Les brèves



Départ du Royaume-Uni au Parlement Européen

Philippe Meyer, créée le 02-02-2020

"Peut-être faut-il ajouter à cette horrible manifestation dont Jean-Louis parle la séance au Parlement européen. C’était très beau d’entendre ces députés entonner le Auld Lang Syne en se tenant par la main, mais c’était aussi déprimant. Cela m’a donné le sentiment de vivre dans un monde où nous ne sommes doués que pour une seule chose : les marches blanches. Pour ce qui est de prendre son deuil, nous sommes très forts. "


Célébrations londoniennes du Brexit

Jean-Louis Bourlanges, créée le 02-02-2020

"Je voudrais simplement exprimer mon désarroi devant les festivités londoniennes de vendredi à propos du Brexit. J’ai une ami dont le jeune fils (environ 10 ans) regardait les émissions sur le Brexit et a fondu en larmes pendant une heure, simplement parce qu’il a vu une tête de mort sur le drapeau européen, a senti une hostilité très profonde à l’encontre des Français Le journaliste de l’émission qu’il regardait, sur CNews (et à laquelle je participais) s’est fait taper dessus parce qu’il était Français, au moment de prendre l’antenne. C’est très impressionnant de voir cette charge d’hostilité. L’idée même de fêter un divorce ne viendrait à personne. Il y avait là une dimension humaine très profondément angoissante et tragique. Je crois qu’heureusement, ces comportements restent très minoritaires au Royaume-Uni ; je n’ai jamais vu plus intelligent qu’un Anglais pro-européen, et on a vu à cette occasion quel désastre était un Anglais anti-Européen. "


Le grand écart

Richard Werly, créée le 26-01-2020

"Ma première suggestion est pour le livre de Pascal Perrineau, qui est un peu le pendant politique de l’archipel français. C’est tout à fait intéressant, il y a derrière ce livre un plaidoyer pour davantage démocratie directe. Je citerais cette phrase de l’introduction : « la disruption politique intervenue en 2017 a beaucoup contribué à délégitimer la représentation politique ancienne, sans parvenir à la renouveler. Cet échec a ouvert la voie à l’expression radicale de la contestation. »"


Von Erbfeinden zu guten Nachbarn (Des ennemis héréditaires aux bons voisins)

Michaela Wiegel, créée le 26-01-2020

"Je retourne aux barricades, à l’occasion des 150 ans de la guerre de 1870. Ce petit livre, bientôt publié par Fayard, de deux historiens Hélène Miard-Delacroix et Andreas Wirsching : Von Erbfeinden zu guten Nachbarn (Des ennemis héréditaires aux bons voisins). C’est un livre très instructif, il s’occupe des éléments qu’on a un peu oubliés, par exemple comment, après la guerre de 1870, il y eut une sorte de regard sur l’Allemagne, qu’on retrouve aujourd’hui (même s’il est déprimais vidé d’envies revanchardes), un mélange d’admiration et de détestation. Instructif donc, mais aussi amusant. J’aimerais raconter une blague par laquelle commence l’ouvrage, sur la famille Lagarde, renommée en 1871 en « Wache » (qui veut dire : « la garde »), écrit avec un « W » mais prononcé comme « vache ». Du coup, après la première guerre mondiale, cette famille est renommée « vache ». En 1940, on la renomme « Kuh », et en 1945, la prononciation change, on passe de « Cou » à « Cul » ... Réjouissons-nous donc que Christine Lagarde n’ait pas vécu en Alsace ... "


Rapport sur l’immigration

Béatrice Giblin, créée le 26-01-2020

"Je voudrais attirer l’attention sur ce rapport sur l’immigration, qui a été remis au président de la République, dont le Monde a fait un compte-rendu, qui préconise davantage de régularisations pour les étrangers. Je pense qu’il est urgent que la France ait, vis à vis des étrangers qu’on ne peut pas expulser, parce que leurs enfants sont scolarisés en France, qu’ils sont salariés, et qui sont dans des situations invraisemblables, logés parfois deux ans d’affilée dans des hôtels (ce qui a un coût qui se chiffre en milliards d’euros), il est plus que temps qu’on regarde les choses sereinement. Il faut donner de la publicité à ce rapport, faire en sorte que le plus de Français possible examinent sereinement cette question. Voici plus de trente ans qu’on essaie de réduire une immigration dont on a besoin. Il ne s’agit pas d’être laxistes, mais d’avoir un minimum de dignité, que nous n’avons plus pour le moment."


Giraudoux l’humanisme républicain à l’épreuve

Jean-Louis Bourlanges, créée le 26-01-2020

"Je retombe en adolescence en recommandant deux livres, directement inspirés par des camarades de classe. Le premier est d’André Job, qui a consacré une grande partie de sa vie à l’étude de Giraudoux, il montre notamment quelque chose de tout à fait intéressant : l’auteur a été victime du fait d’être mort avant la libération, ce qui fait qu’on lui a accolé une image de désinvolture qui l’a écrasé, alors que toute son œuvre est en réalité empreinte d’une tension, d’une inquiétude et d’un tragique qui sont très forts. Ce livre réhabilite la place de Giraudoux dans l’Histoire, il n’a pas été le chantre précieux de la IIIème République qu’on a voulu faire de lui. "


La mouche

Philippe Meyer, créée le 26-01-2020

"Christian Hecq et Valérie Lesort avaient déjà fait ensemble au Vieux-Colombier un « Vingt mille lieues sous les mers » absolument féérique. C’est exactement la même chose ici, avec une excellente maîtrise de tout ce que la technique peut apporter à un spectacle fantastique, avec tout ce que Valérie Lesort et Christian Hecq peuvent apporter d’humour, et une science du jeu que que les quatre comédiens partagent. J’y ai découvert à cette occasion un confrère visionnaire, celui qui s’est retrouvé en garde à vue pour avoir dit que le président de la République assistait à la réprésentation. J’étais dans la salle ce soir là. Cette garde à vue est une totale stupidité, en plus d’être un manquement aux règles tout à fait déplorable. Mais ce confrère est visionnaire en ce que, dans une déclaration ultérieure à sa garde à vue, il a dit qu’on lui avait confisqué son téléphone, parce que ce dernier contenait une vidéo montrant le président et son épouse s’enfuyant. Moi qui étais dans ce théâtre et avais le couple présidentiel parfaitement dans mon champ de vision, je les ai vus ne pas quitter le théâtre, applaudir aux saluts, et je sais qu’ils sont allés discuter avec les interprètes, même s’il y avait dehors l’attroupement que l’on sait. Par ailleurs, que des gens attendent le président de la République à la sortie d’un théâtre pour lui dire qu’ils ne l’aiment pas : rien à redire. Qu’en revanche ces gens entrent dans un théâtre et interrompent un spectacle, c’est vraiment montrer à l’égard du travail (celui des comédiens notamment) un mépris, à propos duquel on perd le droit de s’offusquer quand on prétend le ressentir soi-même."



La liberté d’enseignement et les projets de loi de M. Jules Ferry

Jean-Louis Bourlanges, créée le 26-01-2020

"Mon ami Stanislas de Laboulaye qui a exercé plusieurs postes diplomatiques importants, m’a signalé une oeuvre que j’aurais dû connaître depuis très longtemps, celle de son trisaïeul Edouard Laboulaye, un quasi contemporain de Tocqueville, qui a contribué à faire construire la statue de la liberté. Son livre montre que le monopole de la collation des grades par Jules Ferry, la nationalisation de l’université est une erreur profonde. Si l’université est si malade encore aujourd’hui, c’est à cause de ce mauvais choix (le seul je crois) de Jules Ferry. "


Le cimetière de Picpus

Philippe Meyer, créée le 19-01-2020

"A propos de la Terreur, je signale qu’on peut aller au cimetière de l’église de Picpus, dans lequel il y a deux fosses communes. Dans l’une d’elles se trouvent les Carmélites de Compiègne, celles du Dialogue des Carmélites de Bernanos. C’est un cimetière très étonnant, dans lequel le drapeau américain a flotté pendant toute la guerre, car il y a là la tombe de Lafayette. Il a été créé par les aristocrates, pour les guillotinés et leurs familles. C’est un cimetière privé, ouvert au public à certains moments. On y voit ce que l’aristocratie a payé, notamment en 1914-1918. Il y a là quelque chose qui est de l’ordre du sens des responsabilités, je pense au général de Castelnau ; il était chef-adjoint d’état-major, quoi de plus commode pour plaquer ses enfants, or trois de ses fils sont morts, et deux de plus à la guerre suivante. C’est un endroit très émouvant."