De Gaulle 1969

Brève proposée par François Bujon de L’Estang dans l'émission La cajolerie des territoires, Erdogan un revers sévère #94, que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.

De Gaulle 1969

François Bujon de L’Estang

"Je voulais signaler le livre d’Arnaud Teyssier sorti aux éditions Perrin qui s’intitule « De Gaulle 1969 ». C’est un livre qui me touche beaucoup parce que j’ai vécu pour ma part l’année 1969 à l’Elysée auprès du général de Gaulle. Le livre est très intéressant parce qu’il essaye de rationaliser quelque chose qui a déconcerté tous les français à l’époque c’est à dire la décision du général de Gaulle après 1968 alors qu’il s’efforçait de remettre le pouvoir sur les rails, de se tourner vers un référendum dont le thème était la régionalisation et la surpression du Sénat. Arnaud Teyssier élabore la thèse selon laquelle le général sentant que la fin de son règne était proche, s’est efforcé de consolider les institutions de la Vème République. Il voulait par conséquent léguer aux français quelque chose qui marche. C’est une thèse intéressant mais un peu trop belle qui a tendance à évacuer la thèse du suicide politique. "


Les autres brèves de l'émission :

Noeud Gordien

Nicolas Baverez

"Je voulais recommander également la lecture du Noeud gordien, le livre inachevé de Georges Pompidou. Contrairement à l’image qui en est donnée Pompidou est vraiment un visionnaire puisqu’il annonce le crépuscule du marxisme, voit le retour de l’extreme droite et conclut en parlant de la crise de civilisation occidentale : « Quelqu’un tranchera le noeud gordien. La question est de savoir si ce sera en imposant une discipline démocratique garante des libertés ou si quelqu’homme fort et casqué tirera l’épée d’Alexandre. »"




Perdre la Terre

Lucile Schmid

"Je voulais recommander un essai d’un romancier américain qui s’appelle Nathaniel Rich. L’essai s’appelle « Perdre la Terre » paru aux éditions du Seuil. Il est d’abord issu d’un article du New York Times qui avait été publié en 2018. Ce qui est passionnant c’est que c’est un récit du moment où les Etats-Unis auraient pu être à la tête de la lutte contre le réchauffement climatique et par le jeu de quelques acteurs en fait c’est le scénario inverse qui se produit. On suit une sorte de perte de mémoire organisée de la société américaine donc je voudrais rappeler qu’elle a été dans les années 60 et 70 la société où les scientifiques disaient le plus que le réchauffement climatique allait arriver, qui avait les lanceurs d’alerte les plus puissants. C’est très romanesque et palpitant. "