Les chroniques


LES WALKYRIES AUX ASSISES

Philippe Meyer, publiée le 29-09-2019

"Peut-on rire de tout ? Peut-on faire de tout un sujet de plaisanterie ? Peut-on s’amuser avec le code pénal ? Oui répondit feu Ernst von Pidde, dont la notice biographique précise qu’il était « titulaire de tous les diplômes de Droit public et privé que requiert l’exercice de la magistrature et que sa connaissance des codes pénal et civil était soutenue par une intuition authentiquement visionnaire des profondeurs de la musique ».[...]"


VERTU DU VÉLO, MORGUE DU CYCLISTE

Philippe Meyer, publiée le 22-09-2019

"Le cycliste est un piéton à deux roues. Du moins est-ce ainsi qu’il se vit et, si on veut le comprendre, c'est-à-dire éventuellement s’en protéger ou négocier avec lui un peu de bitume, il ne faut pas l’envisager autrement. Rien n’est plus contraire à ce récent venu dans les rues de Paris que de poser pied à terre. Qu’il doive se faire sur le plat, en montée ou en descente, le redémarrage d’un vélo est contraire à la nature de sa course.[...]"





UNE FLEUR NOIRE

Philippe Meyer, publiée le 17-06-2019

"Faut-il envoyer en prison pour une durée significative l’ensemble des élus et la totalité du gouvernement ? Après tout, ce sont les hommes qui avaient eu à connaitre des geôles de la Révolution qui reprirent les principes de Beccaria : douceur, sûreté et légalité des peines, souci d’assurer l’hygiène dans les établissements, création d’une Société royale pour l’amélioration des prisons, mise en avant de la prévention, prise en compte du rapport de Tocqueville et Beaumont sur le système pénitentiaire américain. [...]"


TRAVAILLER PLUS POUR PRODUIRE PLUS ?

Philippe Meyer, publiée le 14-06-2019

"Lorsque, en 1856, Léon Tolstoï voulut affranchir ses serfs et leur donner ses terres, ceux-ci refusèrent. Se demandant « Pourquoi, mais pourquoi donc ne veulent-ils pas la liberté ? », il découvrit que, dans ce bouleversement de l’ordre habituel des choses et des gens, les serfs soupçonnaient une farce dont ils seraient les dindons. Cinq ans plus tard, lorsque le tsar Alexandre II proclama l’abolition du servage dans toute la Russie, l’aristocrate philanthrope put constater à quel point cette méfiance était fondée, sinon à son égard, du moins à celui du nouveau système social inauguré par cette mesure. [...]"