"Ce magnifique film de Marine Atlan a reçu le Grand Prix de la Semaine de la critique à Cannes, mais ce n’est pas pour cela qu’il mérite d’être vu. Son titre renvoie à un texte de Freud, lui-même inspiré d’une nouvelle littéraire du début du XXe siècle, consacré aux rêves et au sentiment amoureux. Gradiva, c’est la femme qui marche en avant. Le film raconte le voyage à Naples d’une classe de terminale accompagnée de son extraordinaire professeure de latin, qui parle une langue très châtiée et semble retrouver, dans cette ville, le sentiment que le latin n’est pas une langue morte. Les lycéens attendent les résultats de Parcoursup, notamment trois d’entre eux, Tony, James et Suzanne. Dans la lumière solaire de Naples, puis à Pompéi, où surgit la vision des nuées ardentes, chacun est confronté à ses désirs d’adolescent, mais aussi à l’incertitude de son avenir et aux questions de vie et de mort qui traversent cette jeunesse dont nous parlions tout à l’heure. La dernière scène, consacrée aux résultats de Parcoursup, montre combien cette procédure, depuis abandonnée par le ministre de l’Éducation nationale, constituait une sorte de rite initiatique : obtenir ou non ce que l’on souhaitait, découvrir ce que l’avenir nous réserve ou rester dans l’incertitude. C’est une très belle métaphore de la possibilité, pour ces jeunes, d’imaginer leur avenir."