Bernard Tapie - Leçons de vie, de mort et d’amour

Brève proposée par Richard Werly dans l'émission Réforme de la fonction publique / n° 197 / 13 juin 2021, que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.

Bernard Tapie - Leçons de vie, de mort et d’amour

Richard Werly

"Je me suis plongé cette semaine dans la biographie de Bernard Tapie que vient de publier Franz-Olivier Giesbert. L’auteur s’y raconte largement lui-même, en long, en large et en travers. Ce n’est franchement pas la partie la plus intéressante, en revanche c’est une biographie passionnée, commandée par Bernard Tapie. Ce que dit la vie de Tapie d’une certaine France, et la façon dont selon lui, le pays s’est refusé à sa manière d’être, est assez touchant. C’est quelqu’un qui est au couchant de sa vie, on est donc en quelque sorte obligé de l’écouter. En tous cas c’est flamboyant, et on oublie aujourd’hui à quel point dans les années 1980, pour des raisons politiques pas toujours avouables, Tapie fut au centre du jeu politique français. Le livre nous offre un résumé de ce qui ne va pas toujours bien en France, lorsque des personnalités particulièrement exubérantes sont au centre de l’attention publique et politique. "


Les autres brèves de l'émission :

Vieplussimple.fr

Philippe Meyer

"Je vous recommande ce site de Gaspard Koenig, qui est une sorte de collecte des complications de la vie. L’idée part d’une constatation de Georges Pompidou, à l’époque où il n’était que conseiller d’Etat : « de perfectionnement en perfectionnement, notre droit public, dont la vertu première était la simplicité et la souplesse, s’est progressivement compliqué au point de dérouter parfois les plus perspicaces. Dans le réseau complexe des règles et des principes, l’administrateur risque de se trouver peu à peu paralysé. Quant au citoyen que le droit doit protéger et aider, c’est avec quelque raison qu’il affirme bien souvent ne plus pouvoir le comprendre ni l’appliquer ». Après cette citation, Koenig rappelle que 36% des personnes éligibles au RSA y renoncent faute de pouvoir remplir les formulaires, que l’agriculteur lambda consacre 9 heures par semaine aux tâches administratives, que le code de l’urbanisme a battu un record en ayant aujourd’hui 3540 pages, et qu’il faut 76 jours pour lire l’ensemble des conditions d’utilisation que nous acceptons sur internet. Le site de Gaspard Koenig demande à chacun d’entre nous d’identifier l’un de ces problèmes qui lui pourrissent la vie sans faire avancer les choses."


Amours singulières

Nicole Gnesotto

"Je vous recommande de la littérature cette semaine. N’étant pas encore déconfinée, je n‘ai vu aucun spectacle, mais je relis Somerset Maugham, et je vous recommande ce recueil de nouvelles, consacrées à des individus britanniques, souvent des femmes, qui se prennent de passion pour des choses étonnantes. Par exemple un jeune lord qui préfère son piano à tous ses titres et son héritage, une dame d’un certain âge qui se prend tout à coup d’une folle passion pour un jeune homme venu des colonies, ou un bigame, amoureux du chiffre 12, et qui n’a de cesse d’arriver à la douzième femme, même s’il en est malheureusement empêché à la onzième. C’est une écriture absolument superbe et très drôle, mais c’est surtout une description de la société du début du XXème siècle où l’on s’aperçoit que la condition des femmes n’était pas aussi stricte et négative qu’on le pensait. En tous cas que je le pensais moi-même. Un vrai plaisir."


L’aventure Tapie

Philippe Meyer

"L’état de santé de Bernard Tapie nous empêche de charger sa barque, mais je recommande également à nos auditeurs de lire la biographie que Christophe Bouchet consacra à Tapie dans les années où il était justement flamboyant. Le travail de l’auteur était difficile, et s’était même révélé dangereux. Je rappellerai aussi que Bernard Tapie et Christiane Taubira ont eu avec François Mitterrand ce magnifique rapport, qui leur a permis d’éliminer Michel Rocard. "


La victoire en pleurant Alias Caracalla 1943-1946

Marc-Olivier Padis

"J’ai lu cette semaine la suite des mémoires de Daniel Cordier, décédé en novembre dernier. Ce tome commence juste après l’arrestation de Jean Moulin, dont il était le secrétaire. C’est le récit de la Résistance par quelqu’un qui était au centre d’un réseau d’informations. Il y a des passages extraordinaires, notamment quand il doit retourner à Londres ; il passe par l’Espagne, séjourne quelques jours à Madrid et décide d’aller au Prado où Jean Moulin avait promis de l’emmener après la guerre. Il a un choc en découvrant la peinture, et c’est ce qui déterminera sa vocation d’après guerre, puisqu’il devint un des plus grands galeristes français, notamment dans l’art contemporain. Une très belle lecture."


Les Téméraires Quand la Bourgogne défiait l’Europe

Jean-Louis Bourlanges

"Je vous recommande l’ouvrage du Belge néerlandophone Bart van Loo. C’est un livre sur les Téméraires. J’ai toujours été attentif à la maison de Bourgogne et à ce regard un peu différent, inspiré de Malesherbes, qui décelait l’origine du malheur de la France quand la chambre des comptes imposa une loi de fer à la monarchie, et que l’école de Bourgogne avait représenté un parti de la liberté. Cela, c’est l’abomination pour Éric Zemmour, c’est l’anti-France. Mais tout cela est beaucoup plus compliqué. La querelle entre François Ier et Charles Quint n’était en somme rien d’autre que la poursuite du crime de la rue Barbette, où un bourguignon (Jean Sans Peur) avait fait assassiner le duc d’Orléans. On voit bien que les Téméraires sont un autre regard sur la Bourgogne, sur la Belgique et les Pays-Bas, absolument essentiel au cœur de l‘Europe, et qu’il ne nous est pas du tout familier. C’est décrit avec verve et un talent certain. Une autre façon de voir la branche des Valois. "