Bouquins de Robert Laffont puisqu’elles publient un volume qui a été préfacé par Charles Maurras, un volume de Jean-Christophe Buisson et qui a été annoté par Martin Motte. Ce livre a donné lieu à un article dans le Monde qui discute les choix qui ont été faits. Il y a d’ailleurs un peu de la poésie de Maurras qui ne devrait pas porter à beaucoup de contestations ou à quelconque bagarre. En tout cas, ce qui est extrêmement positif à ce volume c’est qu’on peut enfin discuter. On peut lire, on peut contester l’édition, aucune des horreurs de Maurras ne sont absentes de ce livre."


La Guerre de Sécession par Ken Burns en DVD

"Arte, nous en parlions entre nous avant le début de cet enregistrement, a diffusé cette semaine les films de Ken Burns sur le Vietnam qui sont des films absolument remarquables que l’on peut revoir facilement sur internet. Cela me permet de rappeler un autre travail extraordinaire de Ken Burns que l’on peut obtenir en DVD facilement, c’est son travail sur la Guerre de Sécession, qui est un travail d’une documentation et d’une précision tout à fait remarquable. Je l’avais signalé en son temps mais je dois dire qu’en ce qui me concerne il ne se passe pas 18 mois sans que je ne revois la totalité de ce formidable travail qui ne remonte en effet pas le moral et qui ne donne pas de l’humanité une vision bien sympathique, but that’s the way it is comme disait le regretté Walter Cronkite. François Bujon de l’Estang me signale qu’il y a de Ken Burns un documentaire sur l’histoire du jazz qui demande lui aussi à être regardé."


Continental films

"Je recommande la lecture d’un livre publié par une vaillante petite maison d’édition cinéphile, pas seulement cinéphile mais très cinéphile, ce sont les éditions de La Tour Verte. Le livre est signé de Christine Leteux et il s’intitule Continental films. C’est donc un livre d’histoire sur cette firme allemande installée à Paris dirigée par Alfred Greven et qui a eu un rôle déterminant dans la production cinématographique pendant l’occupation, et qui a entre autres fait travaillée avec des gens comme Jean-Paul Le Chanois, comme Richard Pottier, comme Henri George Clouzot, Maurice Tourneur, et un certain nombre d’autres. Et c’est autour de cette Continental films que Christine Leteux fait une enquête méthodique qui permet de savoir qui a vraiment fait quoi, et comment. A l’intérieur de cette firme allemande, il y a eu d’un côté une volonté hégémonique allemande, mais de l’autre côté énormément de petites initiatives, qui ont fait en sorte que cette endroit soit un endroit où on fasse essentiellement des films, et surtout pas de la propagande. Christine Leteux ne dissimule ni qu’il y avait des salauds, ni qu’il y avait des profiteurs, ni qu’il y avait des imbéciles, ni qu’il n’y avait peu de juifs (quoique, comme Le Chanois, et aussi la manière dont un certains nombre d’entre eux ont été protégés par ceux qui étaient employés par la Continental). Et aussi elle examine un certain nombre de dossiers qui ont été jugés sans qu’il y ait eu une instruction ni à charge ni à décharge, ou plus exactement seulement à charge, notamment l’histoire du fameux voyages des 8 à Berlin : ils étaient 7 comédiens et 1 journaliste et en réalité on s’aperçoit que par exemple, Danielle Darrieux n’y est allée, que parce qu’elle a obtenu en échange de pouvoir voir son fiancé qui était dans un camp d’internement, que tel autre n’y est allé que parce qu’on lui avait dit que s’il n’y allait pas, on allait ressortir le livre antinazis qu’il avait publié avant la guerre et qu’il allait faire autre chose que du cinéma, … bref le seul qui était un collaborateur enthousiaste, c’était le journaliste qui les accompagnait, et tous les autres y sont allés en marche arrière, et c’est très intéressant. Sauf peut-être Susie Delair, qui va avoir 100 ans bientôt, mais on se demande si ce n’est pas parce qu’elle avait quand même Ein Ziegel in seinem Kopf, un pois chiche à l’intérieur du crâne. Quelque soit ces qualités d’actrices que l’on vient de pouvoir admirer de nouveau dans la rediffusion de Quai des Orfèvres, dans la version restaurée par Arte qui était vraiment une splendeur. Voilà donc Christine Leteux, Continental films, aux éditions de La Tour Verte."


Le Monde vu d'Asie au fil des cartes

"Actuellement au musée Guimet : une exposition qui s’appelle le « Monde vu d’Asie ». C’est une exposition qui montre comment les cartes géographiques les japonaises, les chinoises, les indiennes ou les coréennes, se sont représentées le monde au fil des siècles. Sur le plan de l’esthétique ce sont des cartes absolument magnifiques et sur le plan de l’analyse géographique ou géopolitique, il y a là de quoi méditer et de quoi se renseigner. Et donc j’invite vivement ceux de nos auditeurs qui sont parisiens, banlieusards ou qui viendraient à venir à Paris à aller voir cette exposition « le Monde vu d’Asie au fil des cartes »."


J'ai épousé un communiste - Philip Roth

"J’inaugure notre dernière séquence des brèves en faisant remarquer que vous avez parlé les uns et les autres de la manière condescendante dont on regarde trop souvent l’Italie. Je tiens à préciser que dans notre précédent avatar nous avons consacré beaucoup d’émissions à l’Italie et que dans cet avatar-ci nous en consacrerons une autre avec Marc Lazar qui sera l’une des 6 thématiques consacrées à des pays et qui sera diffusé cet été, j’y reviendrai. Cette semaine le Un avait pour principal sujet Philip Roth récemment disparu. Peut-être, chacun selon son inclinaison du moment, si on veut se remettre à cet auteur, relire ou lire J’ai épousé un communiste qu’on trouve en collection de Poche et pour ceux qui devrait le découvrir car après tout pourquoi tout le monde le connaîtrait. Je trouve que la manière dont ce roman tourne autour du Maccarthysme, la manière dont on ressent cette pression dont elle vous détruit progressivement est admirablement décrite par Philip Roth. Tout ça avec un allant tout à fait étonnant."


Cause toujours Philippe Muray

"Je rangeais des livres et j’ai retrouvé celui-là. Ce sont des chroniques que Philippe Muray, le regretté Philippe Muray, donnait à la Montagne. Il les a données pendant cinq ans, elles ont été sélectionnées et regroupées sous le titre Cause toujours aux éditions Descartes et Cie en collaboration avec la Montagne. D’abord, retrouver Philippe Muray est chaque fois quelque chose d’important. On est vraiment secoué, on s’arrête parfois et on est frappé par l’intelligence, la qualité du regard, la façon de voir les choses et évidemment aussi par la façon de les écrire. J’ajoute quand même qu’on pouvait reprocher à Philippe Muray d’être long et c’est arrivé dans un certain nombre de ses publications. Mais en même temps, il y a l’obligation, dans un journal, de format qui le sert formidablement. Je pense que Muray était d’accord avec la phrase de Gide « l’Art nait de lutte, vit de contrainte et meurt de liberté ». La contrainte du journalisme, cette contrainte de distance, à mon avis, potentialisait le talent de Philippe Muray et donc ça s’appelle Cause toujours et les références seront sur notre site."


Le Un - Faut-il trier les étudiants?

"L’hebdomadaire Le 1 se demande cette semaine s’il faut trier les étudiants et donc se penche sur Parcoursup. Je ferais remarquer en particulier un article sur la violence symbolique de l’attente et Annabelle Allouch souligne qu’être en attente revient à faire l’expérience à 17 ou 18 ans d’une position où même les bonnes notes n’assurent qu’une prise limitée sur l’avenir, lequel est laissé au fonctionnement d’un système qui impose son rythme propre. C’est un article sur lequel, je crois, il y a lieu de méditer."


Loi Paris-Lyon-Marseille

"- Je vais ouvrir la séquence des brèves en rappelant qu’on commence à évoquer telle ou telle candidature pour les élections municipales de 2020 ici ou là à Paris, à Lyon ou à Marseille. Mais personne ne parle de la loi scélérate qui fait que les habitants de ces trois villes ne votent pas pour leur maire mais pour un collège d’électeur. C’est la loi Paris-Lyon-Marseille qui a été fabriquée dans les cuisines de François Mitterrand pour sauver la peau de Gaston Deferre, ce qu’elle a d’ailleurs fait à Marseille, elle avait été dénoncée avec indignation par la droite et Jacques Chirac qui s’en est servi après avoir ajouté deux secteurs nouveaux à Marseille pour sauver la peau de Monsieur Gaudin qu’elle a d’ailleurs sauvé. C’est une loi qui permet qu’on soit élu avec une minorité. Pourquoi est-ce que les parisiens, les marseillais, les lyonnais n’ont pas le droit d’élire directement leur maire ? Pourquoi est-ce qu’il faut qu’on en arrive à des combinaisons de cette nature ? Pourquoi est-ce qu’un système qui nous a si profondément indigné quand aux Etats-Unis il a permis l’élection de Georges Bush Junior contre celle d’Al Gore alors que Bush était minoritaire en voix tout comme Trump ? Pourquoi faut-il qu’il y ait indignation de ce côté-ci de l’Atlantique et résignation de l’autre côté ? Personnellement, je suis pour certaines initiatives, et je crois que je vais contribuer à l’une d’entre elles, pour que ces lois scélérates soient abolies."


La loi PLM

" Je vais ouvrir la séquence des brèves en rappelant qu’on commence à évoquer telle ou telle candidature pour les élections municipales de 2020 ici ou là à Paris, à Lyon ou à Marseille. Mais personne ne parle de la loi scélérate qui fait que les habitants de ces trois villes ne votent pas pour leur maire mais pour un collège d’électeur. C’est la loi Paris-Lyon-Marseille qui a été fabriquée dans les cuisines de François Mitterrand pour sauver la peau de Gaston Deferre, ce qu’elle a d’ailleurs fait à Marseille, elle avait été dénoncée avec indignation par la droite et Jacques Chirac qui s’en est servi après avoir ajouté deux secteurs nouveaux à Marseille pour sauver la peau de Monsieur Gaudin qu’elle a d’ailleurs sauvé. C’est une loi qui permet qu’on soit élu avec une minorité. Pourquoi est-ce que les parisiens, les marseillais, les lyonnais n’ont pas le droit d’élire directement leur maire ? Pourquoi est-ce qu’il faut qu’on en arrive à des combinaisons de cette nature ? Pourquoi est-ce qu’un système qui nous a si profondément indigné quand aux Etats-Unis il a permis l’élection de Georges Bush Junior contre celle d’Al Gore alors que Bush était minoritaire en voix tout comme Trump ? Pourquoi faut-il qu’il y ait indignation de ce côté-ci de l’Atlantique et résignation de l’autre côté ? Personnellement, je suis pour certaines initiatives, et je crois que je vais contribuer à l’une d’entre elles, pour que ces lois scélérates soient abolies."


Pierre de Panafieu et Éric Chol, Cas d'écoles

"J’ai eu l’occasion de me rapprocher ces derniers temps de l’École Alsacienne et de découvrir son fonctionnement que je résumerais en disant que faute d’avoir pu être son élève quand j’en avais l’âge, j’aimerai bien devenir son élève honoris causa. Cette discussion sera sans doute tenue prochainement au sein du conseil d’administration, en tout cas ce qui est certain c’est que ce que j’ai découvert est exposé dans un livre du directeur de cette école, Pierre de Panafieu, livre qui s’intitule Cas d’écoles (Fayard) zet qu’il a écrit en collaboration avec un ancien de l’école qui est aujourd’hui directeur de Courrier International, Éric Chol. Dans une période où l’on est en train d’essayer de reprendre en main l’Éducation nationale, il est très recommandable de lire cet ouvrage. "


Thomas Lilti, Première année

"Je voudrais recommander le film d’un médecin-cinéaste, de plus en plus cinéaste et de moins en moins médecin – mais toujours considérablement préoccupé par la médecine – c’est Thomas Lilti. On se souvient je pense de son film Hippocrate qui avait beaucoup marqué sur ce que c’est que la vie dans les hôpitaux entre autres choses. On se souvient aussi de Médecin de campagne, œuvre de fiction qui marche sur un sujet de société pourtant ingrat. Là il a tout à fait réussi ce film qui s’appel Première année avec deux comédiens tout à fait choisis : Vincent Lacoste et William Lebghil. En sortant je me suis demander s’il ne fallait pas créer une ONG pour venir en aide aux étudiants de première année : c’est abominable. Il paraît que l’on va s’occuper de réformer tout cela mais je n’avais aucune idée de ce que c’était et je ne comprends pas qu’il y ait des médecins, des professeurs, des universitaires qui aient pu accepter de voir cette formation en première année devenir d’une telle brutalité. Comme œuvre de fiction, ce Première année est une réussite très remarquable avec un rythme remarquable. "