"Thomas Gomart vient de publier son ouvrage annuel, que j’ai lu d’une traite. C’est un livre très utile, ne serait-ce que pour son appareil critique : une bibliographie immense — des centaines de titres — qui donne le vertige et témoigne d’un travail considérable. On y trouve une présentation extrêmement précise de la situation internationale contemporaine, avec des références nombreuses et des indications solides. Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est la construction en « couples » de puissances ou d’antagonistes : Vladimir Poutine–Volodymyr Zelensky, Ali Khamenei–Benjamin Netanyahou, Narendra Modi–Xi Jinping, et, plus inquiétant pour nous, Donald Trump–Ursula von der Leyen, où la disproportion saute aux yeux. Il ajoute deux autres couples plus inattendus et peut-être plus décisifs encore : le GIEC face à Fox News, montrant combien ces forces morales — ou parfois immorales — structurent un affrontement central que les forces politiques peinent à intégrer ; puis le Vatican face à la Silicon Valley, après l’arrivée d’un nouveau pape au Saint-Siège. Derrière ces oppositions se profile une question essentielle : celle de l’avenir de l’humanisme — et, pour dire les choses simplement, de l’humanité elle-même."