Allemagne : dernière chance pour la coalition ? ; L'affaire Khashoggi (#60)

Allemagne : dernière chance pour la coalition ?

Introduction

Le 14 mars dernier, les députés fédéraux allemands confiaient un quatrième mandat de chancelière à Angela Merkel après 12 ans d’exercice du pouvoir. Après cinq mois de négociations, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) formaient une nouvelle grande coalition de gouvernement avec les sociaux-démocrates (SPD) ce malgré les mauvais résultats électoraux de leur partenaire en septembre 2017. Moins d’un an plus tard, la chancelière doit surmonter de nombreuses difficultés. Dès septembre, Angela Merkel a du accepter que son groupe parlementaire évince de sa présidence l’un de ses proches, Volker Kauder, qu’elle avait qualifié quelques jours plus tôt d’« irremplaçable ». Elle a été affaiblie par les critiques de plus en plus vives contre sa politique migratoire formulées par le ministre de l’intérieur Horst Seehofer, pourtant issu des rangs de la CSU qui constitue l’allié électoral historique de la CDU en Bavière. Le 14 octobre, ces dissensions ont été aggravées par un revers électoral historique de la CSU en Bavière, où elle a perdu la majorité absolue qu’elle détenait au parlement régional depuis 1962. Cette déconfiture a profité aussi bien au parti d’extrême droite Alternative für Deutschland qu’au parti écologiste des Verts qui pourrait tirer profit à l’échelle national du recul progressif du SPD qui n’a pas dépassé 10% des voix en Bavière. Les élections régionales qui ont lieu ce dimanche en Hesse revêtent une importance particulière pour la coalition gouvernementale. Si un nouveau revers électoral venait sanctionner le parti de la chancelière, la presse allemande s’est faite l’écho de la possibilité qu’elle ne soit pas reconduite à la tête de son parti lors du congrès qui doit se réunit à Hambourg le 6 décembre prochain.

L'affaire Khashoggi

Introduction

Mardi dernier, s’exprimant au parlement sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan, a affirmé que l’éditorialiste du Washington Post avait été victime d’un « meurtre sauvage » et « planifié ». Il a appelé les autorités saoudiennes à participer plus activement au déroulement de l’enquête en cours pour mettre à jour les responsables de cet assassinat. Riyad avait d’abord nié la mort du journaliste puis réfuté qu’elle ait été le fait d’un homicide, avant d’évoquer une « opération non autorisée ». Depuis, le royaume dirigé par la famille Salman a été marginalisé diplomatiquement y compris par nombre de ses partenaires diplomatiques habituels. Plusieurs membres de l’administration Trump dont le secrétaire d’État Mike Pompeo ont condamné l’assassinat de Jamal Khashoggi tout en préférant recourir à des sanctions individuelles qu’à des mesures de rétorsions commerciales. Cette déstabilisation est intervenue à la veille de la deuxième édition du forum économique « Futur Investment Initiative », surnommé le Davos du désert qui devait réunir cette semaine le monde financier et économique à Riyad et marquer l’intention du prince héritier Mohammed Ben Salman de sortir l’économie du pays de la dépendance au pétrole. Le boycott de la manifestation par de nombreux dirigeants d’entreprise et de nombreux médias occidentaux au premier rang desquels le Financial Times a porté un coup à la stratégie de communication internationale du prince héritier autour de son vaste plan d’investissement national baptisé « Vision 2030 ». En incriminant le royaume d’Arabie saoudite sans nommer expressément les membres de la famille régnante, c’est le président Erdogan qui apparaît à l’heure actuelle comme le bénéficiaire principal de cette affaire dont il fait un instrument de rééquilibrage de son rapport de force avec l’Arabie saoudite et leur allié américain, avec qui il reste en conflit sur de nombreux dossiers géopolitique qui vont de l’embargo imposé au Qatar par l’Arabie Saoudite depuis l’été 2017 à la réintégration de l’Iran dans le concert des nations.

Les brèves

Gilles Vigneault

Philippe Meyer

"Hier, Gilles Vigneault a eu 90 ans. C’est l’occasion d’appeler l’attention sur ce chanteur, poète, compositeur, homme de scène absolument exceptionnel. C’est sans doute l’un des rares, peut être même le seul chanteur qui ait été capable d’exprimer toute une collectivité nationale, culturelle, sans aucun esprit de chauvinisme, mais qui ait accompagné, traduit une société qui a profondément changé, qu’il a connu quand elle était encore entièrement congelée, et sauvegardée, et en même temps sous la botte de l’Église qui lui a sauvé la vie et qui en même temps l’a fait vivre dans des conditions extraordinairement disciplinaires. C’est un homme de scène tout à fait remarquable, cela se sent dans ses disques dont beaucoup ont été enregistrés en direct et dont on tire une grande satisfaction. "

Clemenceau par Joseph Roth

Michaela Wiegel

"La France s’apprête ce 11 novembre à recevoir un grand nombre de chefs d’État et de gouvernement dont Donald Trump et Vladimir Poutine pour commémorer les 100 ans de l’armistice. J’ai retrouvé un très beau texte de Joseph Roth, ce grand écrivain autrichien, sur Clemenceau. Ce texte est remarquable car il est rare dans le monde germanophone de faire l’éloge de Clemenceau. Ce texte montre à quel point Joseph Roth avait compris que Clemenceau avait raison lorsqu’il avait mis en garde sur les suites du traité de Versailles et sur la dangerosité de l’Allemagne qui avait en quelques sortes prévu qu’un nouveau conflit éclaterait. Je recommande donc ce texte. "

Louis-Philippe et Versailles

Nicolas Baverez

"Louis-Philippe est celui qui a transformé Versailles en musée et on lui doit le fait que le bâtiment ait survécu et nous soit parvenu. L’exposition permet de visiter des salles très peu connues : la salle des croisades, les salles algériennes. On voit aussi l’iconographie de Louis-Philippe avec le problème qu’il avait, qui est un problème politique que l’on retrouve aujourd’hui : il a essayé à travers Versailles de se prémunir des légitimistes d’un côté et des républicains de l’autre en constituant une troisième voie pour la monarchie constitutionnelle qui s’est terminée par une révolution. "

Des poches sous les yeux sur Radio Béton

Lucile Schmid

"Je voulais vous parler de Patrick et Mélanie qui anime à Tours une radio qui s’appelle Radio Béton. Sur cette radio ils animent une émission qui s’appel Des poches sous les yeux et qui est une émission littéraire. Ils ont lancé une book box littéraire avec chaque mois un thème surprise. Dans la lecture, la question de la curiosité et de la découverte étant quelque chose d’essentiel, je voulais vous inciter à aller regarder ce que donne cette book box. Parmi les thèmes qu’ils ont explorés : le cœur des femmes ; les terrains de sport ; les nouveaux mondes ; les histoires d’eau. Avoir ce cadeau sans savoir ce qui vous attend, je trouve qu’en lecture c’est quelque chose de très important. "

Les 100 mots du journalisme

Philippe Meyer

"Dans la collectif des PUF, il existe une collection qui s’appel « Les 100 mots de… ». François Dufour, qui a crée des quotidiens pour les enfants et les adolescents, publie Les 100 mots du journalisme. C’est quelqu’un qui a une vision du journalisme qui sort largement des frontières françaises et qui a une façon tout à fait claire et ferme de parler d’un certains nombre de choses qui concernent notre profession ou qui devraient la concerner. "