Corruption

Brève proposée par Richard Werly dans l'émission Etats-Unis : des élections sous conditions / Élections sénatoriales et recomposition politique / n°161 (4 octobre 2020), que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.


Les autres brèves de l'émission :

Exposition Turner

Philippe Meyer

"Un mot sur l’exposition Turner au musée Jacquemart-André d’abord. Je trouve toujours les expositions de ce musée très agréables, parce qu’elles sont d’une taille raisonnable. Pour ce qui est de celle-ci, on y trouve quantité de choses impressionnantes quant au travail de Turner, sur la lumière bien sûr mais aussi sur le mouvement. D’autre part l’audioguide de l’exposition est très bon, juste assez bref et dense. J’aimerais qu’une télévision ait l’idée de programmer le film de Mike Leigh, « Mr Turner », dans lequel Timothy Spall incarnait magistralement le peintre."


Il nous reste les mots

Philippe Meyer

"J’avais dit en son temps tout ce que j’avais pu tirer du livre du docteur Georges Salines, dont la fille avait été tuée au Bataclan, il se trouve que le docteur Salines a été contacté par le père de l’un des trois assassins, M. Azdyne Amimour. Cette rencontre s’est d’abord faite à reculons (on imagine aisément pourquoi), mais elle a fini par donner ce livre de conversations Il est difficile de dire tout ce qu’on tire de ce livre. D’abord, une espèce de moment d’arrêt, où l’on repense à ces attentats et à la possibilité qu’ils se reproduisent. Les positions des deux hommes sont évidemment très différentes, mais M. Amimour a eu une vie très loin de l’a priori qu’on pourrait avoir : très variée, riche de voyages et d’expériences. "



Une réaction à l’actualité

Jean-Louis Bourlanges

"Je voudrais vous faire part de l’effroi que j’ai ressenti en écoutant Geoffroy de Lagasnerie au micro de France Inter. Tout à fait glaçant. Entendre un homme qui se réclame de la justice, du progrès et qui se dit du « bon côté » tenir des progrès pareils ... Une récusation de la complexité, et un éloge de la « pureté », autrement dit le refus du compromis, de l’altérité, du métissage ... Une récusation du débat, de l’intelligence. Il le dit clairement : le respect de la loi ne fait pas sens pour lui (au passage, c’est tout à fait contradictoire car il reproche au préfet de Paris ses nombreuses condamnations, or ces condamnations sont bien le fait de la loi ...). Enfin le côté auto-référencé de son discours. La journaliste lui demande ce qui l’autorise à imposer son point de vue, et il répond : « c’est moi ». Il puise en lui-même la légitimité d’imposer son point de vue à tous les autres. On est donc dans le complet refus de la cité. Un monde dans lequel on nie la complexité, la civilité et la cité sera proprement invivable. "


L’intimité

Lucile Schmid

"Je vous recommande ce roman d’Alice Ferney. Il est extraordinaire parce qu’il explore le couple sur un mode plutôt inédit, mêlant récit et conversation philosophique, le tout avec une plume vraiment magnifique. Le livre évoque aussi beaucoup la question du choix d’être mère ou pas, à un moment où le fait d’avoir des enfants paraît aller de soi, autour de trois personnages féminins remarquables. J’ai adoré ce roman, à la fois philosophique et nourri de vrais caractères."


Revue Le débat, n°210

Matthias Fekl

"Dans cette période qui refuse le débat et lui préfère les outrances et les postures, j’aimerais rendre hommage à la revue « Le débat » et saluer le numéro de ses quarante ans, qui sera malheureusement le dernier. La disparition de cette revue est une triste nouvelle, qui reflète l’état de notre débat public, où les invectives et les lynchages l’emportent sur toute réflexion. J’aimerais donc saluer le travail de Pierre Nora, Marcel Gauchet, Krzysztof Pomian, tous ces auteurs qui ont fait vivre cette revue pendant quarante ans. N’oublions pas cependant que beaucoup de revues de qualité perdurent (Esprit, Commentaire) et même que d’autres naissent, notamment sur internet. Espérons que cet esprit du « Débat », qui nous a tous tirés vers le haut pendant 40 ans, perdure à travers ces successeurs ou ces confrères."