L’autre art contemporain

Brève proposée par David Djaïz dans l'émission Économie : tango sur un volcan / Un #MeToo peut en créer un autre / n°178 (31 janvier 2021), que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.

L’autre art contemporain

David Djaïz

"Le hasard a voulu que j’ai lu cette semaine le même livre que Philippe, et je vous le recommande également. Le sous-titre, « vrais artistes et fausses valeurs » ne rend peut-être pas justice à la profondeur du livre, car quand on le découvre, on se dit « encore un texte qui tire à boulets rouges sur l’art contemporain ». Ici le propos est servi par une langue très précise, qui sert des jugements d’esthète. L’auteur a la pudeur de dire qu’il n’est pas un spécialiste, et on a envie de lui en rendre grâce, car c’est ce qui fait la saveur de ses jugements. Ce qu’il y a de particulièrement intéressant, c’est qu’il nous raconte l’histoire d’une société secrète, ces peintre figuratifs français, qui ont continué à exercer leur art en marge des grandes institutions de l’art contemporain,, parmi lesquels le très grand Sam Szafran, mais aussi bien d’autres que vous allez pouvoir découvrir. "


Les autres brèves de l'émission :

L’autre art contemporain

Philippe Meyer

"Ce n’est pas un pamphlet, bien que cela en ait les caractéristiques, notamment le côté assez enlevé ; ce n’est pas non plus seulement une enquête, bien qu’il y ait des récits assez détaillés (par exemple, comment Jeff Koons peut passer pour un artiste). C’est également une réflexion sur les rapports avec le beau, menée par un auteur qui a conscience de mettre les pieds dans le plat, et qui par conséquence ne retient pas sa plume et s’en donne parfois à cœur joie. Cela m’a rappelé un autre livre, de Benoît Duteurtre, qui fit du bruit en son temps : Requiem pour une avant-garde, qui montrait comment il y avait eu plusieurs possibilités de développement de l’art, et que certaines avaient été empêchées uniquement pour des questions de rapports de pouvoir."


Les éditions Conférence

Nicolas Baverez

"Je vous recommande non seulement un livre, mais un éditeur. Il s’agit des Editions Conférence, qui sont animées par Christophe Carraud, récompensé par le prix Jules Janin pour sa production de deux livres de Salvatore Satta. C’est un auteur italien, qui a écrit entre autres Le Jour du Jugement (que George Steiner considérait comme un des plus grands romans du 20ème siècle). Carraud a traduit des textes de Satta, et des correspondances, et tout est formidable. Plus largement, le site des éditions Conférence propose un choix de livres passionnants, romans, poésie, il y a de quoi contenter tout le monde, et faire de beaux cadeaux. "


Autoportrait dans l’atelier

Matthias Fekl

"Je vous conseille de lire ce magnifique livre de Giorgio Agamben. Le philosophe fait son propre portrait dans les différents ateliers où il a travaillé. L’atelier n’est pas réservé au peintre, les penseurs aussi y pratiquent leur art. A travers les objets qui s’y trouvent, les livres, les photographies d’amis, il se décrit lui-même indirectement. On n’est pas très loin de la tour de Montaigne, c’est une magnifique méditation sur l’activité de philosophe, et aussi sur le « métier » de vivre."


Tempête parfaite - Chronique d’une pandémie annoncée

Lionel Zinsou

"Je vous recommande ce petit livre très sage, de Philippe Sansonetti. L’auteur est professeur au Collège de France en virologie, c’est un grand spécialiste en épidémiologie, en particulier de l’émergence des nouvelles maladies infectieuses. Il n’est pas sur les plateaux de télévision, mais il a tenu un journal de la pandémie. C’est à la fois inquiétant, parce qu’on voit à quel point nous aurions pu être mieux préparés, mais aussi rassurant par la description de l’extraordinaire mobilisation des communautés scientifiques, qui ont notamment permis d’avancer sur le vaccin et les traitements. C’est sage, calme, et tout compte fait assez rassurant. "