Retours d’Histoire l’Algérie après Bouteflika

Brève proposée par Béatrice Giblin dans l'émission La Macronie bat la campagne ; L’Orient de l’Europe / n°126, que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.

Retours d’Histoire l’Algérie après Bouteflika

Béatrice Giblin

"Je recommande le dernier ouvrage de Benjamin Stora. C’est un livre court, très facile à lire, et extrêmement utile pour bien comprendre dans cette histoire de l’Algérie post-indépendance, dans ce qui est maintenant considéré comme une indépendance confisquée, les mouvements qui se produisent tous les vendredis depuis un an. Benjamin Stora, très bon connaisseur du pays, rappelle et explique le pourquoi de ces mouvements, essentiellement menés par la jeunesse mais pas seulement, et qui ont pris comme emblème de grands résistants qui ont lutté dès le début contre la mainmise de l’armée sur le pouvoir algérien. Très utile, à recommander à notre président si préoccupé de questions mémorielles. "


Les autres brèves de l'émission :

Histoire de l’Ecosse

Philippe Meyer

"Comme on le sait, il se passe des choses après le Brexit, en Irlande par exemple où les partisans de la réunification commencent à montrer le bout de leur nez, ainsi qu’en Ecosse où les rangs des indépendantistes ne cessent de grossir. Peut-être est-ce le moment de lire l’histoire de l’Ecosse de Michel Duchein, parue d’abord chez Fayard, puis a été rééditée et augmentée chez Texto. Cette Histoire va des origines jusqu’à 2013, et on en retiendra beaucoup de choses, sur les spécificités du pays, certes mais aussi sur les différences frappantes avec l’Angleterre."



La République injuriée

Nicolas Baverez

"Et puis une recommandation, puisqu’on parle aujourd’hui beaucoup d’insultes et de violences, y compris contre la personne du chef de l’état, le libre d’Olivier Beaud. C’est une revue absolument passionnante, de trois républiques et du régime de Vichy, au filtre de cette incrimination de l’offense contre le chef de l’Etat. Pendant la IIIème République, cette incrimination diminue en même temps que les pouvoirs du président s’effondrent. C’est évidemment remis en route par Vichy, sous de Gaulle on a le choc avec l’extrême-droite, et enfin c’est François Hollande qui décide de la supprimer. Peut-être Emmanuel Macron la regrette-t-il ?"


Alexis Tsípras une histoire grecque

Richard Werly

"Un livre pour comprendre les coulisses de l’Europe, et en l’occurrence les coulisses grecques. C’est celui que Fabien Perrier vient de consacrer à Alexia Tsípras. Comme vous le savez, Tsípras a perdu les dernières élections, le gouvernement grec est désormais conservateur, dirigé par Mitsotakis. Ce livre montre une chose qui fait réfléchir : comment Tsípras a cru aux promesses françaises. Rappelons que la France s’était faite l’avocate de la Grèce, en permettant à la Grèce d’obtenir des sursis et différents pains de financement. Tsípras a vraiment cru qu’il bénéficierait de l’appui de la France, notamment concernant la Macédoine du Nord, dont il a négocié avec l’ancienne République fédérale yougoslave cette nouvelle dénomination qui pose problème. In fine, Emmanuel Macron a refusé d’admettre la candidature de la Macédoine du nord. On voit bien comment un gouvernement d’un pays ébranlé comme la Grèce entend les appels du pied de la France et mesure ensuite à quel point cette dernière ne dispose plus des leviers du passé."


Note de l’Institut Montaigne par Éric Chaney

Jean-Louis Bourlanges

"Je voudrais recommander la note publiée par l’Institut Montaigne, que l’on doit à un très bon économiste Eric Chaney, sur comment l’Europe peut faire basculer le monde vers la décarbonation. C’est une défense et une illustration de la taxe carbone, d’un système d’ajustement comportant beaucoup de variables. C’est très éclairant dans le débat actuel. On a là un véritable choix politique. Parmi toutes les mesures proposées pour lutter contre le réchauffement, Chaney nous dit qu’il y a là une voie décisive, plus importante que les autres. C’est en outre un choix libéral. Au lieu « d’emmerder les Français » (comme aurait dit le président Pompidou), on crée une situation économique qui amène les acteurs économiques à modifier leur comportement. C’est aussi un choix géostratégique : nous ne sommes responsables « que » de 10% des émissions de carbone, mais entant que marché, l’Europe est décisive. Dès lors que l’Europe mettra en place un système qui oblige les importateurs de biens étrangers à se comporter vertueusement, elle aura le moyen de cesser d’être impuissante. "