"Cette exposition du musée du Quai Branly est enchanteresse, mais elle nous renvoie aussi à toutes les contradictions de notre époque. On y découvre les oiseaux de paradis de Nouvelle-Guinée, véritables chorégraphes qui apprennent pendant plusieurs années des danses qu’ils exécutent dans de magnifiques forêts tropicales. Mais derrière l’émerveillement esthétique apparaît toute la question de notre relation à la nature, de son exploitation et de sa destruction, de la colonisation et de la mode : les plumes d’oiseaux de paradis se retrouvent jusque sur les turbans des peintures flamandes. On découvre aussi comment, au XXe siècle, des aristocrates, des femmes auxquelles étaient destinés les éventails en plumes, ont décidé de fonder des associations de protection de la nature. C’est très émouvant : on entre dans cette exposition en pensant qu’elle sera esthétique et elle devient politique, en montrant combien l’humanité est capable de tout faire et combien les chemins restent aujourd’hui ouverts."