La cavale du général Leclerc

Brève proposée par Marc-Olivier Padis dans l'émission Édouard Balladur et la Ve République / Les crises climatiques et la carte de l’influence mondiale / n°471 / 6 septembre 2026, que vous pouvez écouter ici. ou ci-dessous.


Les autres brèves de l'émission :


La France libre : de l'appel du 18 juin à la Libération

Marc-Olivier Padis

"J’ai profité des loisirs de l’été pour lire cette grande histoire de la France libre, aujourd’hui disponible en Folio. Comme Daniel Cordier, le biographe de Jean Moulin, Jean-Louis Crémieux-Brilhac a été résistant, s’est évadé et a rejoint Londres. Il est donc un témoin de l’épopée gaullienne, mais il a également accompli un véritable travail d’historien, au point que cet ouvrage est reconnu comme un livre de référence."



Questions internationales n°137-138 : « Les empires contre-attaquent »

Jean-Louis Bourlanges

"Dans le même esprit, le numéro de juin-septembre 2026 de Questions internationales, la revue de La Documentation française, est consacré à la remontée de la puissance sous toutes ses formes et à ses métamorphoses. Sous la direction de Samuel Janzey, il réunit un ensemble de grands chercheurs, parmi lesquels Gilles Andréani, avec un article très intéressant sur la dissociation du nationalisme et de l’esprit de puissance, ou encore Louis Gautier."


Plumes de paradis

Lucile Schmid

"Cette exposition du musée du Quai Branly est enchanteresse, mais elle nous renvoie aussi à toutes les contradictions de notre époque. On y découvre les oiseaux de paradis de Nouvelle-Guinée, véritables chorégraphes qui apprennent pendant plusieurs années des danses qu’ils exécutent dans de magnifiques forêts tropicales. Mais derrière l’émerveillement esthétique apparaît toute la question de notre relation à la nature, de son exploitation et de sa destruction, de la colonisation et de la mode : les plumes d’oiseaux de paradis se retrouvent jusque sur les turbans des peintures flamandes. On découvre aussi comment, au XXe siècle, des aristocrates, des femmes auxquelles étaient destinés les éventails en plumes, ont décidé de fonder des associations de protection de la nature. C’est très émouvant : on entre dans cette exposition en pensant qu’elle sera esthétique et elle devient politique, en montrant combien l’humanité est capable de tout faire et combien les chemins restent aujourd’hui ouverts."


L’Iliade et l’Odyssée, traductions d’Emmanuel Lascoux

Antoine Foucher

"Le film de Christopher Nolan aura au moins eu un mérite : pousser beaucoup d’entre nous à lire ou relire L’Iliade et L’Odyssée. J’ai découvert à cette occasion la traduction absolument extraordinaire d’Emmanuel Lascoux, qui prend le parti de restituer l’oralité de ces mythes, en traduisant, comme il le dit, « caméra sur l’épaule ». On a vraiment l’impression d’écouter, au coin du feu, un aède nous raconter L’Iliade et L’Odyssée. On disait à propos d’un érudit qu’« il n’y avait pas d’eau fraîche au fond de son puits de science » : Homère peut parfois être enseigné comme un classique un peu paralysant. Le grand mérite de Lascoux est de transformer Homère en eau fraîche : on le lit comme on regarde une série qu’on recommanderait à tous ses amis."