Les brèves

Karambolage

Michaela Wiegel, créée le 27-01-2019

"Je retourne dans le franco-allemand avec ma brève. Si vous vous êtes déjà posé la question : pourquoi nous les allemands ne mangeons pas notre oeuf à la coque comme vous les français ? ou des choses plus sérieuses comme : pourquoi le Bundenstag fonctionne si différemment de l’Assemblée nationale ? C’est dans l’émission Karambolage sur ARTE que vous trouvez toutes ces réponses. C’est un programme très drôle et qui va fêter sa 500ème émission. J’en profite pour rappeler l’existence de ce programme où l’on en apprend beaucoup sur nos différences mais aussi sur ce qui nous rassemble avec humour. "


Etudes de l’Institut Sapiens

Jean-Louis Bourlanges, créée le 27-01-2019

"Je voudrais recommander les études qui sont, en ce moment, publiées par l’institut Sapiens. Elles s’intéressent de très près à l’enseignement de l’économie dans le secondaire en France. C’est une matière assez controversée actuellement. Il y a deux études : comment élever le niveau des français en économie ? et une radiographie d’un manuel de seconde Hatier où l’auteur, Monsieur Robert, qui est un universitaire montre toutes les lacunes. On résume ces défaillances en trois termes : l’encyclopédisme qui fait qu’au lieu de se concentrer sur la matière économique on fait un peu de tout comme de la sociologie et donc la matière se dissout - le pessimisme : tout ce qui relève du fonctionnement normal de l’économie capitaliste qui régie 98% de la planète est considéré avec un biais extraordinairement négatif - des lacunes analytiques qui sont très importantes où l’on confond corrélation et causalité. D’une façon générale je crois que l’on ignore dans l’enseignement économique que l’enseignement ce n’est pas l’apprentissage des faits, la multiplication des visites d’usines etc mais d’abord l’apprentissage d’un langage. Comme le disait le regretté Louis Althusser : « Je mets au service de l’économie moderne qu’il faut porter au sein du désordre empirique la rigueur inaltérable du concept. » "





Eoliennes : chronique d’un naufrage annoncé

François Bujon de L’Estang, créée le 20-01-2019

"Je voulais recommander un brillant plaidoyer contre les éoliennes. Pierre Dumont, un industriel, et Denis de Kergorlay, homme qui s’est adonné à l’action associative, publient aux éditions François Bourin un livre qui s’appelle Eoliennes : chroniques d’un naufrage annoncé. C’est un plaidoyer plein de bon sens contre les éoliennes sous tous leurs aspects : le ravage du paysage et des sols agraires, inefficace sur le plan énergétique puisqu’il s’agit d’une énergie chère pour le consommateur. Je les vois pousser comme coquelicots au printemps avec horreur. Ces vilains moulins à vent sont en train de ruiner le paysage français sans que Don Quichotte ne puisse plus rien y faire. "


Glissez mortels

Philippe Meyer, créée le 20-01-2019

"Je souhaiterais recommander un livre de Charlotte Hellman, Glissez mortels édité chez Philippe Rey. Charlotte Hellman a cinq arrières grand-mère. Deux du côté paternel et trois du côté maternel. Il y a son arrière grand-mère naturelle, Jeanne, son arrière grand-mère adoptive, Berthe, ainsi que son arrière grand-père qui s’appelait Paul Signac. Cet arrière grand-père a épousé Berthe, il l’a aimé et a été aimé d’elle puis il a vécu avec Jeanne suite à ses 25 années de mariage avec Berthe. Il a eu avec Jeanne un enfant, ce qu’il n’avait jamais pu avoir avec Berthe. Jeanne et Berthe se sont détestées et combattues puis rapprochées et finalement entendues au point que Berthe a adopté l’enfant de Jeanne afin que ce dernier puisse hériter de son père. Charlotte Hellman s’est plongée, à la manière d’un détective et d’une descendante à la recherche de la vérité sur sa famille, dans l’histoire compliquée mais belle de ces deux femmes et de cet homme. Elle réussit à écrire ce roman d’une manière extrêmement remarquable dans un livre tout à fait fluide. Peu importe que cet arrière grand père s’appela Paul Signac; il aurait pu s’appeler Paul Dupont, l’histoire aurait été tout aussi intéressante. "


L'inquiétude démocratique

Marc-Olivier Padis, créée le 20-01-2019

"Je souhaiterais recommander le numéro de Janvier de la revue Esprit. Cela tombe bien car c’est un numéro consacré à Claude Lefort dont toute la réflexion est concentrée autour de la politique et le numéro est sous-titré l’inquiétude démocratique ce qui résonne avec l’actualité. Claude Lefort est un philosophe qui a beaucoup réfléchi sur cette figure du peuple dont on s’emploie souvent à dire « le peuple a parlé » , « le peuple c’est moi ou le peuple c’est nous ». Claude Lefort a montré, notamment au travers d’une lecture poussée de Machiavel, que le peuple en démocratie est toujours divisé. C’est toujours une sorte d’usurpation que de dire « Je suis le peuple ». Accepter cette division insurmontable : telle est la première étape de la démocratie moderne. C’est à partir de là que l’on peut construire un régime dynamique et ouvert. "


Le traquet kurde

Lucile Schmid, créée le 13-01-2019

"Je voudrais recommander la lecture du roman de Jean Rolin qui s’appelle Le traquet kurde. Cet auteur aime beaucoup l’ornithologie et ce roman retrace l’histoire d’un petit oiseau qui se retrouve au sommet du Puy de Dôme. Ce qui est très intéressant c’est qu’à travers cet itinéraire on se repenche sur la question kurde et le lien entre la migration humaine et ornithologique. On revient également sur l’histoire impériale de la Grande-Bretagne et on voit à travers des grandes figures dont celle de Lawrence d’Arabie une manière de raconter la mondialisation qui est romanesque mais manque cruellement dans notre manière de le raconter politiquement. "




L’Enquête corse

Jean-Louis Bourlanges, créée le 13-01-2019

"Cette année Glénat a re-publié en hommage à René Pétillon L’Enquête corse et le meilleur des histoires courtes du détective improbable qu’était Jack Palmer. Ceux qui lisaient le Canard Enchainé ont ressenti un immense vide et je trouve tout à fait sain et heureux que l’on ai republié ces histoires. J’ai ressenti le même enthousiasme, la même hilarité que lorsque je l’avais lu la première fois. C’est une vision de la Corse hilarante mais sans complaisance à son égard dont elle montre les travers. C’est également plein de tendresse envers les corses. Pour les continentaux, il n’y a aucune sorte d’acrimonie donc tout le monde en prend pour son grade mais tous ont de la sympathie pour cela. "