"Ce n’est ni une biographie ni une étude de Sartre, mais le récit du rapport complexe que Michel Winock, homme des années 1950, a entretenu avec lui. On y retrouve toutes les qualités de l’historien : la culture, l’élégance du style et la précision de la documentation. Mais ce qui me frappe surtout, c’est son regard sur Sartre, qui confine au strabisme divergent : une profonde sympathie pour l’homme de gauche dont il partageait alors certaines options, une admiration justifiée pour l’écrivain au talent fou, et en même temps la reconnaissance que, dans son opposition avec Raymond Aron, c’est Aron qui avait raison. Cette hésitation est profondément caractéristique d’une génération qui a pu dire : « il vaut mieux avoir tort avec Jean-Paul Sartre que raison avec Raymond Aron ». Pour ma part, j’estime qu’il vaut mieux avoir raison avec Raymond Aron, tout en lisant Sartre, parce que c’est un grand écrivain."