L'Algérie (#49)

L'Algérie

42 millions d’habitants dont la moitié a moins de 27 ans et un président octogénaire, inamovible, qui ne se déplace et ne se montre plus en public mais qui pourrait être élu pour la cinquième fois en 2019… L’Algérie est-elle vouée à un immobilisme mâtiné de népotisme ou cette gouvernance figée est-elle le moins mauvais moyen dont la société algérienne dispose pour ne pas retomber dans les violences meurtrières et dévastatrices de la guerre civile (1991-2002) ? Avec Akram Belkaïd, journaliste et écrivain algérien, Nicolas Baverez, Marc-Olivier Padis, Lucile Schmid et Philippe Meyer examinent derrière cette raide façade politique les aspirations, les changements, les blocages, les atouts, les relations internationales d’un pays dont les liens avec le nôtre demeurent très forts et dont la place est essentielle dans la lutte contre le terrorisme.

Les brèves

PLEINE LUNE SUR BAGDAD

Akram Belkaïd

"Le 20 mars 2003, par une nuit de pleine lune, les États-Unis d’Amérique et leurs alliés déclenchent l’invasion de l’Irak pour renverser le président Saddam Hussein et son régime. Au même moment, de Bagdad à Casablanca, de Gaza, Tunis, Washington à Paris, des destins basculent, des drames se nouent à huis-clos. Deux contrebandiers s’enfoncent dans le Najd saoudien, un couple de Koweïtis se retrouve face à ses démons, des amis récitent des vers dans une vieille demeure de Damas, un chirurgien algérien évoque la guerre, un commando mène un coup de force à Beyrouth tandis qu’un chauffeur de taxi jordanien et ses passagers font une bien étrange rencontre dans le désert irakien. Au fil de quatorze nouvelles, l’écrivain et journaliste Akram Belkaïd revient à sa façon sur un moment clé de l’histoire du Moyen-Orient et, plus particulièrement, de l’Irak. Des textes indépendants mais liés par une unité de temps et irrigués par la puissance évocatrice de la poésie arabe."

Retours en Algérie

Akram Belkaïd

"Printemps 2012. Jean-Claude Guillebaud, éditeur, essayiste et journaliste, m’offre un grand témoignage d’amitié en me proposant de l’accompagner en Algérie avec un groupe de lecteurs de l’hebdomadaire français La Vie (ex-La Vie catholique). Le déplacement est prévu pour le mois de septembre de la même année. D’habitude, c’est Catherine Guillebaud, son épouse, elle-même éditrice, qui voyage avec lui, mais, cette fois, la rentrée littéraire l’obligera à rester à Paris pour soutenir ses auteurs. J’accepte l’invitation sans hésiter : c’est une chance que je ne peux laisser passer. Jean-Claude est né, lui aussi, à Alger. L’Algérie est un sujet fréquent de discussion entre nous. C’est grâce à lui que j’ai pu achever le livre qui m’a permis de tourner (du moins, en partie) la page de mon départ. Journaliste de profession, j’ai dû, à l’époque, quitter d’urgence le pays devant la multiplication des attentats et des menaces de mort contre la presse. Ce déplacement va nous permettre de poursuivre nos échanges in situ, dans un contexte doublement particulier. D’abord, parce que l’Algérie fête en 2012 le cinquantième anniversaire de son indépendance, ce qui ouvre la voie à nombre de bilans et de rétrospectives plus ou moins critiques. Ensuite, parce qu’il s’agit du voyage d’une centaine de personnes ayant, pour la plupart, leur propre histoire algérienne. Parmi elles, il y aura d’anciens appelés du contingent français pendant la guerre d’indépendance, des pieds-noirs ou des enfants de rapatriés, ainsi que d’anciens coopérants français ayant vécu dans le pays aux premiers temps de l’indépendance. Pour leur grande majorité, ce sont des hommes et des femmes de confession chrétienne, pratiquants et donc attentifs au sort et à l’avenir de l’Église catholique d’Algérie, cette institution héritière de l’Église d’Afrique dont la présence dans ce pays remonte aux premiers temps de la chrétienté, même si elle est aujourd’hui minoritaire dans une terre musulmane. Toutes et tous sont venus pour des retrouvailles longtemps attendues, trop souvent reportées ou contrariées par la faute des querelles et malentendus franco-algériens, mais aussi des fantômes d’un passé encore douloureux"

Un regard calme sur l'Algérie

Akram Belkaïd

"Meurtrie par une décennie sanglante faite d'affrontements entre «pouvoir» et islamistes armés mais aussi de terrorisme à grande échelle, de destruction, de massacres et d'enlèvements de civils, l'Algérie tente désormais de panser ses plaies. Pourtant, ce retour à la paix civile, elle-même fragile, ne résout aucun des grands maux qui ont failli précipiter ce pays dans l'abîme. Tout se passe comme si les dirigeants algériens entendaient oublier au plus vite les «années noires», sans chercher à en tirer des enseignements pour prévenir un nouvel embrasement. En s'efforçant d'éviter les raisonnements manichéens, ce livre propose une réflexion apaisée qui entend rompre avec les habituelles grilles d'analyse de la crise algérienne. Sans perdre de vue la nature manipulatrice et incompétente du «pouvoir» et sans oublier l'écrasante responsabilité des islamistes, il aborde plusieurs questions dont dépend l'avenir de l'Algérie : régionalisme, identité, langue, rapport à la religion et à la modernité, liens avec le Maghreb et la France, de même que les égarements d'une «réconciliation» trop vite décrétée, le rôle de l'armée, le statut de la femme, le sacrifice de la jeunesse et les dégâts sociaux provoqués par l'ouverture économique. Les tabous de l'Histoire ne sont pas éludés. L'ouvrage met aussi en avant l'existence d'une culture de glorification de la violence et revient sur la difficulté des Algériens à explorer la mémoire de la guerre d'indépendance."