#14 - Thématique : Le Brexit, avec Alex Taylor

Le Brexit, avec Alex Taylor

Introduction

Alex Taylor, vous êtes journaliste, d’origine britannique mais installé en France depuis le début des années 1980. Vous avez obtenu la nationalité française le 9 novembre dernier, après avoir entamé les démarches au lendemain du référendum britannique du 23 juin 2016. Vous avez participé ou animé de nombreuses émissions sur FR3, Arte, LCP, Euronews mais surtout sur les différentes antennes du groupe Radio France. Présenté comme le « Monsieur Europe » de la radio française, vous avez notamment présenté sur France Inter une revue de presse européenne jusqu’en juin 2015. Vous avez également été le directeur des programmes de Radio France International de 1996 à 2000. Avec vous, nous allons nous intéresser au Brexit.
La Première ministre britannique, Theresa May, a enclenché en mars dernier la procédure de sortie de l’Union prévue à l’article 50 du traité. Un temps favorable à un Brexit dit « dur », Theresa May a depuis tempéré sa position, après son échec aux élections législatives anticipées de juin 2017. Le Parti conservateur a en effet perdu la majorité absolue à la Chambre des communes et Theresa May a dû faire face à une vague de départs de son cabinet ainsi qu’à de vives contestations de son leadership. Le ministre des Affaires étrangères, Boris Johnson, a multiplié les déclarations provocatrices. Le discours prononcé le 4 octobre par la Première ministre en clôture de l’université de rentrée du Parti conservateur a achevé de convaincre les commentateurs que le leadership de Theresa May était fortement entamé.
Si le Français Michel Barnier, chargé par la Commission de diriger les négociations pour le camp européen, a multiplié ces dernières semaines les critiques contre les négociateurs britanniques et leur chef, David Davis, les jugeant mal préparés, peu disposés au compromis et attachés à des revendications jugées inenvisageables par Bruxelles, l’Union européenne s’est inquiétée d’une éventuelle chute du cabinet de Theresa May, qui aurait enfermé davantage le Royaume-Uni dans la crise politique et retardé d’autant l’avancée des négociations. Tout en affichant leur fermeté sur de nombreux dossiers, les Européens ont beaucoup fait pour arriver à un accord avec les Britanniques et éviter le scénario d’une sortie sèche. Outre des conséquences économiques potentielle graves pour le Royaume-Uni comme pour le continent, une telle situation aurait remis en cause la présence outre-Manche des quelques 3,2 millions de ressortissants européens qui y sont installés.
Vu du Royaume-Uni en revanche, les difficultés des négociations seraient à imputer aux Européens. Selon le ministre chargé du Brexit, David Davis, les dirigeants de l’Union seraient en effet animés par un esprit de vengeance. Cette analyse est partagée par une large partie de la presse eurosceptique, tandis que, les opposants ou les déçus du Brexit demeurent nombreux mais mal organisés. Au terme d’une âpre bataille juridique, le Parlement britannique s’est vu reconnaître un important pouvoir de contrôle de l’action du gouvernement dans ce domaine, dont il a peiné à faire usage jusqu’à une date récente, où il a exigé la communication d’un rapport sur l’impact économique du Brexit que le gouvernement lui avait présenté tronqué.
Au moment où nous enregistrons cette émission thématique, un accord est annoncé qui verrait la Grande Bretagne et l’Union européenne tomber d’accord sur la facture du Brexit (50 milliards d’euros). Reste à résoudre deux problèmes majeurs : la forme que prendra la frontière avec l’Irlande et le statut des expatriés.
Alex Taylor, au lendemain du choix effectué par vos compatriotes vous confessiez avoir pour la première fois eu honte de votre pays. Depuis lors, vous relayez sur les réseaux sociaux de nombreuses informations relatives aux atermoiements, aux échecs et aux éventuels mensonges qui entourent le Brexit. A vous lire, ce que j’invite tous nos auditeurs à faire, on a l’impression que le Brexit n’a pas fini d’avoir des conséquences sur l’avenir de la Grande Bretagne. Quelles sont les plus importantes de votre point de vue ? La tenue d’un nouveau référendum, qui pourrait par exemple porter sur le contenu de l’accord de sortie, vous paraît souhaitable et envisageable ?

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