Les brèves

Emmanuel Macron, pourquoi cette haine ?

Jean-Louis Bourlanges, créée le 03-02-2019

"Je voudrais signaler que sur le site Telos est paru un article de Dominique Schnapper : Emmanuel Macron, pourquoi cette haine ? C’est une analyse très intéressante sur les mécanismes de la haine dans ce que la sociologue appelle les « sociétés de démocratie extrême » c’est à dire d’égalitarisme forcené. J’aurais plutôt tendance - parce que le mot démocratie est un mot auquel je suis attaché tout comme Dominique Schnapper - à parler de sociétés de ressentiment. Ce qu’elle montre c’est qu’en réalité, le grand reproche qu’on pourrait faire à Emmanuel Macron n’est pas d’être un héritier. On pourrait dire de lui comme Magritte de sa pipe « ceci n’est pas une pipe » , « celui-ci n’est pas un héritier » et c’est précisément ce qui d’après Dominique Schnapper la raison pour laquelle il est si détesté : car il a réussi par un court-circuit absolument inattendu, jeune, tout seul, rien dans les mains au départ ni rien dans les poches. Il a réussi à s’imposer. De ce point de vue la, c’est une sorte de défi à ceux qui comme nous tous, sont dans la société méritocratie, et peine à passer de la misère à la pauvreté. Ce phénomène d’arrogance qui lui est reproché est un phénomène qui renvoie à la méritocratie et non pas à une société de privilèges transmis."


L’affolement du monde

Béatrice Giblin, créée le 03-02-2019

"Je voudrais recommander le nouveau livre de Thomas Gomart, le directeur de l’IFRI (Institut français des relations internationales) paru aux éditions Tallandier. C’est un livre que je trouve fort utile. D’abord parce qu’il aborde les questions par grands Etats : la Russie, la Chine, les Etats-Unis allant jusqu’à proposer des scénarios selon la distance temps : à court, moyen et long terme. Je trouve cela assez audacieux et permet au lecteur de se projeter; donc de réfléchir à comment les choses pourraient s’agencer. Il aborde aussi les questions que sont l’environnement, la démographie, le réchauffement climatique… Il y a dix chapitres écrit de façon extrêmement claire et qui peuvent aider à réfléchir à un moment où effectivement il y a un certain affolement du monde "


Le soleil ne se lève plus à l’Est

François Bujon de L’Estang, créée le 27-01-2019

"Je voudrais un mot d’un livre publié par l’un de mes collègues, Bernard Bajolet. Le genre de mémoire d’un ambassadeur est un genre qui était tombé en désuétude ces dernière années et d’ailleurs je m’en réjouissais plutôt qu’autre chose pour ma part mais il est en train de revenir un petit peu à l’initiative de quelque uns. Bernard Bajolet est un diplomate particulièrement intéressant qui fait mentir postumément Monsieur Pompidou qui considérait la diplomatie comme « une affaire de petits gâteaux et de tasses de thés »; une des plus grandes erreurs de jugement d’un ancien président de la République que j’ai jamais pu constater. Bernard Bajolet est un diplomate qui aime les postes à risques : il a été ambassadeur en Jordanie, à Sarajevo, à Bagdad, à Alger et a terminé ambassadeur à Kaboul. On peut difficilement faire mieux. Il a publié sous le titre « Le soleil ne se lève plus à l’Est » chez Plon les mémoires d’Orient d’un diplomate extrêmement intéressant et certains chapitres nous font véritablement replonger dans des enfers qui ne sont pas si loin de nous. Je pense par exemple au chapitre sur le chaos irakien quand il est arrivé à Bagdad au début de l’année 2003 et qu’il y est resté pendant les quatre années suivantes successives avec l’arrivée de Daech sur le territoire irakien et le chaos dans lequel les américains ont laissé ce pays. Ce sont des épisodes qui sont remarquablement bien écrit dans ce livre. Je rappelle que Bernard Bajolet a terminé sa carrière comme directeur de la DGSE après avoir été coordinateur du renseignement à l’Elysée précédemment. Il ne parle cependant guère du renseignement dans cet ouvrage mais plutôt de la diplomatie et du triste état du Moyen-Orient. "


Comme une rage de justice

Philippe Meyer, créée le 27-01-2019

"Je voudrais recommander le livre d’entretien de Sabine Rousseau, paru aux éditions du Cerf, avec le frère Burin des Rosiers qui a quitté la France après s’être établi en usine après mai 68. Il a quitté la France et a vécu pendant très longtemps en Amazonie où il s’est battu pour les droits des paysans jusqu’à ce que l’âge et la fatigue ne le fasse revenir en France mais ça été un long combat de trente ans si je ne me trompe. Ce livre décrit cette condition de l’esclavage qui est celle de beaucoup de paysans brésiliens."


L'Incroyable histoire du facteur Cheval

Philippe Meyer, créée le 27-01-2019

"Sur une tonalité plus gaie je voudrais recommander d’aller voir le film sur le facteur Cheval. D’abord parce que le facteur Cheval est une bénédiction mais la manière dont Jacques Gamblin - Laetitia Casta est très bien par ailleurs - incarne le facteur Cheval fait que si ce dernier était américain il ferait la une de magasines « en veux tu en voilà ». C’est un film de Nils Tavernier qui est excellent et le jeu de Jacques Gamblin est magnifique. "


Etudes de l’Institut Sapiens

Jean-Louis Bourlanges, créée le 27-01-2019

"Je voudrais recommander les études qui sont, en ce moment, publiées par l’institut Sapiens. Elles s’intéressent de très près à l’enseignement de l’économie dans le secondaire en France. C’est une matière assez controversée actuellement. Il y a deux études : comment élever le niveau des français en économie ? et une radiographie d’un manuel de seconde Hatier où l’auteur, Monsieur Robert, qui est un universitaire montre toutes les lacunes. On résume ces défaillances en trois termes : l’encyclopédisme qui fait qu’au lieu de se concentrer sur la matière économique on fait un peu de tout comme de la sociologie et donc la matière se dissout - le pessimisme : tout ce qui relève du fonctionnement normal de l’économie capitaliste qui régie 98% de la planète est considéré avec un biais extraordinairement négatif - des lacunes analytiques qui sont très importantes où l’on confond corrélation et causalité. D’une façon générale je crois que l’on ignore dans l’enseignement économique que l’enseignement ce n’est pas l’apprentissage des faits, la multiplication des visites d’usines etc mais d’abord l’apprentissage d’un langage. Comme le disait le regretté Louis Althusser : « Je mets au service de l’économie moderne qu’il faut porter au sein du désordre empirique la rigueur inaltérable du concept. » "


Requiem pour le monde occidental

Nicole Gnesotto, créée le 27-01-2019

"Je vais revenir aux Etats-Unis, mais sans concept, pour vous parler du dernier ouvrage de Pascal Boniface qui vient de sortir aux éditions Eyrolles. C’est une analyse assez précise, à la fois économique, stratégique, culturelle, du divorce de plus en plus flagrant entre les Etats-Unis de Donald Trump et l’Europe. C’est un plaidoyer, comme il n’y en a pas si souvent, pour l’autonomie européenne, la souveraineté européenne face aux Etats-Unis. "


Karambolage

Michaela Wiegel, créée le 27-01-2019

"Je retourne dans le franco-allemand avec ma brève. Si vous vous êtes déjà posé la question : pourquoi nous les allemands ne mangeons pas notre oeuf à la coque comme vous les français ? ou des choses plus sérieuses comme : pourquoi le Bundenstag fonctionne si différemment de l’Assemblée nationale ? C’est dans l’émission Karambolage sur ARTE que vous trouvez toutes ces réponses. C’est un programme très drôle et qui va fêter sa 500ème émission. J’en profite pour rappeler l’existence de ce programme où l’on en apprend beaucoup sur nos différences mais aussi sur ce qui nous rassemble avec humour. "




Eoliennes : chronique d’un naufrage annoncé

François Bujon de L’Estang, créée le 20-01-2019

"Je voulais recommander un brillant plaidoyer contre les éoliennes. Pierre Dumont, un industriel, et Denis de Kergorlay, homme qui s’est adonné à l’action associative, publient aux éditions François Bourin un livre qui s’appelle Eoliennes : chroniques d’un naufrage annoncé. C’est un plaidoyer plein de bon sens contre les éoliennes sous tous leurs aspects : le ravage du paysage et des sols agraires, inefficace sur le plan énergétique puisqu’il s’agit d’une énergie chère pour le consommateur. Je les vois pousser comme coquelicots au printemps avec horreur. Ces vilains moulins à vent sont en train de ruiner le paysage français sans que Don Quichotte ne puisse plus rien y faire. "


Glissez mortels

Philippe Meyer, créée le 20-01-2019

"Je souhaiterais recommander un livre de Charlotte Hellman, Glissez mortels édité chez Philippe Rey. Charlotte Hellman a cinq arrières grand-mère. Deux du côté paternel et trois du côté maternel. Il y a son arrière grand-mère naturelle, Jeanne, son arrière grand-mère adoptive, Berthe, ainsi que son arrière grand-père qui s’appelait Paul Signac. Cet arrière grand-père a épousé Berthe, il l’a aimé et a été aimé d’elle puis il a vécu avec Jeanne suite à ses 25 années de mariage avec Berthe. Il a eu avec Jeanne un enfant, ce qu’il n’avait jamais pu avoir avec Berthe. Jeanne et Berthe se sont détestées et combattues puis rapprochées et finalement entendues au point que Berthe a adopté l’enfant de Jeanne afin que ce dernier puisse hériter de son père. Charlotte Hellman s’est plongée, à la manière d’un détective et d’une descendante à la recherche de la vérité sur sa famille, dans l’histoire compliquée mais belle de ces deux femmes et de cet homme. Elle réussit à écrire ce roman d’une manière extrêmement remarquable dans un livre tout à fait fluide. Peu importe que cet arrière grand père s’appela Paul Signac; il aurait pu s’appeler Paul Dupont, l’histoire aurait été tout aussi intéressante. "