"Le film de Christopher Nolan aura au moins eu un mérite : pousser beaucoup d’entre nous à lire ou relire L’Iliade et L’Odyssée. J’ai découvert à cette occasion la traduction absolument extraordinaire d’Emmanuel Lascoux, qui prend le parti de restituer l’oralité de ces mythes, en traduisant, comme il le dit, « caméra sur l’épaule ». On a vraiment l’impression d’écouter, au coin du feu, un aède nous raconter L’Iliade et L’Odyssée. On disait à propos d’un érudit qu’« il n’y avait pas d’eau fraîche au fond de son puits de science » : Homère peut parfois être enseigné comme un classique un peu paralysant. Le grand mérite de Lascoux est de transformer Homère en eau fraîche : on le lit comme on regarde une série qu’on recommanderait à tous ses amis."